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La Rage Des Coeurs Amy Blankenship Les gardiens ont toujours aimé et protégé leur prêtresse par dessus tout, mais lorsqu'il s'agit de décider à qui elle appartient… La jalousie peut devenir un jeu dangereux. Parmi les frères immortels, il y en a un qui l'avait toujours aimé plus que les autres. Toya aurait lutté contre tout pour demeurer aux côtés de Kyoko, que ce soit les démons, ses frères ou son amour. Dans un instant de passion, Toya réclama enfin l'objet de son plus profond désir. Ce moment est à tout jamais modifié lorsque Kyoko est enlevée de ce monde par les destinées sans coeur de l'au-delà. Se croyant maudit, Toya cède à son sang démoniaque, acceptant à tort l'idée que sa raison de vivre l'avait abandonné. Lorsqu'un autre gardien la réclame comme sienne, Toya comprend qu'il doit la défendre contre le pire ennemi de tous… Lui-même. Amy Blankenship La Rage des Cœurs La Rage des Cœurs Série Le Cristal du Cœur du Gardien Livre 3 Amy Blankenship Traduit de l’Américain par Bella Nazaire Édition Anglaise Publiée par Amy Blankenship Deuxième Édition Publiée par TekTime Édition Française Publiée par TekTime Traduit de l’Américain par Bella Nazaire © 2020 – Amy Blankenship – Tous droits réservés La Légende du Cœur du Temps La légende du Cœur du Temps. Les mondes peuvent bien changer… Mais les véritables légendes ne s'effacent jamais. L'obscurité et la lumière ont été constamment opposées depuis la nuit des temps. Des mondes sont formés puis écrasés du talon de leurs créateurs, pourtant le besoin persistant du bien et du mal n'a jamais été remis en question. Cependant, parfois un nouvel élément est jeté dans le plat… La seule chose que veulent les deux parties mais qu'une seule peut avoir. Paradoxe par nature, le Cristal du Cœur du Gardien est la seule constante que les deux camps, dans la lutte, ont toujours cherché à atteindre. La pierre cristalline a le pouvoir de créer autant que de détruire l'univers tel que nous le connaissons, pourtant elle peut mettre fin à toutes les souffrances et les luttes en un seul souffle. En un sens le Cristal possède son propre esprit… D'autres disent que ce sont les dieux qui sont derrière tout ça. Chaque fois que le Cristal était apparu, ses gardiens s'étaient toujours tenus prêts à le défendre contre tous ceux qui voudraient l'utiliser dans un but égoïste. L'identité de ces gardiens demeure inchangée et leur amour conserve sa férocité peu importe le monde ou la dimension considérée. Une fille se dresse au milieu de ces anciens gardiens en tant qu'objet de leurs affections. Elle porte en elle le pouvoir du Cristal lui-même. Elle est porteuse du Cristal et source de son pouvoir. Il est souvent malaisé de distinguer la protection du Cristal et la protection de la prêtresse contre les autres gardiens. C'est de ce vin que s'enivre le cœur de l'obscurité. C'est en cela que réside l'opportunité d'affaiblir les gardiens du Cristal et de les rendre vulnérables aux attaques. L'obscurité désire le pouvoir du Cristal ainsi que la fille comme un homme désirerait une femme. Dans les limites de chacune de ces dimensions et réalités, vous trouverez un jardin secret connu sous le nom de Cœur du Temps. Dans ce jardin, la statue d'une jeune prêtresse humaine agenouillée. Elle est entourée de magie aussi vieille que le temps qui dissimule et protège son trésor secret. Les mains de la jeune-fille sont tendues comme dans l'attente qu'un objet précieux y soit placé. La légende prétend qu'elle attend le retour d'une puissante pierre que l'on nomme le Cristal du Cœur du Gardien. Seuls les gardiens connaissent les véritables secrets cachés de cette statue et l'histoire de son apparition dans le monde. Avant que les cinq frères ne paraissent à la vie, leurs ancêtres, Tadamichi et son frère jumeau Hyakuhei protégeaient le Cœur du Temps pendant sa période la plus sombre. Pendant des siècles, les jumeaux ont protégé le sceau qui empêche le monde humain de se superposer au royaume démoniaque. Cette tâche était sacrée et les vies des hommes de même que celles des démons devaient être protégées en restant un secret les unes pour les autres. De manière inattendue, pendant leur règne, un petit groupe d'humains traversa accidentellement la frontière et se retrouva dans le monde des démons à cause du Cristal sacré. Pendant une période de troubles, ses pouvoirs avaient causé une déchirure dans le sceau qui avait jusque là séparé les dimensions. Le dirigeant du groupe d'hommes s'était rapidement allié à Tadamichi, faisant un pacte afin de sceller la déchirure et de garder les deux mondes séparés pour toujours. Mais à cette époque, Hyakuhei et Tadamichi s'étaient tous deux épris de la fille du dirigeant humain. En dépit des vœux d'Hyakuhei, la déchirure avait été réparée par Tadamichi et le père de la fille. La force du sceau avait été multipliée par dix, séparant le dangereux triangle amoureux pour toujours. Le cœur d'Hyakuhei fut fracassé… Même son propre frère de sang, Tadamichi, l'avait trahi en s'assurant que sa prêtresse et lui soient séparés pour l'éternité. L'amour peut se révéler la plus mauvaise des choses lorsqu'il est perdu. Le cœur brisé d'Hyakuhei se transforma en colère malveillante et en jalousie, causant une bataille entre les frères jumeaux. Cela mit fin à la vie de Tadamichi et causa l'éclatement de leurs âmes immortelles. De ces fragments d'immortalité, cinq nouveaux gardiens furent créés afin de prendre en charge la protection du sceau et de le défendre contre Hyakuhei qui avait rejoint les démons au sein du royaume du mal. Emprisonné dans l'obscurité qu'il était désormais, Hyakuhei rejeta toute pensée de protection du Cœur du Temps… À la place, il concentra son énergie sur la destruction totale du sceau. Ses longues mèches couleur de nuit dépassant ses genoux et un visage comme on en voit seulement chez les plus grands séducteurs dissimulent la véritable nature maléfique cachée sous son apparence angélique. Alors la guerre commence entre les forces de la lumière et de l'ombre, une lumière bleutée aveuglante rayonna de la statue sanctifiée, indiquant la renaissance de la jeune prêtresse et que le Cristal avait refait surface de l'autre côté de la frontière. Alors que les gardiens sont attirés vers elle et deviennent son protecteur, la bataille du bien contre le mal commence réellement. Ce qui explique l'entrée dans une nouvelle ère ou l'obscurité est dominante dans un monde de lumière. Voici une de leurs nombreuses aventures épiques… Chapitre 1 «Dangereux baisers» – J'ai juste besoin de rentrer chez moi pour un jour ou deux. Kyoko soupira alors qu'elle s'adossait contre l'écorce d'un arbre immense. Elle releva ses jambes devant elle et posa le menton sur ses genoux alors qu'elle se tenait assise entre les racines proéminentes de l'arbre. Dire qu'elle se sentait misérable aurait été peu dire. Elle était fatiguée, sale et sa colère montait car ils n'avaient pas croisé un talisman depuis plusieurs jours. C'était un fait qui mettait Toya de mauvaise humeur. Leur petit groupe avait décidé de faire une pause pendant quelques jours. Kyoko tortilla un sourcil, consciente du fait que sans une pause, ils s'étrangleraient sans doute les uns les autres. Elle balaya d'un souffle, sa frange hors de son champ de vision, acquiesçant en silence. Suki était parti vers la ville la plus proche afin de rendre visite à une connaissance qui pouvait lui fournir plus d'armes meurtrières. Shinbe l'avait suivie, marchant auprès d'elle avec la main levée derrière elle comme pour lui tripoter le derrière. La claque qui avait suivie avait illuminé la journée de Kyoko. Elle sourit, Shinbe n'avait pas voulu que Suki se promène dans la campagne toute seule. Il essayait seulement de la protéger mais au lieu de le dire tout simplement, il avait fallu qu'il fasse semblant d'être le coureur de jupons que tout le monde pensait bien connaître. En regardant autour d'elle, elle remarqua que Kamui avait dû s'en aller avec Kaen une fois de plus. Il l'avait beaucoup fait récemment. Kyoko sourit distraitement, en regrettant de ne pas avoir ce genre de liberté. Kaen était un esprit de feu pouvant se transformer en dragon à volonté. Kamui grimpait alors sur son dos et ils s'envolaient par dessus les terres, demeurant parfois absents pendant plusieurs jours d'affilée. Lançant un regard vers Toya, appuyé contre l'arbre à côté d'elle, Kyoko remarque qu'il avait prestement penché la tête vers le bas lorsqu'elle l'avait regardé. Il me surveille à nouveau, se dit Kyoko en sentant la chaleur lui monter aux joues. Il avait eu un comportement étrange depuis environs une quinzaine de jours… mais en vérité… quand pouvait-on considérer que le comportement de Toya n'était pas étrange ? Elle sourit de sa propre plaisanterie. Elle détourna le regard alors qu'elle levait la main pour toucher le petit sac attaché au long lien de cuir suspendu à son cou. Elle pouvait sentir des débris de Cristal cachés à l'intérieur du cuir fin. Ses pensées se tournèrent instantanément vers Hyakuhei, leur ennemi. Elle n'arrivait pas à comprendre comment une personne d'une beauté si frappante pouvait être aussi cruelle et imprévisible. Kyoko releva un sourcil en se rappelant que les apparences pouvaient être trompeuses… Particulièrement sur une terre envahie de démons. Alors qu'Hyakuhei récupérait les débris de talisman, il devenait plus fort, même si au départ il était extrêmement puissant. Avec la capacité d'absorber les démons les plus faibles en lui et de s'alimenter de leurs pouvoirs, il devenait plus dangereux avec chaque bataille. Si jamais il devait parvenir à obtenir tous les morceaux du talisman, il serait capable de franchir la barrière entre le monde des démons et celui des humains. Si cela se produisait, il laisserait pénétrer les démons dans son monde et les humains n'auraient aucune chance. Toya était resté appuyé là, à faire semblant d'être endormi depuis maintenant près d'une heure, en attendant de voir ce que Kyoko ferait. Après tout, ce n'était pas comme si il avait quoi que ce soit à faire à présent qu'on lui avait refusé la permission de continuer la chasse au talisman. Son souffle se figea dans sa poitrine alors qu'il regardait son visage se diriger vers la lumière du soleil et il sentit un pincement au ventre. Il lui semblait que chacun de ses gestes, récemment, ne faisait qu'une chose… lui donner cette envie de la garder. Toya se demanda en silence si une fois que tout serait terminé, elle pourrait se contenter de retourner vers son monde en oubliant tout de lui. Parfois, il se surprenait à souhaiter que cette guerre ne se termine jamais et c'était une autre raison pour laquelle il avait accepté de se laisser imposer cette pause. Son regard doré s'adoucit, empreint d'un désir dissimulé alors qu'elle se levait et que ses longs cheveux soyeux de couleur auburn commençaient à flotter dans la brise. Kyoko n'avait jamais été douée pour rester tranquillement assise pendant trop longtemps et ses nerfs étaient déjà en train de lâcher à cause de l'ennui. Elle avait besoin de quelque chose pour l'aider à se concentrer sur autre chose que le chaos qu'elle avait fait de ce monde, elle se leva et se dirigea vers un chemin proche. – Toya, je vais aller me promener, OK ? Kyoko le héla ainsi par dessus son épaule en partant… vers ou, elle l'ignorait. Elle mordilla sa lèvre inférieure lorsqu'elle n'entendit pas ses pas derrière les siens. Très bien… elle ne voulait pas qu'il l'accompagne dans sa marche de toutes les façons. Elle leva un sourcil face au mensonge inaudible. Cela faisait des jours qu'ils marchaient alors pourquoi diable le faisait-elle alors qu'elle n'en avait nul besoin ? Pas étonnant qu'il n'ait pas jugé bon de lui proposer sa compagnie. Elle ralentît, en faisant la tronche. Toya avait eut un comportement bizarre récemment. Ça lui donnait le tournis tellement il y avait de brusques changements dans sa personnalité et elle était lasse d'y penser sans arrêt. Kyoko décida de continuer jusqu'à épuisement, jusqu'à ce qu'elle tombe de fatigue et elle dormirait pendant au moins deux jours. Toya se leva, ne souhaitant rien d'autre que la suivre. Il se décolla de l'arbre et fit un pas vers elle avec cette intention, puis s'arrêta en pleine foulée. Il s'appuya à nouveau contre l'arbre. – Oh non. Je vais rester là… En sécurité. murmura-t-il à travers sa mâchoire serrée, s'efforçant de ne pas la suivre comme un pervers. C'était le mieux qu'il pouvait faire aujourd'hui pour garder ses distances, de toutes façons. Il ne sentait la présence d'aucun démon à proximité et il s'imagina qu'elle serait en sécurité quelques temps. Le gardien d'argent inspira profondément en se laissant glisser au pied de l'arbre et en prenant appui contre le tronc. Le parfum de Kyoko flottait encore dans la clairière et cela le rendait fou. Cela se produisait chaque fois qu'il passait trop de temps seul avec elle. Il commençait à se conduire bizarrement et elle se fâchait, ensuite il disait quelque chose de stupide, ce qui envenimait la situation. Si il pouvait avoir la conviction qu'elle ne le rejetterai pas, il aurait fait le premier pas vers elle comme il l'avait toujours voulu dès le premier instant ou il l'avait vue. Toya fixa ses mains du regard en se demandant pourquoi à chaque fois qu'il essayait, il se produisait quelque chose qui venait tout gâcher. Kyoko marchait depuis un moment, ayant des pensées hyper négatives en tête concernant la population mâle de ce monde et de son propre monde. Les bruits de chute d'eau ramenèrent son attention vers son environnement. En regardant autour d'elle, elle vit un bassin d'eau cristalline approvisionné en permanence par une petite cascade. – C'est époustouflant que dans une terre de monstres, des choses si belles puissent exister," murmura-t-elle émerveillée. Son regard émeraude s'illumina alors qu'elle examinait chaque détail. Ne ressentant pas la présence dans l'eau de quoi que ce fut de dangereux ou qui soit prêt à l'affronter, Kyoko commença à se dévêtir, consciente de se trouver bien loin de tout type de village. Elle ne pouvait croire sa chance, tomber sur un tel lieu en étant seule et elle n'avait pas l'intention de laisser passer une telle opportunité. Trempant d'abord les orteils afin de tester l'eau, elle se sentit quasiment fondre en découvrant qu'elle était naturellement chauffée. Kyoko avança dans l'eau et s'aspergea le corps avec, heureuse de ressentir ses propriétés lavantes. Elle avait tant été gâtée dans son propre monde, prenant pour acquise la possibilité de se glisser sous une bonne douche chaude chaque fois qu'elle le voulait. Dans ce monde c'était une autre histoire. Se rapprochant un peu plus de la cascade, elle la laissa dégouliner sur ses cheveux et se sentit plus tranquille qu'elle ne l'avait été depuis longtemps. Elle était contente d'avoir un autre sujet de préoccupation que Toya pendant quelques instants. Elle en avait assez d'être perturbée à cause de lui et de ses sautes d'humeur. Dernièrement, il suffisait qu'il la regarde et elle se mettait à rougir. Cela la mettait en colère. Tout ce qui l'intéressait c'était trouver le talisman et tuer des démons. Lorsque Toya faisait face aux démons, parfois il pouvait être bien plus effrayant que le mal qu'il combattait. La vérité était que la plupart des gens croyaient que Toya détestait tout le monde… C'était seulement sa personnalité. Elle devait sans cesse se remettre en tête le fait qu'il était loin d'être humain et qu'il ne vivait pas selon leurs règles… Aucun des gardiens ne le faisait. Cependant, parfois elle apercevait ce qui semblait être un fragment de l'homme derrière le gardien. C était dans ces rares instants qu'il semblait différent… Plus doux. Il faisait accidentellement quelque chose qui prouvait qu'il tenait à elle bien plus qu'il ne le laissait paraître. C'était le seul des cinq gardiens qui pouvait traverser le cœur du Temps pour rejoindre son monde et elle se demandait pourquoi. Cela avait-il une signification ? Étaient-ils secrètement liés par un lien autre que celui qui l'unissait aux autres gardiens ? Kyoko poussa un soupir de déception car elle pensait encore à Toya après avoir décidé qu'elle ne le ferait pas. Elle frotta sa peau et ses cheveux jusqu'à ce qu'ils brillent et s'allongea à la surface de l'eau. Elle n'était pas prête à tourner le dos à un endroit si joli là tout de site. Il était impossible de dire si elle y reviendrait jamais un jour. Elle écarta ses pensées en écoutant l'eau clapoter à ses oreilles. Fermant les yeux, Kyoko se détendit et laissa l'eau la bercer. ***** Kyou avait suivit ses frères à distance… Se retrouvant souvent à débarrasser les environs des démons qui avaient suivit chaque déplacement de la fille. Il en avait conclu que soit ses frères devenaient de plus en plus paresseux, soit l'ennemi se fortifiait peu à peu. Les démons qui les pourchassaient gagnaient en force. Il pouvait ressentir la séparation au sein du groupe et émit un grondement désapprobateur. Il pris une profonde inspiration et suivit l'odeur qui semblait l'appeler. Quelques instants plus tard, il atteignait sa cible. Kyou baissa les yeux vers l'eau cristalline alors qu'il flottait haut dans les airs, tournant son angélique visage vers la fille étendue à la surface scintillante de l'eau . Aucune émotion n'était visible dans son expression alors qu'il laissait son regard caresser son corps. Sa chevelure argentée s'éparpillait au vent léger, des mèches chatoyantes descendant le long de son dos jusqu'à mi-cuisses. Il pouvait sentir son doux parfum même à cette hauteur, de là ou il s'était arrêté net. Kyou était accroc à son odeur, celle de cette fille qu'ils étaient destinés à protéger. Ses yeux dorés tels des boules étaient fixés sur elle alors qu'elle était étendue sur l'eau comme une déesse fluviale nue qui l’appelait vers elle. Elle était celle qui avait rapporté le Cristal du cœur du Gardien vers leurs terres, causant uniquement la panique et le danger. Que le cristal fut brisé avait scellé son destin rapidement. Elle appartenait désormais aux gardiens même si il doutait qu'elle en aie conscience. Ses lèvres s'entrouvrirent alors qu'il regardait la fille qu'il avait tenté de tuer au début, ce qu'au final il n'avait jamais pu se résoudre à faire. En vérité, si il l'avait vraiment voulue morte… Elle le serait, morte. Au lieu de cela, il la protégeait à distance alors que ses frères demeuraient plus proches d'elle. Une telle innocence ne devrait pas être laissée seule sans protection. Son regard se durcit en repensant à l'incompétence de son frère. Peut-être qu'il devrait être celui chargé de sa protection rapprochée. Kyou sourit, une chose qu'il ne faisait pratiquement jamais. Il aimait jouer au chat et à la souris et la prêtresse avait besoin qu'on lui donne une bonne leçon sur les dangers qu'il y avait à se faire surprendre seule dans un territoire si dangereux. Il se laissa glisser, descendant lentement vers elle car ses yeux étaient fermés. Il s'allongea juste quelques centimètres au dessus d'elle sans la toucher, flottant dans les airs, laissant sa longue chevelure former un rideau autour d'eux. A la vue de l'éventail léger de ses longs cils sombres sur ses pommettes crémeuses, il fut saisi. Son regard descendit lentement vers ses lèvres bien pleines, il était perplexe. Il approcha les siennes du creux de son oreille et laissa son souffle chaud se poser dessus. Les yeux de Kyoko s'ouvrirent brutalement, elle était sous le choc et elle tourna la tête rapidement ce qui provoqua un léger frottement des lèvres de Kyou à travers sa joue… lorsqu'elle cessa de bouger elles étaient posées pile sur les siennes. Elle regardait Kyou droit dans ses yeux dorés. Ils étaient hypnotiques. C'était comme se faire embrasser par un ange mais… C'était Kyou. Le frère de Toya n'était pas un ange. Il était le plus craint et le plus puissant gardien de la contrée. Il était également un de ses protecteurs, même si elle avait rarement eut l'occasion de le voir. Elle perdit tout contrôle sur sa capacité à flotter, dans sa panique. Elle commencer à sombrer dans l'eau mais elle n'en avait rien à faire tant que ça lui permettait d'échapper au regard hypnotique. Elle étouffa un cri lorsqu'il tendant les mains vers elle, l'attrapant par le creux des reins et la soulevant bien hors de l'eau jusqu'à ce qu'elle soit fortement pressée contre lui. Kyou pouvait renifler sa peur de lui et décida qu'il ne voulait pas de sa peur. Tout le monde le craignait… Même ses propres frères. Ses yeux dorés émettaient une douce lueur alors qu'il la tenait serrée, mettant fin à ses luttes. Le Cristal du cœur du Gardien avait décidé il y avait longtemps que leur destin était d'êtres alliés et il refusait de voir celle qu'il protégeait craindre sa protection. Kyou utilisa ses capacités de contrôle des pensées pour jeter un oeil à ses souvenirs et il se rendit compte que la prêtresse n'avait jamais été embrassée… jusqu'à ce jour. Son regard s'assombrit, lui donnant l'air plus séduisant lorsqu'il découvrit ce fait. Kyoko était si choquée que tout ce qu'elle pouvait faire était fixer les bassins de liquide doré, en attendant que… Elle ne savait même pas ce qu'elle attendait mais… Dieu qu'il était beau. Elle crut voir un léger sourire se dessiner au coin de ses lèvres. Elle cligna des yeux, se demandant si il venait bien de lire ses pensées. A présent elle savait pourquoi elle ne s'était jamais retrouvée si près du gardien d'or… c'était un danger pour les sens. Ressentant une attraction dépassant son contrôle, Kyou écrasa ses lèvres d'un puissant baiser comme pour sceller un mystérieux marché. Cela ne dura que quelques secondes mais la sensation sembla durer une éternité, il mit lentement fin à ce baiser, se demandant quel sort elle avait bien pu lui jeter pour lui faire ressentir une émotion et des désirs qui lui étaient si étrangers. Kyou la serrait plus fort… Ne se sentant pas encore près à la lâcher tout de suite. Il la regarda avec une expression étrange… presque de la perplexité, ses yeux dorés semblant se briser à cause du reflet de l'eau. Il avait voulu montrer à la prêtresse ce qu'elle risquait si elle se laissait surprendre seule et sans protection mais étrangement c'était devenu quelque chose de plus. Il aurait du savoir qu'il ne fallait pas la toucher. Ses sens étaient magnifiés et il sentit son frère approcher à une allure rapide, ce qui le fit grogner de mécontentement face à cette intrusion. Kyou glissa à travers l'eau jusqu'à la rive, quittant la position allongée et la posant sur ses deux pieds. En voyant qu'elle se trouvait encore en transe, il tendit doucement la main et traça un signe sur sa joue tendre avec la pulpe de son pouce. Il aimait la chaleur possessive bouillant dans son sang de gardien. Se laissant aller une fois de plus à cette attraction, il lui pencha le visage vers le sien pour un dernier baiser incandescent avant de disparaître, laissant uniquement derrière lui une plume dorée translucide qui voleta encore un peu avant de disparaître elle aussi en touchant la surface de l'eau à ses pieds. Kyou resta plantée là pendant un moment après la disparition de Kyou, essayant de comprendre ce que venait de se passer. Puis, elle poussa un cri de surprise en baissant les yeux vers son propre corps. Elle était nue et il l'avait touchée, il l'avait tenue. Elle ne pouvait pas le contrôler mais une chose avait commencé à se produire dans son bas-ventre… Une chaleur était apparue. Quelque chose que jusqu'à présent… elle n'avait ressentit qu'en ces rares moments partagés avec Toya. Elle finit par retrouver ses esprits, attrapa ses vêtements et les tint serrés contre elle. Comment Kyou avait-il osé faire cela ? Elle sentait la colère qui commençait à gronder en elle à cause de l'arrogant tout puissant seigneur Kyou. – Mais pour qui se prend-il ? Son visage levé vers le ciel elle porta doucement les doigts à ses lèvres encore en feu. Elle se tendit lorsqu'elle entendit la voix de Toya qui appelait son nom. – Super ! Kyoko déplia son haut en le secouant, le passant à la hâte par dessus sa tête. Au moment ou il venait de finir de glisser pour recouvrir son buste et ou elle fut enfin en position de pouvoir voir elle faisait face à Toya, debout à quelques centimètres d'elle. Faisant descendre son haut aussi loin qu'elle le pouvait, elle se mit à rougir en passant par dix nuances de rouge différentes. – Toya, retourne-toi ! Exigea-t-elle puis elle se mit à geindre intérieurement. Doux Jésus, n'y a-t-il donc pas un seul gardien qui aie un peu de décence ? Lorsque l'absence de Kyoko avait semblé trop longue, Toya s'était mis à courir à travers bois, maudissant son propre entêtement qui l'avait poussé à ne pas la suivre dès le départ. La suivant à la trace, rien ne l'avait préparé à ce qui l'attendait… Elle se tenait debout elle une déesse. La poitrine dressée car elle avait les bras levés alors qu'elle faisait descendre son tee-shirt par dessus son corps dénudé. Toya s'était figé. Bien sûr, il l'entendit lui dire «Retourne-toi», mais ce n'est pas pour autant qu'il en était capable. Tout son sang en fusion avait fusé jusqu'en son centre et il était incapable de se mouvoir. Alors que son regard remontait le long de son corps très lentement il s'arrêta finalement sur son visage. Oh putain, il avait déjà vu cette expression. Sachant qu'elle s'apprêtait à utiliser son sort de Dressage sur lui, Toya se détourna. Il pouvait l'entendre grommeler dans son dos, quelque chose concernant les gardiens sans éducation. Alors qu'il gravait l'image dans sa mémoire, quelque chose attira son attention. Il pouvait sentir l'odeur de Kyoko fortement présente mais également une autre odeur qui semblait y être accrochée. Des éclats d'argent apparurent dans le regard doré de Toya alors qu'il se retournait lentement pour s'assurer qu'elle était habillée et qu'il pouvait être libre de ses mouvements. Il marcha vers elle, espérant se tromper. Plus il se rapprochait de Kyoko, plus le parfum devenait présent. Kyoko se tenait immobile, attendant qu'il en finisse. Elle savait qu'il pouvait sentir son frère sur elle. Tous les gardiens avaient des sens magnifiés et après tout ce temps, elle essayait encore de ce faire à cette idée dérangeante. Elle se raidit lorsque Toya se rapprocha, ressentant une légère panique lorsqu'il plaça sa joue quasiment contre la sienne et qu'il prit une inspiration. Alors il l'attrapa par le menton et tourna son visage vers le sien, fixant sa bouche du regard. Toya la vit frissonner et il pouvait sentir un reste de peur. – Kyoko, Kyou était-il ici avec toi ? Lorsqu'elle opina, il regarda à nouveau sa bouche, ses yeux se concentrèrent sur ses lèvres, – L'as-tu mordu ? Kyoko était tellement surprise lorsqu'il prononça ces paroles… que ses genoux manquèrent de se dérober sous elle. Puis, repensant à la question et se figurant mentalement en train de mordre la lèvre du gardien le plus craint de la contrée, elle commença à rire. – Non, Toya, Je ne l'ai pas mordu ! Je prenais un bain et je flottais dans l'eau avec les yeux fermés. Lorsque je les ai ouverts, il était là, pratiquement couché sur moi et… Sa voix n'était soudain guère plus qu'un murmure alors qu'elle rentra la tête dans les épaules, – Il m'a embrassée. Kyoko arrêta de rire dès qu'elle vit l'argent prendre le dessus sur l'or dans les iris de Toya. Toya l'attrapa par les épaules et se mis à la secouer. Il avait besoin de savoir ce qui s'était produit. – Kyoko, a-t-il fait quoi que ce soit d'autre ? Dis le moi maintenant ! Il pouvait sentir la panique prendre possession de lui à la pensée de Kyou en train d'embrasser Kyoko… A quoi diable pensait-il ? Elle était choquée de voir à quel point Toya était fou furieux tout d'un coups. Kyoko haussa les épaules et avec un air de confusion sur le visage, elle hocha la tête. – Ouais, il m' a retirée de l'eau et m'a amenée jusqu'à la rive, il m'y a mise debout, et puis… il a disparu. Elle leva nerveusement une main et la passa dans sa chevelure mouillée en détournant le regard. Secrètement, elle se demanda ou était Kyou à présent et si il les regardait encore. En général, la présence de Kyou était ressentie mais pas visible. – Il n'a même jamais prononcé un mot, ajouta-t-elle comme si ça lui revenait juste. – Kyoko, t'a-t-il marquée où que ce soit ? demanda Toya d'une voix calme cherchant à cacher à quel point ses entrailles hurlaient. Il lui tira les cheveux en arrière pour regarder son cou avant même qu'elle n'ai pu répondre. Il pouvait sentir son cœur battre fort avec chaque pulsation sous sa peau alors qu'il recherchait une quelconque marque cachée que Kyou aurait pu laisser derrière lui. Kyoko tenta de repousser sa main mais il ne le permit pas, alors elle hurla, – Non, il ne m'a pas marquée ! Pourquoi ? Tout ça commençait à la mettre un peu en panique. Que voulait dire Toya, en parlant de la "marquer" ? Elle sentit la chair de poule la gagner alors que des images d'une scène vampirique tirée d'un vieux film en noir et blanc s'imposèrent à son esprit. Puis une distorsion changea la scène en un de ces films plus récents dans lesquels le vampire était sexy et… elle refoula rapidement cette pensée. Toya lâcha ses cheveux, n'ayant trouvé aucune marques mais il la regarda intensément, son cœur tambourinant encore très fort dans sa poitrine. – Je n'aime pas ça. Il regarda alors qu'elle mettait ses bras autour de son propre corps comme si elle avait froid. Toya émit un léger grondement, sourd, provenant de l'arrière de sa gorge alors qu'il se tenait debout devant elle, le regard baissé vers ses yeux d'émeraude. – A partir de maintenant, tu restes près de moi. Il regarda ses lèvres pendant une minute, ça ne lui plaisait pas de savoir que Kyou les avait embrassées alors que lui non. Cela le rendait dingue et le fait que ça le rende dingue le rendait encore plus dingue. Il huma son parfum une fois de plus, sentant la dérangeante présence de son frère et ça non plus ne lui plaisait pas. – Kyoko, va prendre un autre bain, dit Toya un peu durement d'une façon qui frappa Kyoko, la piquant à vif. – Je viens d'en prendre un ! Ses yeux d'émeraude lançaient des étincelles dans sa direction. Toya sourit intérieurement. Il n'aimait rien de mieux que la mettre en colère car elle était si mignonne lorsqu'elle était ainsi. Mais reniflant à nouveau, il l'informa : – Tu pues ! – Toya ! hurla Kyoko en retour en serrant les poings le long de son corps. Toya sentit son corps devenir lourd et il se mit à descendre. Dieu, qu'il détestait lorsqu'elle utilisait ce sort de Dressage contre lui. – Kyoko, arrête ça ! Il leva un regard furieux vers elle. – Merde ! – Et bien… tu es irrespectueux ! Je ne pue pas ! Kyoko baissa ses yeux vers lui avec colère en se disant qu'elle aurait aimé qu'il soit encore debout pour qu'elle puisse recommencer. Ressentant les effets du sort se dissiper, Toya se releva lentement, espérant qu'elle ne recommencerait pas. – Kyoko, écoute, je t'en prie, va prendre un autre bain. Tu ne peux pas le sentir mais moi si… Il tenta de lui expliquer mais elle lui coupa la parole. – Toya ! siffla Kyoko alors qu'il heurtait une fois de plus le sol. Il avait de la chance qu’elle ne le frappe pas à coups de pied. Il resta étendu là une minute alors qu'elle l'incendiait du regard. Lentement, il releva les yeux vers elle et murmura, – Tu as son odeur. Puis il se remit debout, son regard d'argent fondu dissimulé derrière sa frange sombre, ce qui faisait scintiller les reflets argents à la lumière du soleil. Ne comprenait-elle pas qu'il ne pouvait supporter qu'elle porte l'odeur de Kyou et non la sienne ? Toya se retourna et s'éloigna vers les bois, loin d'elle… la laissant debout là en pleine confusion. Il avait eut l'air si triste lorsqu'il l'avait dit. Kyoko baissa la tête, se sentant la plus grande connasse du monde, des deux mondes. Elle savait que de toute la fratrie, celui avec lequel il ne s'entendait pas était Kyou… même si ils étaient tous deux dans le même camp. Ils se battaient toujours lorsqu'ils étaient suffisamment proches pour se voir. – Oh Toya, je suis désolée. murmura-t-elle au vent qu'il avait laissé dans son sillage. Se retournant vers l'eau, elle se dévêtit et replongea pour se débarrasser de l'odeur de Kyou. Elle sourit en pensant… Il n'aime pas l'odeur de Kyou. Se pourrait-il qu'il soit jaloux ? Elle soupira en y repensant… Ou était-ce seulement parce qu'il n'aimait pas Kyou ? Se rappelant ce qui s'était produit plus tôt alors qu'elle était seule, Kyoko se dépêcha de se laver, ne souhaitant pas prendre le risque de se trouver face à d'autres visiteurs surprises pendant son bain. Sortant de l'eau rapidement, elle s'habilla et se dirigea à nouveau vers le camp Kyoko pénétra dans la clairière où elle savait qu'elle trouverait Toya en train de l'attendre, et il s'y trouvait. Elle ne voulait vraiment pas être seule avec lui après la façon dont les choses s'étaient passées à la source chaude. Elle balaya les environs du regard à la recherche de Kamui mais ne le trouva pas. – Toya, ou es Kamui ? Demanda Kyoko nerveusement. Toya avait attendu qu'elle revienne, bien qu'il n'ai été lui même de retour que depuis deux minutes car il avait continué à garder un oeil sur elle… pour s'assurer que Kyou ne se montrerait pas pour finir ce qu'il avait commencé. Il rentra la tête dans les épaules comme si cela n'avait aucune importance alors qu'il répondait à sa question : – Il est parti voir Sennin. Il reviendra demain matin et alors nous pourrons partir. Il avait réellement envoyé Kamui voir le vieil homme pour demander si il avait eut des informations supplémentaires concernant le lieux ou on pouvait trouver les talismans. Quelque part au fond de son esprit, Toya savait que c'était seulement une excuse pour être seul avec Kyoko un moment… mais il n'allait pas le lui dire. Kyoko soupira en s'asseyant, fermant les yeux et se laissant aller contre l'arbre. Putain, elle se retrouvait exactement au même point ou elle en était avant d'être allée se promener. Essayant de se distraire, la première chose qui lui vint à l'esprit fut Kyou, son regard doré lumineux laissant paraître une lueur d'émotion. C'était la première fois qu'elle l'avait vu laisser paraître quelque émotion mis à part celle de son visage sans expression en cas d'ennui ou la colère pendant la bataille. Et il l'avait embrassée. Pourquoi l'avait-il embrassée ainsi ? Et pourquoi n'avait-elle tenté de l'arrêter ? C'était comme si elle avait été incapable de penser, seulement capable de ressentir. Et même si elle avait encore peur de lui, elle se sentait en sécurité malgré tout. Après tout, il était l'un de ses gardiens. Il ne lui ferait jamais de mal… n'est-ce pas ? C'était son premier baiser et un baiser qu'elle n'oublierait jamais. Elle regarda vers Toya et le surpris en train de l'observer à nouveau. Toya avait observé les émotions animer son visage et s'était demandé à quoi elle pouvait être en train de penser. Elle avait l'air d'avoir un secret et puis il remarqua que ses joues rougissaient légèrement et il sut qu'il avait raison. Elle était en train de penser à Kyou ! Il pouvait entendre le fort grondement dans sa propre tête. Lorsqu'elle se tourna pour le regarder, il lui lança un regard mauvais. Il se détourna et regarda dans la direction opposée, croisant les bras devant lui et la laissant faire face à son dos dans la plus totale confusion. Kyoko fronça les sourcils puis se mit à lui crier dessus. – Qu'est ce que j'ai fait ? Il tressaillit mais ne se retourna pas et ne lui répondit pas. Pourquoi était-il furieux à présent ? Soudainement, un frisson glacé descendit le long de sa colonne vertébrale et son cœur se mit à tambouriner contre sa poitrine… Diabolique. Levant son visage, elle ferma les yeux et sentit les ténèbres qui venaient vers eux. C'était vraiment diabolique, et cela contenait un débris du cristal brisé du cœur du gardien en son centre. Toya sentit le rythme du cœur de Kyoko accélérer et fit volte-face pour la regarder. – Kyoko, qu'il y a-t-il ? Sa voix était désormais imprégnée d'inquiétude et il oublia instantanément qu'il était fâché contre elle. – Un talisman, très puissant et contaminé par les ténèbres. Il se déplace rapidement… Dans cette direction, Elle montra du droit un endroit à leur gauche et ils sautèrent tous deux sur leurs pieds et commencèrent à courir dans cette direction. Il n'étaient pas partis loin lorsqu'ils entendirent quelque chose entrer en collision avec les arbres et qui se dirigeait droit sur eux. Le corps de Toya se déplaçait tout seul, ses avant-bras frémissant à ses côtés comme pour concentrer son attention sur le pouvoir qui s'y trouvait dissimulé. D'un rapide mouvement du poignet, il fit glisser la dague de feu hors de sa chair et bondit au devant de Kyoko, la poussant derrière lui de son autre main. Il renforça ses appuis alors que face à lui la forêt semblait douée de vie. Les arbres et feuillages s'écrasaient autour d'eux alors qu'un énorme démon fonçait bruyamment vers eux. Kyoko déglutit avec peine en levant les yeux vers le démon. Il était à peu près dix fois plus haut qu'elle ou que Toya et avait un aspect réellement mauvais. Elle pouvait voir le beau ciel au dessus de lui et se demanda si elle s'habituerait jamais au fait que des démons vivaient ici. Elle eut un mouvement de recul lorsque ses horribles yeux rouges se fixèrent sur Toya et elle.. Toya renifla l'air, faisant une grimace. La chose sentait comme si elle avait été enterrée et était restée se décomposer pendant bien trop longtemps avant de ramper or de sa tombe. Il aurait parié sa vie qu'Hyakuhei contrôlait cette chose car il n'avait ressentit autant de puissance chez un démon depuis un bon moment. – Un autre des ses putains de rejetons, grinça Toya lorsqu'il entendit le rire moqueur sortir des profondeurs de la poitrine du démon. I      l parla avec une voix caverneuse profonde et éraillée qui tapait sur les nerfs. – Tuer Toya ! gronda le démon en se jetant en avant, la main en forme de serre. Avec une célérité inhumaine, Toya souleva Kyoko dans ses bras et sauta hors d'atteinte. Atterrissant sur un proche rocher qui sortait à peine de terre, il se mit immédiatement à souhaiter que Kyoko soit restée au campement et hors de danger. Ses lèvres étaient exactement au niveau de son oreille alors qu'il lui demanda prestement, – Cette affreuse chose est bien trop grande pour ne pas être en possession d'un talisman. Peux-tu le voir ? Elle fit pivoter sa tête pour regarder avec insistance le démon mais il se déplaçait si vite que tout ce qu'elle put voir fut flou. Il sauta et atterrit exactement devant eux, faisant tomber Toya avec un bruit fracassant. Kyoko hurla puis il se retourna et l'arracha au rocher. Son énorme main charnue comprimait son souffle, faisant immédiatement cesser son cri. Elle tenta de desserrer de ses mains l'emprise de sa prison, essayant de se dégager de son étreinte mais il n'y avait pas moyen. Une sombre lumière luisant attira son attention. Elle était piégée et commençait à être étourdie à cause du manque d'air, alors avec ce qu'il lui restait de souffle elle cria. – Le talisman… Cou ! Toya vit le démon attraper Kyoko, la soulever alors qu'elle luttait pour respirer. Il repoussa le sol, sentant l'adrénaline fuser à travers son corps et jusque dans la dague de feu dont les pulsations se faisaient encore sentir dans sa main. – Lâche-la, espèce de saloperie ! rugit-il, tentant de ramener son attention vers lui. – Tu vas regretter de l'avoir touchée un jour, gronda Toya dont les yeux venaient de virer à l'argent fondu. Il balança son autre bras vers l'extérieur le long de son corps, à présent il tenait une dague dans chaque main alors qu'il provoquait la vilaine bête. Le démon lui adressa un rire affreux en soulevant Kyoko tel un bouclier. – Putain ! jura Toya. Il ne pouvait utiliser le pouvoir des dagues sans blesser Kyoko en même temps. La bête n'était pas aussi stupide qu'elle le paraissait. – Espèce de sale fils de… gronda Toya sentant s'échauffer son sang de façon dangereuse. Kyoko tenta d'attraper son arbalète, mais le démon l'avait coincée entre elle et sa paume. La lumière autour d'elle commençait à s'estomper, un signe certain qu'elle était en train de perdre connaissance. Elle chercha l'ombre de Toya, la trouvant debout là, face au démon. Elle pouvait sentir qu'il était enragé lorsqu'elle l'entendit jurer. Ses yeux argentés pleins de colère rencontrèrent les siens, et la dernière chose qu'elle vit avant de s'évanouir fut Toya bondissant dans les airs comme pour foncer droit sur elle. Toya en avait eut assez. Comment cette mauvaise bête osait-elle toucher Kyoko ? Il sentit son sang maudit de démon refaire surface, prenant le dessus sur son sang de gardien alors que grandissait sa colère. Il bondit dans les airs et d'un balayage de sa griffe aiguisée comme un rasoir; il taillada le bras du démon. Alors que son bras tomba au sol, Toya voltigea le démon tel un boomerang et rattrapa Kyoko en plein air alors qu'elle tombait des doigts inertes. La tenant tout contre lui, Toya bondit hors d'atteinte alors que le démon balança son autre main dans leur direction. Il retomba lourdement, prenant uniquement une seconde pour s'assurer que Kyoko respirait à nouveau en dépit du fait qu'elle avait perdu connaissance. Il l'étendit sur le sol puis fit volte-face. Les dagues jumelles ressortir de sous sa peau, se glissant dans ses paumes aisément. – Comment oses-tu ! La voix de Toya s'élevait dangereusement. Dans une intense fureur, il se rua vers le démon, le décapitant d'un mouvement unique. Il regarda avec une morbide satisfaction la tête retomber une bonne quinzaine de mètres plus loin alors qu'il faisait face au corps gesticulant. Avant que la poussière ne retombe, Toya se retourna vers Kyoko afin de voir si elle allait bien, n'ayant pas conscience du fait que le démon n'était pas encore mort. Il n'avait pas songé à enlever le talisman de son cou et il n'eut pas le temps de voir venir les énormes griffes derrière lui. Entendant un rugissement, Toya sentit les griffes mortelles s'insérer dans son dos et le plaquer contre un rocher proche de là, faisant tomber ses dagues. Kyoko lutta contre l'obscurité. Ouvrant les yeux, sa vision revint rapidement mais ce qu'elle vit lui fit pousser un cri d'horreur. Le sang de Toya était en train d'être pulvérisé dans l'air derrière lui alors qu'il était propulsé en l'air avant d'entrer en collision avec un rocher géant. Ramenant son regard vers le démon, elle regarda avec consternation celui-ci ramasser sa tête dans la poussière et la replacer là ou elle était censée être. Le démon se tourna vers elle, un bruit sourd provenant de sa poitrine comme un grondement dément alors qu'il faisait voir plusieurs rangées de dents pointues. L'odeur dégagée par la peur de Kyoko sortit Toya de sa torpeur et il ouvrit les yeux dans une brume de douleur. Faisant fi de la douleur, il se releva difficilement juste à temps pour voir le démon la charger. Il pouvait sentir son sang démoniaque faire surface… et cette fois… Il le laissa prendre le contrôle. Le corps de Toya commença à bourdonner avec une force qui lui était propre. La seule pensée rationnelle qui restait dans son esprit était que nul ne devait la toucher… que ceux qui le faisaient devait mourir. Kyoko tentait d'attraper son arbalète mais elle savait qu'elle n'aurait pas le temps car la bête était presque sur elle. Si proche, qu'elle pouvait sentir son souffle puant l'atteindre. Elle hurla, levant le bras pour protéger son visage, pensant que c'était là la fin… Mais rien ne se produisit. Elle entendit un grognement et la terre trembla. Kyoko ouvrit les yeux, mais elle ne pouvait rien voir à cause des débris volant vers elle de là ou le démon était tombé, bloquant son champs de vision. Alors que les débris commençaient à être moins nombreux, elle vit le dos de Toya qui se tenait debout devant elle, faisant face au démon. Elle siffla, voyant trois longues blessures à travers son dos. Sa chevelure sombre aux mèches argentée flottait encore au vent crée par la chute du démon. Elle regarda le démon pour voir qu'à nouveau sa tête avait été séparée de son corps et ses bras étaient étendus à bonne distance. Elle fronça les sourcils lorsqu'il ouvrit à nouveau ses yeux écarlates, avec l'intention d'utiliser le pouvoir du talisman pour se guérir. Ne souhaitant pas voir ça arriver, Kyoko fit un geste pour attraper la petite arbalète dans son dos, une fléchette- esprit se formant rapidement à partir de ses pouvoirs de prêtresse. La maintenant serrée contre la corde elle murmura, – Frappe, relâchant la corde et envoyant la fléchette- esprit droit vers le talisman, l’éjectant du corps du démon. Le démon s'effondra lentement sur lui-même, réduit en poussière et s'envolant dans la brise. Le gros de la poussière fut portée au loin, laissant uniquement des os jaunis derrière elle. Ressentant encore le mal à proximité, Kyoko leva les yeux et vit une des petites créatures démoniaques d'Hyakuhei. Elle serpenta depuis le ciel vers le sol tel un serpent fantomatique, ramassant au passage le talisman entre ses crocs pointus avant de s'enfuir si rapidement qu'elle n'aurait su dire dans quelle direction elle était partie. Elle eut envie de grogner sachant que cette bataille avec le démon avait été vaine puisque le talisman venait d'être volé. Kyoko se releva péniblement, s'arrêtant en plein effort lorsqu'elle remarqua que Toya ne s'était pas encore retourné, sa main griffue encore fermée dans un geste de colère le long de son corps. Elle se raidit en comprenant qu'il y avait quelque chose qui n'allait pas… Il était sous sa forme maudite. Une malédiction qu'Hyakuhei avait placée sur lui bien avant même qu'elle ne vienne en ce monde. Dans cet état, il était imprévisible, incontrôlable… et très dangereux. D'une voix incertaine, Kyoko murmura : – Toya ? Elle continua à se relever alors qu'il se retournait, ses yeux écarlates fixés sur elle. Sa poitrine se soulevait encore rapidement au rythme de sa respiration rendue difficile par la force de l'attaque qu'il venait d'utiliser pour tuer le démon. Les dagues, pensa Kyoko en essayant de garder son calme, il fallait qu'elle lui rende ses dagues. Elle regarda en direction du rocher contre lequel il avait été projeté et vit une des dagues par terre. Elle commença lentement à se glisser en direction de la lame. Toya fit un pas en avant et se mit à gronder. Il ressentait une rage aveugle dirigée contre le démon qu'il venait de tuer et il attendait pour voir si il y en avait d'autres à tuer ou si le démon allait se relever. Puis il entendit quelqu'un derrière lui murmurer son prénom. Se retournant vers le son, il vit la fille là, lentement en train de tenter de se mettre debout. Il pouvait sentir l'odeur de la peur émanant d'elle alors qu'elle tentait lentement de s'éloigner discrètement de lui. Il émit un faible grondement d'avertissement afin qu'elle s'arrête et fit un pas vers elle. Elle demeura immobile pendant un instant, le regardant comme pour tenter de décider si il était ami ou ennemi. Il pouvait sentir la peur augmenter et ça le mit en colère. Il gronda à nouveau et elle se mit à courir. Le cœur de Kyoko cognait dans sa poitrine. Il avait grondé contre elle. Allait-il la tuer ? Les dagues, il lui fallait au moins en atteindre une. Elles faisaient partie de lui et contribuaient à isoler le sang démoniaque dont le sort d'Hyakuhei l'avait affligé. Kyoko courut plus vite qu'elle n'avait jamais couru de toute sa vie. Il fallait qu'elle lui amène une des dagues. Sa chevelure flotta derrière elle et elle sut qu'il la poursuivait. Les duvets sur sa nuque se dressèrent comme si il l'avait déjà rattrapée. Quelques mètres de plus… Juste là. Quelque chose de flou bougea devant elle, entre elle et ce qu'elle tentait si désespérément d'atteindre. Non. Elle ne le fuirait pas. Elle lui appartenait. Il s'arrêta devant elle pour mettre un terme à sa fuite, et elle s'écrasa contre lui en poussant un cri de surprise. A son contact, il pouvait sentir son sang se calmer et il émit un grondement plus doux pour lui faire comprendre qu'il fallait vraiment s'arrêter cette fois. Lorsque malgré cela elle tenta encore de le dépasser, il la pressa fortement contre lui, il voulait qu'elle sente qu'il était près à détruire tout ce qui oserait l'approcher, elle. Il baissa le regard vers ses grands yeux émeraude qui le regardaient. Toya pouvait sentir qu'elle essayait de se laisser glisser vers le bas pour tenter d'échapper à ses bras. Non, il ne la laisserait jamais s'en aller… le sang démoniaque en lui l'avait déjà déclaré sienne. Il regarda alors qu'une larme glissa de ses cils pour se poser sur sa joue crème. Il se pencha en avant et lécha la larme du bout de la langue, provoquant un cri de surprise étouffé chez la fille. Elle tenta à nouveau de lutter, se tortillant pour échapper à son étreinte et se laissant glisser jusqu'au sol, se ruant derrière lui et se jetant sur un objet qui traînait là. Il gronda devant tant de défiance et se laissa tomber sur elle, la pressant contre le sol. Il maintint son poignet au dessus de sa tête et le poids de son corps suffit à maintenir le reste du sien immobile. Elle essaya de le repousser mais il voulait qu'elle sache exactement à qui elle appartenait. Rapprochant ses lèvres de sa bouche, il émit un grondement sourd dans sa poitrine. La fille se figea alors que ses lèvres ravagèrent les siennes d'un baiser possessif. Il la força à ouvrir les lèvres avec la pression et en pris plus profondément possession. Il la voulait et elle serait sienne. Ses mains remontèrent le long de ses poignets pour prendre ses doigts dans les siens et c'est alors que sa main entra en contact avec la chose qu'elle avait ramassée sur le sol. Il lécha l'intérieur de sa bouche, voulant goûter tout ce qu'elle était. Il pouvait sentir ses pensées lentement lui revenir, des choses qu'il n'aurait pas dû oublier. Il se calma, mais ce ne fut pas le cas du baiser. Son esprit vacilla. Il pouvait ressentir la chaleur dans le bas de son corps et il frotta ses hanches contre elle comme un affamé. Puis il y eu un déclic en lui et la brume écarlate dans son esprit disparut. Toya pris conscience de tout, le corps mou sous lui, la saveur de miel et le désir aveugle courant dans ses veines. Quand bien même il ne le voulait pas, il détacha ses lèvres des siennes et se souleva de quelques centimètres afin de regarder Kyoko dans les yeux. Il venait de l'embrasser et il aurait vraiment voulu continuer. Kyoko ne pouvait se contrôler alors que des éclairs de feu fusaient à travers son corps. Elle cessa de lutter alors qu'il l'embrassait plus profondément. La sensation de ses lèvres dominant les siennes avec tant de passion était enivrante. Puis elle ressentit l'évidence de son excitation se presser, dure, contre sa cuisse, et ça provoqua une autre salve de chaleur à travers son corps. Elle sentit lentement son poids se déplacer et il s'éleva au dessus d'elle en mettant fin au baiser. Ce qu'elle vit faillit provoquer l'arrêt de son cœur. Ses yeux étaient dorés, toute trace de soif sanguinaire démoniaque avait disparut. Elle regarda la dague qu'elle tenait encore serrée dans sa main et constata qu'il était en train de la toucher. Elle poussa un soupir de soulagement en comprenant que Toya était revenu. Toya regarda Kyoko alors qu'elle regardait la lame et son regard suivit le sien. C'était donc cela qui c'était produit. Il avait changé, et puis il avait tenté… Il savait qu'elle serait furieuse à cause de ce qu'il avait failli faire. Même la version de lui qui était hors de contrôle l'avait choisie comme compagne de vie. Il s'assit, essayant de ne pas la regarder alors qu'il se laissait glisser de son corps. Ce ne fut qu'après avoir cessé tout contact avec son corps qu'il osa à nouveau la regarder. La première chose qui attira son attention fut la vue de ses lèvres enflées par le baiser. Il sentit ses joues brûler et se mit à rougir en se remémorant le baiser et la sensation des ses lèvres contre les siennes. C'est donc à ça que ressemble le paradis, songea-t-il. Et il se frotta les yeux d'une main sans autre motivation que de tenter de lui cacher sa réaction. Kyoko détourna le visage alors qu'elle se remettait lentement debout. Elle savait qu'il n'avait pas vraiment voulu l'embrasser et qu'il était probablement en train de le regretter. Elle localisa l'autre lame et lui rendit les deux dagues. Toya aussi se leva, sans dire un mot. Le silence autour d'eux était assourdissant. Chapitre 2 «Flamme de Jalousie» Kyoko grinça des dents, la tension entre eux était presque palpable et ça commençait vraiment à affecter ses nerfs. Toya s'assit sur une branche de l'arbre à proximité du feu et Kyoko s'assit seule près du feu. Ils n'avaient pas échangé un seul mot et à présent il ne voulait même pas la regarder. Elle se renfrogna, se sentant légèrement insultée. L'embrasser avait-il été si nul ? Toya, assis dans l'arbre, boudait. Il l'avait vu se renfrogner. Se faire embrasser par lui avait-il été si désagréable ? Elle n'avait pas prononcé une parole concernant ses actes. Il aurait préféré qu'elle lui crie dessus à défaut d'autre chose mais il ne savait quoi penser du fait qu'elle ne disait rien. Était-elle furieuse contre lui ? Lui devait-il des excuses ? Ses lèvres se serrèrent dans une moue de déni. Il n'allait certainement pas s'excuser pour quelque chose qu'il n'avait pas eu l'intention de faire. Devrait-il ignorer ces évènements et faire comme si il ne s'était rien passé ? A ce stade, il voulait seulement que les choses redeviennent comme elles étaient, même si il savait qu'il n'oublierait pas le baiser. Toya lança à nouveau un regard vers le bas, vers elle, se demandant à quoi elle pouvait bien être en train de penser. Kyoko regarda le ciel commencer à s'assombrir. Elle aurait voulu que Kamui soit là mais elle savait qu'il ne serait pas de retour avant le matin. Sa présence aurait été la bienvenue. Là, tout de suite, elle aurait même accepté la compagnie de Shinbe et Suki en train de déclencher une énième dispute entre eux. Elle sourit… voilà bien une chose qui était toujours divertissante. Elle pesa le pour et le contre en envisageant un retour à la maison, mais il était déjà tard et cela prendrait des heures pour retourner au cœur du Temps, à moins que Toya ne l'y emmène. Se rappelant la façon dont il avait agit chaque fois qu'elle avait voulu rentrer à la maison, elle ne put se résoudre à lui demander de l'emmener. Il semblait penser que c'était un péché de quitter ce monde ne serait-ce qu'une journée. La dernière chose qu'elle voulait c'était déclencher une dispute avec lui, là, tout de suite. Elle plongea la main dans son sac et en retira une fine couverture, ne sachant quoi faire d'autre. Peut-être que si elle se dépêchait d'aller dormir, lorsqu'elle se réveillerait, il y aurait quelqu'un d'autre de présent… Quelqu'un d'autre que lui. Il se comportait comme si il avait déjà oublié l'avoir embrassée et cela l'ennuyait. Il n'avait pas dit qu'il avait aimé. Il n'avait pas dit qu'il était désolé. Il s'était contenté de ne rien dire, comme si rien ne s'était produit. Kyoko voltigea la couverture au sol et s'étendit de tout son long dessus, décidée à fixer les étoiles qui commençaient lentement à apparaître. C'était plus fort qu'elle, mais elle avait été embrassée deux fois au cours des dernières vingt-quatre heures, et pour une personne qui n'avait jamais été embrassée auparavant, c'était dur de penser à autre chose. Elle commença à comparer les deux baisers. Le baiser de Kyou était puissant et excitant, même si cela l'avait un peu effrayée parce que c'était lui. Malgré tout, ses lèvres étaient tièdes, alors qu'elle les aurait imaginées froides. Ses mains sur son corps étaient chaudes, au lieu d'être glaciales comme elle avait supposé. Elle gémit alors que le souvenir fit fuser une vague de chaleur à travers son corps. Toya tressaillit en entendant le léger gémissement provenant de Kyoko. Baissant le regard vers elle, il remarqua qu'elle avait l'air perdue dans ses pensées. Son regard s'assombrit dans un ton d'or fondu. Son odeur était en train de changer et l'attirait vers elle. Il inhala la douce senteur. Était-elle en train de penser à lui ? Ses pensées le ramenèrent à ce moment ou il avait retrouvé ses sens, après avoir quitté sa forme maudite. Ses lèvres étaient douces et elle ne le repoussait pas. Il pouvait encore sentir sa saveur. Rien ne l'avait jamais affecté ainsi. Kyoko était une autre histoire. Lorsqu'elle n'était pas en train de lui crier dessus, elle était une des personnes les plus joyeuses qu'il avait jamais connues. Non pas qu'il ai connu beaucoup d'humains mais malgré tout, elle était comme une lueur dans les ténèbres. Il aimait secrètement le fait de la protéger et de la garder proche de lui. Cela valait presque la peine d'avoir fracassé le Cristal du cœur du Gardien… presque. A présent il devait la protéger d'Hyakuhei et de chaque démon des alentours. Il posa à nouveau le regard sur elle, il pouvait sentir qu'elle s'était endormie. Il savait que si ils ne se concentraient pas sur la recherche du talisman, alors les les choses pourraient vites devenir très dangereuses, voire mortelles… Trop dangereuses pour qu'elle se retrouve au beau milieu. C'était pour cela qu'il poussait sans cesse le groupe à continuer les recherches. Toya sauta avec légèreté de l'arbre et se posa silencieusement près d'elle. Il la surveillait à une distance réduite et s'assit. Il faisait souvent cela après qu'elle se soit couchée afin de pouvoir être auprès d'elle si quoi que soit devait se produire, ça et le fait qu'il aimait simplement être proche d'elle. Il se laissa aller à une légère somnolence. Le moindre son le réveillerait et il serait prêt. Kyoko s'agita dans son sommeil… Elle rêvait. Toya venait de tuer Hyakuhei et il souriait alors qu'il se dirigeait vers elle, l'écrasant contre lui. Il semblait si haut en couleurs. Regardant au plus profond de ses yeux, il rapprocha ses lèvres des siennes alors que son regard s'adoucissait. Elle pouvait voir l'amour qui étincelait en eux. Elle hésitait, prise d'une incertitude soudaine quant à ce qui était en train de se produire. – Et le portail du temps… n'est-il pas nécessaire que je rapporte le Cristal du cœur du Gardien dans mon monde ? demanda-t-elle, inquiète. Toya se contenta de lui sourire et secoua la tête. – Ne sais-tu pas que je t'aime et que je ne te laisserais jamais partir ? Il abaissa ses lèvres sur les siennes et le baiser lui coupa le souffle. Il était profond et passionné. Cela semblait si réel. Elle ferma les yeux et le baiser ne fut plus le même. Le baiser était vorace et sensuel, tout à la fois. Prenant conscience de la différence, elle ouvrit les yeux et plongea dans le regard doré de Kyou. Elle pouvait sentir ses mains sur son corps, se déplaçant lentement, provoquant chez elle la tentation de se laisser aller à réagir. Elle s'abandonna à la sensation et referma à nouveau les yeux. C'est à ce moment là que tout changea et Kyoko ressentit un frisson à lui glacer le sang remonter le long de sa colonne vertébrale. Les lèvres tièdes étaient à présent brûlantes et elle sentait le mal qui en émanait. Les mains caressant son corps étaient comme le feu et les griffes dessinaient de minces traînées de sang à chaque endroit qu'elles touchaient. Ses yeux s'ouvrirent brutalement pour contempler les yeux noir de minuit… Hyakuhei. Elle l'entendit murmurer d'une voix douce, séductrice corrompue par le mal. – Nul ne peut te sauver. Kyoko commença à se débattre et pouvait s'entendre hurler mais il était trop fort. Il était en train de la plaquer d'une main de fer. Elle hurla à nouveau, tentant de s'en défaire. Les mains qui la plaquaient disparurent et elle se sentit soulevée et pressée contre quelque chose de solide. – Kyoko, réveille-toi… Kyoko. Mais…ce n'était pas Hyakuhei… elle lutta de moins en moins. Elle sentit une main glisser à travers sa chevelure, comme pour la soutenir et la faire se sentir en sécurité. Lentement, elle ouvrit les yeux et put voir les cheveux sombres aux mèches argentées. Elle était collée contre le torse de Toya et il la tenait… la berçant lentement d'avant en arrière. Persuadée d'être encore en train de rêver, Kyoko se blottit contre lui et ferma à nouveau les yeux, ne voulant pas que le rêve se termine. Aussi longtemps que Toya la tiendrait, Hyakuhei ne reviendrait pas la hanter dans ses rêves. Elle était presque sur ses genoux et elle pouvait l'entendre. – Tout va bien, Kyoko. Je suis là. Tout va bien à présent. Chutttt… Elle pouvait sentir son corps qui tremblait encore à cause du rêve mais la voix douce de Toya la calma. Les battements de son cœur la ramenèrent vers la sécurité d'un sommeil sans rêves. Toya pouvait sentir qu'elle était lentement en train de se calmer. Elle avait manqué le faire mourir de peur, s'agitant et hurlant ainsi dans son sommeil. Quelque soit ce que c'était, cela l'avait vraiment terrifiée et elle l'avait vraiment terrifié. Il la tira jusqu'à ce qu'elle soit complètement sur ses cuisses. Il la tint serrée alors que son corps tremblant capitulait. Sa joue était pressée contre son torse et il la serrait dans ses bras. Elle était légère comme une plume, à ses yeux, et Toya aimait la sensation de son corps blotti contre le sien. – Chuttt… Je te tiens. Rien ne pourra te faire du mal. Je ne le permettrais pas. Maintenant rendors-toi, Kyoko. Il la berça doucement alors que le bout de ses doigts balayait les mèches hors de son visage. Elle était rouge à cause du rêve et ses yeux étaient fermés… mais il pouvait sentir qu'elle savait qu'il était celui qui la tenait. Son cœur fut pris d'un sursaut quand il songea que Kyoko savait qu'il la tenait et que malgré tout elle ne s'y était pas opposée. Déjà, elle reprenait sommeil comme il lui touchait légèrement la joue, en en traçant le contour, en sentant la peau soyeuse sous ses doigts. Dans son sommeil, elle ressemblait à un ange dans ses bras… son ange. C'était cela qu'il voulait. Il ne laisserai jamais personne la lui enlever, ni les démons et encore moins ses frères. Lentement, pour ne pas la réveiller, Toya s'inclina vers l'arrière sur la couverture et ils furent tous deux allongés, recouverts. Il continua de la tenir, gardant son corps contre le sien et il se recroquevilla autour d'elle comme un cocon protecteur. Il n'avait jamais été en position si confortable de toute sa vie et cela ne lui prit qu'une minute pour sombrer dans le premier profond sommeil qu'il ai connu depuis… toujours. Ce ne fut que plusieurs heures plus tard que Kyoko ressentit la chaleur et chercha à l'atteindre. Elle se figea. Lentement, comme si elle craignait de savoir la vérité, elle tourna la tête vers le coté juste au moment ou Toya s'asseyait. Sentant qu'elle se mettait à bouger, il se renfrogna, conscient du fait qu'il aurait dû se lever et s'éloigner d'elle depuis des heures. Kyoko le regarda étrangement, elle tentait de voir ses yeux mais il baissa la tête et ses cheveux tombèrent juste devant eux, masquant leur expression. Il se leva sans dire un mot puis se dirigea vers la végétation qui entourait leur camp. Kyoko était dans une totale confusion. Il avait dormit ici avec elle la nuit dernière ? Alors un souvenir lui revint. Elle se souvint avoir été en train de rêver et Toya… Elle manqua d'air. Ce n'était pas un rêve. Il l'avait tenue la nuit dernière. Elle baissa les yeux vers la couverture qui portait encore son empreinte. Il avait dû s'endormir auprès d'elle. Elle eut un sourire, son sourire secret, tendant la main et suivant du doigt l'empreinte qu'il avait laissée. Elle leva les yeux au moment ou Kamui pénétra dans la clairière. – Salut, Kamui. Heureuse que tu sois de retour. Sa chevelure ébouriffée avec des reflets violets qui brillaient dans la lumière du matin et ses yeux luisaient des plus belles couleurs qui existent. Ceux qui se trouvaient suffisamment près pour le voir savaient qu'ils contenaient des paillettes multicolores dansant dans deux cercles brillants mais en ce qui concernait Kyoko, c'était son sourire qui le rendait irrésistible. Kamui jeta un oeil aux alentours et se rendant compte qu'elle était seule, il se demanda pourquoi. – Où est passé tout le monde ? Suki et Shinbe ne sont-ils pas déjà de retour ? Et où est donc Toya ? Kamui déposa par terre un sac qu'il avait sur l'épaule et le plaça devant Kyoko en levant les sourcils. – Non, pas encore, mais Toya devrait revenir d'ici quelques minutes. C'est quoi ce que tu as là ? Kyoko regarda attentivement Kamui retirer de la nourriture du sac. – Sennin m'a donné ça et il a dit d'en profiter puisque c'est rare que nous puissions faire un véritablement bon repas, à moins que tu ne rapportes des vivres de ton époque. Kamui leva les yeux vers elle avec tout son assortiment de couleurs et sourit face à l'expression de son visage lorsqu'elle vit les douceurs qui accompagnaient le petit festin. – Allez, mangeons. annonça Kamui. – Et bien, tu reviens tôt, ce matin, Kamui. dit nonchalamment Toya en pénétrant à nouveau dans la clairière. Il lança un regard à Kyoko, ses yeux dorés reflétant des émotions indécryptables puis il détourna rapidement le regard. Kamui leva les yeux vers Toya. Ils se battaient beaucoup mais en vérité,Kamui admirait Toya. Il avait beaucoup changé depuis qu'il passait tant de temps avec Kyoko. Kamui était convaincu que Kyoko faisait de Toya une personne meilleure. – Sennin a dit qu'à l'Est, dans la forêt, il y a eu une explosion d'activités démoniaque qui a semé la terreur dans la région pendant la semaine qui vient de s'écouler. Il se pourrait qu'un talisman soit impliqué alors il faut que nous allions vérifier. Ce furent les dernières paroles prononcées alors que Kamui enfournait un grand morceau de pain très goûteux dans sa bouche. – Hey, tu comptes me laisser un peu de ça, pas vrai Kamui ? Toya s'assit près d'eux et commença à se servir lui aussi. Kyoko sourit en les regardant se disputer une boule de riz à la fraise envoyée par Sennin. La normalité de cette scène ne dura pas longtemps, hélas. Toya se tendit, humant un parfum nouveau qui arrivait sur la brise. – Putain de merde ! Il bondit sur ses pieds en se concentrant pour mieux voir. – Il veut quoi, lui ? Avant que Kyoko ai pu demander de qui il s'agissait, une bourrasque souffla à travers la clairière et s'arrêta à moins d'un mètre d'elle, déséquilibrant Toya au passage. Kyoko se retrouva face au regard bleu glacier de Kotaro, un des cinq gardiens. Un peu comme Kyou, il faisait la chasse au talisman tout seul, à la recherche d'indices pouvant révéler la cachette d'Hyakuhei. Il était la perfection, avec sa musculature fine et sa longue chevelure d'ébène flottant au vent qui était plus longue à l'arrière et lui descendait dans le dos et ses yeux bleus de glace. Il était entièrement vêtu de noir avec un tricot de corps violet qu'on pouvait apercevoir en dessous. Toya et lui ne pouvaient se supporter mais c'était principalement parce que Kotaro avait dit à tout le monde que Kyoko lui appartenait. – Bonjour, Kyoko, dit Kotaro de sa douce voix masculine, prenant ses mains dans la sienne et les soulevant devant lui. – Comment se porte ma future compagne ce matin ? Il plongea dans son regard, la faisant rougir. Peu importe le nombre de fois ou Kyoko lui avait dit qu'elle n'était pas sa propriété ni celle de qui que ce soit d'autre, il continuait de l'appeler sa future compagne avec charme et aplomb. – Kotaro, merde ! Lâche Kyoko et pourquoi ne fait tu donc jamais attention à ce que tu fais ? gronda Toya en se décollant de l'arbre dans lequel il avait quasiment été incrusté par les vents gardiens de Kotaro. Kotaro retroussa le nez sans se donner la peine de regarder véritablement Toya, se contentant de lancer un regard mauvais dans la direction générale de l'endroit ou se trouvait son frère. – Je savais bien que j'avais sentit ton odeur quelque part, dit-il d'un ton insultant. Kamui regarda avec étonnement alors que Toya semblait se hérisser et il pouvait voir qu'il était de plus en plus énervé avec chaque seconde qui s'écoulait. Il se glissa plus près de Kyoko en murmurant, – Ah, Kyoko, peut-être devrais-tu mettre un terme à tout ça avant que ça ne commence. Sachant que Kyoko était l'unique chose qui les empêchait de s'entre déchirer, Kamui s'éloigna d'un pas du trio. Kyoko savait que Kotaro était inoffensif… enfin, en ce qui la concernait. Elle lui retira ses mains… rougissant encore à cause de la façon dont il la regardait. Elle pouvait véritablement voir dans ses yeux bleus de glace l'amour et le dévouement. – Kotaro, quel bon vent t'amène ? demanda-t-elle pour détourner son attention de Toya. Kotaro sourit, oubliant Toya immédiatement et répondit à sa question. – J'ai entendu qu'il y avait des troubles dans la partie Est proche de la forêt. J’espérais trouver Hyakuhei et le tuer pour toi afin que tu puisses te dépêcher de devenir ma compagne, ma douce Kyoko. Oh, comme il aimait Kyoko mais il aimait aussi agacer Toya. Kyoko devint graduellement un peu plus rouge en entendant ses paroles. Ses lèvres s'entrouvrirent comme si elle pensait dire quelque chose, mais elle perdit le fil de ses pensées et abandonna tout simplement. Toya en avait entendu assez de la part de cet imbécile à grande gueule. Se dressant devant Kyoko pour la masquer à la vue de Kotaro et émit un sourd grondement provenant de sa gorge, – Arrête ! Il plissa ses yeux dorés et parla d'un ton méprisant. – On a pas besoin de ton aide pour se débarrasser d’Hyakuhei. Alors pourquoi n'essaies-tu donc pas de rester hors de notre route et de foutre la paix à Kyoko ? Kotaro fit comme si Toya n'était même pas là. Il contourna Toya si vite qu'on ne vit qu'un amas de couleurs floues et il déposa un chaste baiser sur la joue de Kyoko. Avec un clin d’œil, il était parti aussi vite qu'il était apparu. Toya serra les poings le long de son corps. Il était si furieux qu'il avait l'impression qu'il allait exploser. Pourquoi tout le monde voulait-il subitement embrasser Kyoko ? Elle lui appartenait, merde ! – Kotaro, revient ici et bats-toi espèce de salopard ! hurla-t-il de toutes ses forces. Kyoko se tourna vers Kamui comme si de rien n'était. – Alors, je suppose que les informations de Sennin étaient correctes. Toya laissa tomber et se retourna. – Allez, ramassons nos affaires. On pourra récupérer Suki et Shinbe sur la route. Nous devons passer par là ou ils se trouvent pour atteindre l'Est de la forêt de toutes façons. Il commença à ranger mécaniquement, encore furieux contre son frère lubrique qui avait dit tant de mensonges à propos de Kyoko. Il ne laisserait jamais Kotaro l'avoir et il avait hâte de se retrouver à nouveau face à lui pour lui mettre une raclée afin de le lui faire comprendre. Kyoko savait que Toya était jaloux de Kotaro. Cependant, de son point de vue, la différence était que Kotaro pouvait lui parler de ses véritables sentiments, alors que Toya ne faisait qu'entretenir la confusion. Elle se pencha et commença à rassembler les restes de nourriture qu'ils partageraient plus tard avec les autres. Toya s'accroupit devant elle, attendant qu'elle grimpe sur son dos. Ils iraient plus vite de cette façon et c'était le seul moment où il pouvait se permettre de la tenir sans que quiconque n'y trouve à redire. Kyoko retint son souffle une seconde puis le laissa lentement s'échapper, ne souhaitant pas donner à cette fois un caractère particulier par rapport à toutes les autres fois qu'elle avait fait cela… mais c'était différent. Elle enveloppa son torse de ses bras alors que ses mains se positionnaient sous ses genoux afin de la tenir fermement contre son dos. Elle leva les yeux vers le ciel, se demandant si les Parques trouvaient ça drôle. Kamui rigolait en silence pour nul autre que lui-même face aux réactions de Toya chaque fois que quelqu'un d'autre tentait d'attirer l'attention de Kyoko.. Ramassant le sac de nourriture après qu'ils aient disparu, il fit apparaître ses ailes translucides, envoya des vagues de poussière d'étoile à travers tout le campement qui effacèrent par magie toutes traces de la présence de quiconque. Ressentant la présence de Kaen derrière lui, il fit un commentaire, – On dirait que cette journée est partie pour être intéressante. Devrions nous les rejoindre ? Ses pieds quittèrent le sol alors qu'il planait derrière eux sans se faire voir. Secrètement, Kyoko aimait se déplacer sur le dos de Toya lorsqu'ils étaient pressés. Elle pouvait sentir les muscles se crisper et se détendre sous elle. Elle posa sa joue sur son épaule pleine de force et s'accrocha, la longue chevelure de Toya flottant autour d'elle, lui chatouillant le visage. Il faisait comme si elle ne pesait rien alors qu'il bondissait, se posant parfois sur le sol, uniquement pour se propulser à nouveau vers les branches des arbres. Il semblait avoir un faible pour l'altitude. Toya aimait transporter Kyoko sur son dos mais il n'irait jamais lui dire. Il se sentait bien quand elle s'accrochait à lui pour tenter de ne pas tomber. Parfois il faisait exprès d'aller plus vite juste pour l'obliger à se cramponner plus fort, avec ses jambes plaquées contre lui et ses bras qui l'enlaçaient. Il ne montrait jamais ses ailes en sa présence pour cette raison. Parfois, elle posait sa joue contre son dos et il pouvait sentir qu'elle appréciait ce moment autant que lui. Son esprit se concentra à nouveau sur la forêt, dans l'Est. Le Cristal du cœur du Gardien avait déjà été récupéré pour moitié et Hyakuhei était en possession de la plupart des morceaux à cet instant précis. La situation devenait très dangereuse et il devrait rester sur ses gardes. Il sentit qu'il devait protéger Kyoko au péril de sa vie, particulièrement au moment où le danger se trouvait partout où ils allaient. Le démon qu'il avait affronté la veille avait amené une prise de conscience. Toya accéléra, espérant pouvoir rencontrer Suki et Shinbe qui retournaient au campement, afin qu'ils puissent se dépêcher et arriver à l'Est avant Kotaro et Kyou. Bien plus haut, au dessus d'eux, Kyou volait à travers le ciel, sans expression, comme si il était l'incarnation d'une déité. Ses vêtements flottaient autour de lui alors qu'il balayait du regard l'Est distant. Ainsi, la forêt orientale était le lieu où la présence d'Hyakuhei avait été perçue pour la dernière fois. C'était également là que Toya et la prêtresse se rendaient. Il esquissa l'ombre d'un sourire. – Toi ! héla Toya lorsqu'il perçut un mouvement éclair au loin. Sautant d'arbre en arbre et de branche en branche, il se posa gracieusement face à Shinbe et Suki. La tête de Shinbe s'inclina brusquement vers le haut lorsqu'il regarda Toya. – Ah, oui ? Il se passe quoi dans cette zone ? Demanda-t-il en se rapprochant de Toya pour mieux discuter du problème. Kamui sortit de l'orée du bois pour rejoindre les gardiens avec le planning, hochant la tête lorsque Kaen apparut, comme sortit de nulle part, comme il le faisait souvent quand c'était le bon moment. Kyoko murmura à Suki, en la prenant à part, – Mais au fait, c'était comment votre visite ? Elle inclina la tête sur le côté, en souriant. Suki roula des yeux en direction de Shinbe. – Tu le crois, toi, que cet idiot a tenté de m'embrasser ? Elle croisa les bras sur sa poitrine et fusilla le gardien d'améthyste du regard. Toya tressaillit à cause de son ouïe exceptionnelle. Il avait entendu la remarque de Suki et lorsque Kyoko l'avait entendue elle l'avait fixé du regard, plongeant ses yeux dans les siens. Elle détourna le visage pour cacher le fait qu'elle étaient en train de se mettre à rougir, mais elle n'eut pas le temps de le cacher à Suki et à Shinbe. Shinbe se pencha vers son frère, lui parlant à voix basse. – Que s'est-il passé entre vous deux pendant notre absence, Toya ? Il ressentit un éclair de jalousie fuser à travers lui mais il tenta d'en faire abstraction, sachant que c'était une cause perdue. Kamui s'approcha aussi pour entendre la réponse. Toya écarquilla les yeux et le duvet sur sa nuque se dressa, le poussant à reculer face à eux, l'air coupable. – Heu, il ne s'est rien passé, Il croisa les bras et les fixa du regard, les mettant au défi de prouver qu'il mentait. Suki attrapa le bras de Kyoko et la traîna bien loin des garçons, cette fois. – Ok, balance tout. J'ai raté quoi ? Demanda-t-elle la lèvre tremblante d'une excitation à peine dissimulée. Depuis qu'elle connaissait Kyoko, Suki avait l'impression de la connaître depuis toujours. Elle l'aimait comme une sœur, et là tout de suite, elle était sûre qu'il se tramait quelque chose. Kyoko n'osait pas soutenir le regard de Suki et son visage était encore très coloré. – Kyoko, balance, plaida Suki. Kyoko leva les yeux vers sa meilleure amie qui faisait au moins quelques centimètres de plus qu'elle et rentra la tête dans les épaules. – Ok, j'ai enfin été embrassée, c'est tout, elle leva les yeux au ciel comme pour signifier que ce n'était vraiment pas grand chose. Suki regarda Toya. – Alors comme ça, il a fini par t'embrasser, c'est ça ? Se retournant vers Kyoko, elle sourit d'un air entendu jusqu'à ce qu'elle voit Kyoko secouer la tête. Suki fronça les sourcils. – C'est bien Toya qui t'as embrassée ? N'est-ce pas, Kyoko ? Elle leva un sourcil, perplexe. Kyoko grogna. – C'est une longue histoire, alors je vais la faire courte. Trois mecs différents m'ont embrassée à ce jour et tout ça est arrivé pendant votre courte absence. Et non, je n'avais demandé à aucun d'entre eux de m'embrasser. Donc, je le répète, c'est Pas Grand Chose ! Elle insista sur ces trois derniers mots. Suki entrouvrit les lèvres en dévisageant son amie. Pendant ce temps, Toya s'était tendu quand il avait entendu Kyoko dire que c'était pas grand chose. Et bien, maintenant je sais ce qu'elle pense. Se dit Toya en se renfrognant alors qu'il se tournait à nouveau vers son frère et qu'il se concentrait sur son récit concernant ce qu'il savait de la zone de la forêt orientale. Suki finit par retrouver la parole mais parla à voix basse, – Kyoko, qui t'as embrassée ? Voyant les lèvres de Kyoko serrées l'une contre l'autre, Suki soupira. – Ok, je veux savoir qui t'as embrassée le premier. Kyoko serra les paupières très fort. – Kyou fut le premier. – Kyou ! s'écria Suki avant de plaquer la main sur sa bouche, horrifiée. Toya serra la poing dans sa tentative de conserver le contrôle sur sa colère. Il se tourna et lança un regard mauvais en direction de Kyoko avant de se rapprocher rapidement car il n'aimait pas la tournure que prenait la conversation. – Nous n'avons pas le temps pour ces conneries ! Balança-t-il, en lançant un regard de colère aux filles. – Nous avons besoin de trouver les talismans avant que l'ennemi ne mette la main sur chacun d'entre eux. Kamui acquiesça, – Ouais, Kotaro est venu au campement et a dit qu'il se dirigeait vers la même zone juste avant d'embrasser Kyoko sur la joue et de partir. Toya frappa Kamui à l'arrière de la tête en grondant. – Aïe, pourquoi t'as fait ça ? J'ai rien fait de mal ! Kamui frotta la bosse qui venait d'émerger sur son crâne, ses grands yeux étoilés remplis de larmes. Il faisait semblant, visiblement car il riait intérieurement à se déplacer les cotes à cause de l'expression sur le visage de Toya. Suki fit les yeux ronds. – Kotaro aussi ! Elle fit un mouvement de tête vers Kyoko en se demandant ce qui pouvait bien être en train de se passer. Shinbe se glissa vers Toya. – C'est quoi le problème ? Toya se contenta de le regarder méchamment comme pour le mettre au défi de prononcer une parole de plus. Suki se saisit du bras de Shinbe et l'éloigna de Toya avant qu'il ne finisse comme Kamui avec une bosse sur la tête. Toya tourna son regard courroucé vers Kyoko. Elle fut piquée et lui renvoya un regard mauvais. – C'est quoi ton problème ? Et ne frappe pas Kamui ! hurla-t-elle, se dressant devant le gardien comme pour le protéger. Elle n'avait pas la moindre idée qu'à présent Kamui se tenait debout derrière elle en train de sourire malicieusement à Toya comme si il venait de lui faire un sale coups. Suki savait qu'il y allait avoir un combat. Attrapant Kyoko par la main, elle commença à la traîner le long du chemin. – Allez, Kyoko, vient marcher avec moi un moment. Suki ne lui laissa pas le temps de répliquer et la tira pour l'obliger à avancer. Ne se sentant guère en sécurité d'avoir été laissé là où Toya pouvait l'atteindre, Kamui suivit les filles, laissant Toya seul à les regarder s'éloigner. Une fois qu'elles furent suffisamment loin de Toya, Suki se tourna vers Kyoko. – A présent, veux-tu bien me dire ce qui s'est passé ? Pourquoi Kyou t'as-t-il embrassée ? Suki avait presque crié, dévisageant son amie avec inquiétude. La pensée que Kyou puisse embrasser quiconque était tout simplement… perturbante. Kyoko haussa les épaules. – Je n'ai pas la plus vague idée de la raison pour laquelle il l'a fait. J'étais en train de nager. Il s'est laissé descendre au dessus de moi et m'a foutue une trouille bleue. Avant que je ne comprenne ce qui arrivait, il était en train de m'embrasser, et puis il est parti sans un mot. Kamui eut la sensation qu'on venait juste de le frapper au ventre. Il se plaça prestement derrière Kyoko, plaçant une main ferme sur son épaule. – Kyoko, t'a-t-il marquée ? Demanda-t-il d'une voix qui avait peine à rester neutre. Kyoko fronça les sourcils. Faisant volte-face, elle fixa Kamui d'un regard plein de confusion. – Toya a demandé exactement la même chose. Qu'est-ce que ça veut dire ? Marquée ? Comment ? Kamui eut soudain les lèvres pincées. – Pour que Kyou t'embrasse comme ça sans raison, il faut qu'il soit en train d'envisager de faire de toi sa compagne pour la vie. – Quoi ?!!! hurla Kyoko en posant les mains sur ses hanches. – Tu es en train de te foutre de moi. – Je ne plaisante pas… avec ce baiser, Kyou a déjà commencé à établir son droit sur toi. Des ombres pénétrèrent le regard de Kamui produisant comme un effet photo. – A présent, il va te suivre constamment, étape par étape, jusqu'à ce qu'il te marque et te fasse sienne. Il laissa retomber la main de son épaule. – Je suppose que tu peux comparer ça à un début de relation. Comprenant soudain bien plus de choses qu'il n'aurait souhaité, Kamui siffla entre ses dents. – C'était donc pour ça que Toya était si bouleversé, et par dessus le marché Kotaro se pointe tout en souffle et t'embrasse sur la joue. C'est pareil. C'est comme si lui aussi sortait avec toi. Kyoko ne savait pas quoi dire. Elle resta plantée là une minute. Puis, regardant par dessus l'épaule de Kamui, elle remarqua que Toya et Shinbe étaient en train de les suivre à la trace, occupés à planifier leur prochaine stratégie en se dirigeant vers l'Est. Suki attira à nouveau l'attention de Kyoko. – Ok, tu a dit trois, Kyoko. Ainsi, Toya t'a également embrassée, c'est ça ? Elle opina puis secoua la tête. – Mais Toya n'avait pas vraiment l'intention de m'embrasser. C'était une sorte d'accident. Kyoko lança à nouveau un regard par dessus son épaule, remarquant que les autres étaient en train de les rattraper. – Nous nous sommes retrouvés confrontés à un démon et Toya a perdu ses dagues alors son sang démoniaque a pris le dessus. Il a tué le démon et je me suis précipitée vers une des dagues mais il m'a rattrapée juste au moment ou je la touchais. J'ai cru qu'il allait me tuer, mais au lieu de ça… il m'a embrassée. Alors le contact avec les dagues qui lient le sort l'ont fait revenir à son état normal. Suki regarda Toya par dessus son épaule, puis retourna son visage vers Kyoko. – Attends, tu veux dire qu'il s'est transformé pendant qu'il t'embrassait ? Elle leva un sourcil lorsque Kyoko acquiesça. Kamui sourit. – Je le savait ! Tu lui plais vraiment. C'est pour ça que sous son autre forme il t'a embrassée au lieu de te tuer. Il l'a fait car ça lui semblait naturel. Kamui s'éloigna d'elles sachant qu'à présent les oreilles de Toya étaient capables de les entendre. – Bon, tenons leur compagnie. Suki décida de suivre l'exemple de Kamui et laissa tomber la conversation, pour l'heure… Dommage que Shinbe n'ai pas cette intelligence. Shinbe se tourna vers Kyoko, en entendant la dernière remarque de Kamui. – Alors c'était pour ça qu'il était si provocateur ! Il sourit de toutes ses dents en se demandant si il devrait ajouter son propre baiser à la liste de ses prétendants avant qu'elle ne s'allonge trop. Toya se fâcha contre eux, se grattant le cou. – Vous pourriez tous arrêter de dire n'importe quoi à mon sujet, merde ?!!! Son cou était déjà tout rouge et Kyoko rigola. Elle savait que quand le cou de Toya commençait à le démanger ainsi, c'est parce qu'il pensait que quelqu'un était en train de parler de lui dans son dos et ça l'irritait au plus haut point. Les doigts de Toya furent pris de spasmes lorsqu'il entendit Kyoko rigoler. Ce fut comme une décharge de plaisir à travers son corps et il se prit à souhaiter qu'elle le fasse plus souvent. Il regarda aux alentours et remarque que tout le monde avait finit de discuter. Satisfait de savoir qu'il n'était plus le sujet de discussion, il lâcha son cou. – Allez. Nous n'avons pas le temps de jouer. Nous devons arrêter Hyakuhei et récupérer les talismans avant qu'il ne le fasse. Toya s'inclina devant Kyoko. – Allez, laisses les trouver leur propre chemin et toi tu voyages avec moi. Cela ira plus vite. Il attendit que Kyoko lui grimpe sur le dos. Au moins, de cette façon, il n'aurait pas à entendre parler de ses rivaux. Kyoko sourit et grimpa sur son dos. Puis, elle l'enlaça et le serra légèrement pour lui faire savoir qu'elle était prête. Tourné dans la direction opposée afin que nul ne puisse le voir, Toya ferma les yeux en savourant le câlin qu'il venait de recevoir. Lorsqu'il les ouvrit de nouveaux, ses iris dorés scintillaient de petites lueurs argentées et il se mit en route à une vitesse égalant presque celle de son frère des vents, Kotaro. Chapitre 3 «Mauvais baisers» La brise refroidissait de minutes en minutes et Toya ralentit lorsqu'il détecta une aura maléfique au loin. Le sang de Kyoko se glaça dans ses veines lorsque cette sensation surnaturelle la submergea. Toya sauta depuis les hautes branches, s'arrêtant net au sommet d'une colline. Elle se laissa glisser au sol alors que les autres ne tardèrent pas à apparaître à leur suite, les yeux rivés vers le lointain. Kyoko regarda un nuage de mauvais augure flotter au dessus de la zone. – Je sens un talisman. Elle secoua la tête. – Il n'y en a pas un seul, il y en a plus, dit-elle essoufflée. – Le mal qui entoure ces fragments est étouffant. Suki arriva derrière Kyoko, ajustant la position de son arme sur son épaule pour y avoir plus facilement accès en cas de bataille. – Je me demande si c'est Hyakuhei que tu sens… Elle regarda Shinbe qui arrivait à leur niveau, son imperméable et sa longue chevelure bleu nuit flottant au vent qui était désormais en train de se lever. Les yeux de Toya étaient concentrés et leur couleur était en train de virer à l'argent fondu. Sentant le danger proche d'eux, il regarda vers la gauche et balança son bras vers le sol. La lame métallique d'une dague apparut en un éclair dans sa paume. – Montre-toi salaud, je peux te sentir ! gronda Toya, se dressant devant Kyoko et les autres pour les protéger. Le flanc de la colline et la vallée au pied baignaient dans la puanteur lourde du mal. Une silhouette portant une tunique noire gonflée par le vent se matérialisa, comme sortie de nulle part, juste devant eux, les lèvres légèrement tordues comme dans un sourire diabolique. – Ainsi, tu as répondu à mon invitation Kyoko frissonna d'horreur lorsque ses yeux sombres rencontrèrent les siens. Le souvenir de ce rêve qu'elle avait eu la nuit précédente lui revint comme une claque, la mettant mal à l'aise. Elle recula d'un pas, se dissimulant derrière Toya et jetant un oeil à Hyakuhei en avançant la tête à coté de son bras. Elle avait un mauvais pressentiment et était persuadée que la seule raison de sa présence était elle-même et les talismans qu'elle transportait. Toya remarqua que l'attention d'Hyakuhei était concentrée sur Kyoko et il se sentit péter les plombs. Il gronda, agrippant la poignée de sa dague et bondissant en avant pour taillader l'ennemi. La cape noire voleta jusqu'au sol comme prévu. Il s'était douté qu'il s'agissait uniquement d'une des marionnettes d'Hyakuhei de toutes façons. – Auras-tu jamais l'audace de me faire réellement face ?! ragea Toya. – Les pouvoirs de la prêtresse m’appartiendront, alors… viens à moi… La voix glaciale d'Hyakuhei s'estompa lentement dans le vent. Kyoko sentit la chair de poule lentement envahir son dos à ces mots d'Hyakuhei. – Venir à lui ? Il est barge ? murmura-t-elle se sentant la proie d'une affreuse couardise. Toya se mit debout à ses côtés. Il savait que les gardiens étaient chargés d'empêcher le cristal de tomber dans de mauvaises mains mais il il n'aimait pas le fait que ça place Kyoko en position dangereuse. Hyakuhei avait tué tant d'innocents pour les talismans. Il mourrait avant de laisser Kyoko devenir une des victimes de cette guerre. Il la protégerait. Son besoin de protéger Kyoko était si fort que c'était devenu sa seule raison de vivre et là, tout de suite, il avait un mauvais pressentiment. Il pouvait entendre le cœur de Kyoko qui commençait à battre plus vite et sentir la peur venir d'elle comme par vagues. Toya regarda avec étonnement Kyoko se tourner vers lui avec un sourire figé. – Et bien, allons-nous aller chercher un autre talisman ? Kyoko releva le menton avec défi en dépit de la peur qu'elle ressentait et redressa les épaules. Toya regarda derrière elle et il pu voir que les autres aussi étaient prêts. Les autres… les seuls personnes en qui il avait jamais eu confiance. ***** Hyakuhei regarda dans le miroir que son serviteur Yuuhi lui présentait. Le miroir des âmes qui lui permettait de surveiller chacun des mouvements de Kyoko. Cette fille était sa priorité pour le moment. Elle seule détenait le pouvoir de contrôler le Cristal du cœur du Gardien et il avait besoin de ce pouvoir. Mais… il avait aussi besoin qu'elle l'aide à fusionner les talismans afin qu'il ne forment à nouveau plus qu'un. Pour ce faire, il devrait trouver un moyen de la faire venir à lui… de son plein gré. Il la voulait… pas morte… mais plutôt, il la voulait à ses côtés. Comme si il pouvait lire les pensées de son maître, Yuuhi s'exprima avec cette voix tranquille, sans émotion qui semblait être celle d'un enfant. – Vous voulez le pouvoir que contrôle la fille mais elle est pure et ne viendra pas à vous de son plein gré. La silhouette aussi pâle qu'un spectre du garçon regardait Hyakuhei de ses yeux noirs qui contenaient un savoir vieux de plusieurs milliers d'années. – La capturer c'est capturer un cœur pur. Pour y parvenir il faudra la piéger dans un filet de tromperie. L'étrange garçon regarda dans le miroir, regardant Kyoko de ses yeux couleur de mort. Hyakuhei sourit de ce sourire corrompu. Son corps et son visage parfaits et sans tâches dissimulaient sa malveillance. Sa longue chevelure sombre tombait en cascades autour de lui par vagues brillantes. Il était très sensuel, avec une fine musculature s'animant sous sa peau à chaque mouvement. Cette prêtresse que les gardiens protégeaient avait une forte ressemblance avec la seule personne qu'il aie jamais aimée. Il savait que Kyoko était la réincarnation de celle qu'il avait perdu jadis… celle qui lui avait été enlevée sans pitié. Sa main se serra, poing fermé alors que les souvenirs tentaient de lui revenir depuis un temps révolu. Il les repoussa en grognant et se concentra à nouveau sur la prêtresse sous ses yeux. Comment pourrait-il pousser un cœur sans tâches à battre d'amour pour lui alors qu'il était le mal incarné ? Elle avait le pouvoir qu'il avait transmit à son ancêtre il y avait si longtemps. C'était cela qui l'attirait vers elle, l'idée de corrompre ce genre de pureté. D'abord, il lui faudrait la piéger. – Je ferais appel à la magie de Tenshi pour jeter un sort à cette prêtresse et elle tombera amoureuse de moi. Hyakuhei commença alors à rire mais il n'y avait aucune trace d'humour dans la sonorité. Fermant ses yeux sombres, il fit venir la silhouette angélique d'un des démons qu'il avait emprisonné dans son corps et qu'il contrôlait désormais. Ce démon, Tenshi, pouvait tisser un sort autour de cette fille, la poussant à tomber amoureuse sans qu'elle ne sache de celui qui en est maître. Ainsi, il décida de faire appel à un démon d'une immense force et à une masse d'esprits malins volants pour tenir Toya et les autres éloignés, Hyakuhei les envoya à la rencontre du groupe alors qu'il suivait l'évolution de la situation à travers le miroir des âmes. ***** Alors que Toya et le groupe se rapprochaient de l'aura sinistre dans la vallée, Kyoko s'arrêta. La Malveillance… elle pouvait la sentir tout autour d'eux mais elle ne pouvait la voir. – Il y a quelque chose ici avec nous, murmura Kyoko en faisant un pas en arrière, effrayée. Ses grands yeux émeraudes s’élevèrent vers une colline leur faisant face alors même qu’un énorme démon sortait de terre comme si il étaient en train de s'extirper d'une tombe sans nom. Toya gronda alors que les démons plus petits sortaient également du sol. On aurait dit que quelqu'un avait ouvert un portail de l'enfer. Les dagues jumelles scintillèrent en se matérialisant rapidement alors que Shinbe et Suki se tenaient dressés de chaque côté de Toya. Kaen montra les crocs au moment ou Kamui fonça pour se placer devant Kyoko, au cas ou un des démons parvienne à passer le barrage des autres. Toya bondit vers l'avant en hurlant. – Kyoko ! Peux-tu voir le talisman au cœur du démon principal ? Kyoko regard avec insistance le démon et vit une douce lueur provenant de son front. – Son front ! Hurla-t-elle pour toute réponse à Toya alors que Suki commençait à taillader les volants qui arrivaient vers eux en avant-garde du démon principal. Kyoko regarda Shinbe commencer à déployer ses perles d'améthyste enroulées autour de sa main afin d'ouvrir l'accès au vide maudit dont Hyakuhei lui avait fait cadeau quand il était enfant, ce même vide qui pouvait l'avaler entièrement si jamais il devait perdre le contrôle de ses pouvoir. L'aspirateur de ce vide entraînerait les démons dans ses profondeurs par vagues, ce qui en faisait une de leurs armes les meilleures et les plus dangereuses dans leur bataille contre Hyakuhei et ses minions. Kyoko vit passer une ombre qui la dépassa en volant et regarda au dessus d'eux. – Shinbe ! Ne fais pas ça ! Un changeant ! Elle le désigna du doigt et Shinbe leva les yeux, refermant rapidement le vide maudit et remerciant d'un hochement de tête pour l'avertissement au moment ou une nuée de démons fonça sur eux. Les changeants étaient les chutes solitaires du vide. Shinbe avait manqué de perdre la vie la dernière fois qu'il avait accidentellement aspiré un des changeants d'Hyakuhei. Leur pouvoir était reflété dans le vide, tourbillonnant hors de contrôle et mettant en péril la vie même de Shinbe, qui risquait à tout moment d'être consumée par le vortex maudit. La baïonnette de Suki fusa dans l'air à la dernière seconde, tuant un des démons de petite naissance. Shinbe projeta des boucliers et lança des sorts contre ce qu'il restait de ceux qui étaient en train de les attaquer. C'est alors que les évènements se mirent à se précipiter d'un seul coup, Kyoko regardait alors que le groupe luttait contre une énorme nuée de nuisibles au sol. Les démons volants attaquèrent Toya avec des gestes trop rapides pour être détectés, fournissant au démon mammouth une ouverture pour attaquer. Toya fut projeté de l'autre côté du champs pour au final se relever et foncer à nouveau dans le tas. Kyoko leva son arc, avec l'intention d'aider autant qu'elle le pourrait lorsqu'une chose attira sa attention… une chose qui figea ses gestes. Une illumination était descendue autour d'elle, repoussant Kamui comme si il avait été jeté loin d'elle. C'était si intense que Kyoko dû fermer les yeux très fort et se protéger le visage avec les bras pour éviter d'être aveuglée par la lumière. Toya vit la sphère lumineuse descendre sur Kyoko. Son cœur se mit à tambouriner plus fort dans son torse… Son attention était sur elle plutôt que sur la bataille avec le démon alors qu'il se relevait une fois de plus de la poussière. A la fin, ouvrant les yeux, Kyoko manqua d'air lorsqu'elle vit un homme debout droit devant elle. Il était beau… avec des elles de lumière… un peu comme dans ses livres de littérature à l'école. Ils l'auraient appelé un ange. Cet homme n'était en aucun cas un ange… Elle pouvait le sentir. Elle banda son arc et une flèche-esprit se forma alors qu'elle se remémorait l'histoire concernant l'expulsion du plus beau des anges du paradis car il était en vérité mauvais. Kyoko stabilisa son arme en regardant dans les cristaux qui lui servaient d'yeux mais fut incapable de tirer. Comment pourrait-elle faire du mal à une chose si précieuse ? Avec sa longue, blanche chevelure flottant autour de lui, elle n'avait jamais rien vu de si joli de toute sa vie. Il l'approcha lentement, murmurant des paroles qu'elle ne pouvait comprendre. Entre Suki et Shinbe, les esprits volants libres avaient été éliminés avant qu'ils ne se tournent vers Toya pour lui apporter leur aide pour contrer le démon enragé qui tentait de l'incruster dans le sol car il n'était pas attentif au combat. Il était trop occupé à tenter de voir ce qu’il advenait de Kyoko. Suki lança son arme et elle causa une blessure en travers de la joue du démon, attirant l’attention de ce dernier vers elle. Shinbe l’attrapa et la mit hors de portée juste au moment où le démon attaquait, envoyant voler des débris alors que ses griffes l’ayant ratée balayaient le sol. Il hurla à l’intention de Toya. – Toi, va aider Kyoko. Nous, on s’occupe de cette chose ! Toya se précipita vers la lumière éclatante, voyant l’image d’un homme ailé flottant vers Kyoko à l’intérieur de la barrière. Il couru vers elle mais la barrière le repoussa de la même manière qu’elle avait repoussé Kamui. De petits éclairs couleur de lumière noire se manifestèrent sur toute sa peau. Volant vers l’arrière, il heurta le sol avec un fracas à glacer les os. Il resta étendu là pendant une minute, étourdi, ayant peine à reprendre son souffle. Kamui se tenait de l’autre côté de la sphère, tentant frénétiquement d’utiliser chaque formule magique à laquelle il pouvait penser afin de déstabiliser la barrière mais sans succès. Il gronda dans sa frustration alors qu’il tentait encore de creuser une brèche dans le bouclier afin d’atteindre Kyoko. Plaçant ses mains ensemble devant lui, il se mit à psalmodier sa formule la plus puissante avant de lancer le sort, uniquement pour le voir rebondir sur le mur protecteur de la barrière pour venir le frapper, l’envoyant valser à travers l’herbe, courroucé. Kyoko était en train de résister à l’attraction envers la forme ressemblant à une apparition se tenant devant elle. Elle pouvait l’entendre murmurer des enchantements et elle pouvait ressentir cette étrange sensation prenant naissance dans sa poitrine. C’était douloureux… et pourtant… elle avait l’impression que ça allait éclater. Pas dans la douleur… c’était un sentiment d’amour. Elle était encore suffisamment lucide pour ressentir simultanément de la peur. Elle tenta de reculer alors qu’il se rapprochait et c’est à cet instant qu’elle comprit que c’était exactement ce qu’il était en train de faire. Ce démon mal intentionné était en train de lui jeter un sort… et à présent il était trop tard. Kyoko cligna lentement des yeux. Elle se sentit submergée par ce sentiment d’être amoureuse. Elle ferait n’importe quoi pour cette personne mais elle ignorait encore de qui il s’agissait. Qui était-il, celui qu’elle aimait si fort que c’en était douloureux ? Elle sentit le sol bouger sous ses pieds et elle commença à sombrer dans le vide alors même que l’époustouflant démon était finalement à quelques millimètres. Ses lèvres soyeuses effleurèrent les siennes et son monde devint noir. ***** Hyakuhei regarda dans le miroir et fut le témoin de l'envoûtement de Kyoko. Il sut que lorsqu’elle reviendrait à elle, la personne lui faisant face serait celle qu’elle aimerait. Il y eut une faible lueur dans ses yeux, une lueur écarlate, alors qu’il ouvrait un portail sous la sphère-bouclier dans laquelle elle était emprisonnée et commença à la tirer à lui. – Oui, viens à moi. Je suis celui que tu aimes réellement. Ses pensées perdirent leur définition et il eut le sentiment qu’elle était en train, au final, de venir à lui. – Comme il se doit, murmura-t-il. Yuuhi regarda Hyakuhei sans la moindre trace d’émotion sur son jeune et pâle visage. – Elle ne viendra pas, car Toya l’arrêtera. Hyakuhei regarda intensément le garçon avant de se tourner à nouveau vers le miroir. ***** Toya se tenait au dessus de la sphère-bouclier qui le séparait de Kyoko. Alors que tout son corps tremblait, tant de peur que de colère, il rassembla ses pouvoirs de gardien et les laissa irriguer les dagues jumelles. – Tu ne pourras pas la séparer de moi ! Ses yeux passèrent instantanément à une couleur argent fondu alors que ses pouvoirs faisaient surface, envoyant une onde de choc autour de lui, qui fit flotter furieusement ses vêtements et ses cheveux autour de lui. Alors qu’il maintenait les dagues jumelles ensembles, les lames croisées devinrent bleu vif alors que le Tenshi embrassait les lèvres de Kyoko. Le démon leva les yeux au moment même ou Toya effectuait sa descente . En un éclair, la barrière-bouclier disparut et les lames entrèrent en contact avec le Tenshi, le tuant instantanément. Toya tendit les bras vers le bas et attrapa Kyoko par la taille, l’élevant hors du vide qui s’était formé sous elle. Il sauta pour éviter d’être aspiré par le vide au moment même ou l’immense démon contre lequel Suki et Shinbe étaient en train de se battre, s’attaquait à nouveau à lui. Voyant Kyoko inconsciente, et ignorant ce que le démon ailé lui avait fait, Toya vit rouge. Levant sa dague de feu avec un grondement furieux, il sentit la chaleur monter dans son sang de gardien et il y laissa libre cours à l’approche des démons, les explosant en mille morceaux. ***** Yuuhi prit le miroir des âmes des mains d’Hyakuhei qui, déçu, avait détourné le regard. La voix d’Hyakuhei demeura calme. – Peu importe, le sort ne durera encore que deux heures puisque le Tenshi a été détruit. Il n’y avait aucun regret, car il aurait encore plein d’opportunités et il finirait par capturer la prêtresse. Il ouvrit la paume, laissant voir de petits fragments de cristal qui finirait par l’amener jusqu’à sa portée. – Elle viendra à moi. Déclara-t-il d’un ton de séducteur alors que Yuuhi regarda à nouveau vers le miroir. ***** Toya était si bouleversé qu’il ne remarqua pas la disparition des nuages sombres et que le soleil brillait à nouveau de ses derniers rayons du jour. Il ramena Kyoko plus près afin que sa tête puisse reposer sur sa cuisse alors qu’il s’agenouillait. Il ne pouvait voir aucune blessure mais le fait qu’elle ait perdu connaissance l’effrayait au plus haut point. Il ne prêta aucune attention aux autres qui se rassemblaient nombreux autour de lui. Kamui s’agenouilla auprès de Toya. – Est-ce qu’elle va bien ? Il baissa les yeux vers Kyoko avec un tremblement dans la voix. – J’étais censé la protéger. murmura-t-il en tendant la main pour lui toucher la joue du bout des doigts. – Kyoko, je t’en prie, réveilles-toi… pour moi… allez… Pourquoi ne te réveilles-tu pas ? L’émotion dans la voix de Kamui trahissait son sentiment de culpabilité pour ne pas avoir su la sauver. Shinbe fut celui qui répondit. – J’ai reconnu le charmant démon qui se trouvait avec elle. J’ai étudié ses secrets il y a quelques temps déjà. C’est un Tenshi. C’est très faible physiquement et cela peut être détruit avec facilité. Son véritable pouvoir réside en la capacité de jeter des sorts d’enchantement amoureux trompeurs. Sa question suivante fut pour Toya. – Il ne l’a pas embrassée, si ? Toya fit oui de la tête, se rappelant l’éclair de jalousie qui l’avait parcouru lorsque la belle créature masculine avait osé embrasser Kyoko. Shinbe soupira et plaqua la main sur ses yeux avant d’écarter les doigts pour voir à travers. – Alors on risque d’avoir un problème à son réveil. Toya sentit son ventre se nouer à l’idée que Kyoko puisse avoir souffert d’une manière ou d’une autre. – Shinbe, qu’est-ce qui ne va pas ? Quel genre de sort cet espèce de salaud lui a-t-il jeté ? Il n’y a-t-il aucun moyen de l’aider ? Un antidote ou quelque chose ? demanda-t-il calmement, sans jamais la quitter des yeux de crainte qu’elle ne cesse de respirer. Il ne s’était jamais sentit si engourdi de toute sa longue vie sans âge. – Eh bien, le Tenshi a placé sur elle un envoûtement amoureux lorsqu’il l’a embrassée. C’est tout ce dont je suis sûr. Il avait sans doute l’intention de l’amener à Hyakuhei lorsqu’ils ont commencé leur descente dans ce trou noir qui venait de s’ouvrir. Cependant, tu as tué le démon alors l'envoûtement ne devrait plus durer très longtemps. Shinbe regarda Toya d’un air inquiet, espérant que ses recherches avaient été correctes… pour leur salut à tous. Toya fronça les sourcils alors qu’il se glissait un peu plus loin avant de se mettre debout. Son cœur se mit brutalement à accélérer lorsqu’il demanda, – Quel sorte de sort est cet enchantement amoureux et pourquoi donc Hyakuhei aurait-il besoin que Kyoko soit sous son influence ? Puis il compris alors les intentions d’Hyakuhei. Ses poings se serrèrent alors que ses yeux s’élargirent pour se rétrécir aussitôt. – Maudit soit ce salaud ! Je vais le tuer ! Il s’assit brutalement sur le sol près de Kyoko. – Et bien, que va-t-il se passer lorsqu’elle reprendra conscience, maintenant qu’Hyakuhei n’est plus là ? Toya tentait de dissimuler sa fureur à la pensée du désir d’Hyakuhei pour Kyoko. Shinbe se pencha au dessus d’elle. – On va le savoir. Il tapota doucement sur la joue de Kyoko. – Kyoko, ma puce. Réveilles-toi. Il sourit lorsque ses paupières commencèrent à bouger. Suki s’assit près de lui en attendant que Kyoko puisse reprendre ses esprits pour voir si elle allait bien. La vision de Kyoko était floue lorsqu’elle ouvrit les yeux. Sa poitrine était douloureuse. Elle leva la main, la plaçant sur son cœur et elle serra les paupières pendant une seconde. Puis, elle entendit Shinbe. – Kyoko, ça va ? Shinbe se pencha au dessus d’elle, à présent elle pouvait le voir de plus en plus clairement alors qu’elle levait les yeux vers lui. Kyoko le dévisagea un seul instant, sentant chaque nerfs de son corps reprendre vie. Mon Dieu, que Shinbe était beau avec sa longue chevelure bleu nuit se balançant autour de son visage parfait. Ses yeux ressemblaient à des cristaux d’améthyste alors qu’il la regardait. – Je vais bien. Kyoko se redressa pour se mettre en position assise et enroula ses bras autour de son cou ne souhaitant qu’être plus proche de lui. – Oh, Shinbe, je t’aime tellement. Le regard de Shinbe fut traversé d’éclairs de joie pure alors que Kyoko se pressait contre lui. Oubliant que tout le monde regardait, il lui rendit son sourire et lui demanda, – Kyoko, ma chérie, tu voudras porter mon enfant ? Kyoko sourit, – J’adorerais faire ça. Elle attendit alors que Shinbe s’avançait, le regard améthyste fixé sur ses lèvres. C’est à peu près à cet instant que l’arme de Suki retomba sur la tête de Shinbe, l’étourdissant. Il poussa une exclamation de douleur en perdant connaissance. Kyoko fronça les sourcils en voyant Shinbe s’étaler à ses côtés. Légèrement perdue, elle se retourna pour regarder Suki qui redéposait son arme au sol avec un air goguenard. – Aaah, Suki, Kyoko rampa vers elle, souriant sensuellement pendant tout le temps que son déplacement dura. Tendant les mains, elle caressa la joue de Suki. – Tu es si belle. Les yeux exorbités, Suki s’éloigna en rampant pour tenter d’échapper à Kyoko mais cette dernière la suivait en rampant, souriant encore. Toya était assis là, trop sonné pour faire quoi que ce soit. Il se contentait de regarder Kyoko poursuivre Suki avec un air énamouré. – Toya, tu veux bien la rappeler ? Il semblait au ton de sa voix que Suki était plus effrayée par Kyoko qu’elle ne l’avait jamais été par aucun démon, même en pleine bataille. Toya fit un grand sourire alors qu’il allongea le bras et attrapa Kyoko par derrière, enveloppant ses mains autour de sa taille et l’arrachant à Suki, la déposant sur ses cuisses. Il souriait à Suki jusqu’à ce Kyoko se retourne, se mettant à califourchon sur lui. Son monde s’écroula lorsque Kyoko se mit à soutenir son regard. L’amour qui brillait dans ses yeux émeraude et qui lui semblait destiné lui fit avoir mal aux poumons et au cœur, comme si quelqu’un avait donné un coups de pied dedans. Toya ne pouvait respirer. C’était ce regard dont il avait rêvé et qu’il avait voulu recevoir depuis si longtemps. A présent, elle était là, en train de le regarder dans les yeux. Kyoko… était éprise de lui. – Toya… murmura-t-elle doucement, – Je t’en prie, embrasse-moi. Avant même qu’il ne puisse accéder à cette demande formulée d’une voix doucereuse, Kyoko s’était penchée vers lui, enlaçant son cou de ses bras. Elle murmura ces mots, – Je t’aime, juste avant de coller ses lèvres sur les siennes. Toya ressentit une décharge de plaisir traverser son corps comme si il venait juste de mourir et de revenir à la vie. Lorsqu’elle lui ouvrit ses lèvres, il ne put s’empêcher d’enfoncer la langue très loin, lui donnant un baiser inoubliable, explorant chaque recoin qu’il avait tant désirer trouver. Il aspira son souffle chaud lorsque son baiser tenta de prendre le dessus sur le sien. Ses bras autour d’elle les rapprochaient un peu plus alors qu’il se sentit subitement possessif. Sa petite main était arrivée jusqu’à ses cheveux, elle les tenait entre ses doigts, le retenant captif. Shinbe reprit conscience. S’asseyant, il suivit des yeux les regards sidérés de Kamui et Suki. Lorsqu’il se retourna pour regarder, sa mâchoire manqua de se décrocher. Ils avaient l’air de deux amants complètement fous l’un de l’autre qui ignorent qu’on les regarde. Shinbe s’étira pour attraper le bras de Suki, le secouant pour attirer son attention même si ses yeux étaient encore verrouillés sur le couple. Suki tourna légèrement la tête pour lui faire savoir qu’elle avait sentit la pression sur son bras mais son regard demeurait fixé sur Toya et Kyoko. Ni l’un ni l’autre ne pouvait croire ce qu’il voyait. Shinbe tenta de faire disparaître cette vision en secouant la tête afin d’éliminer les pensées impures qui menaçaient de prendre le dessus. Faisant appel à son bon sens, il se pencha vers Suki. – Ne crois-tu pas que nous devrions l’arrêter avant que ça n’aille trop loin ? murmura-t-il, se sentant véritablement tel un voyeur. – Je veux dire, une fois que le sort sera brisé et que Kyoko sera revenue à la normale, elle sera fâchée si elle n’est plus intacte. Shinbe savait que Suki comprendrait le double sens. Suki rougit en le regardant. – Ouais, je suis simplement heureuse qu’il l’ait arrêtée avant qu’elle ne me fasse ça. Elle souriait. Shinbe leva un sourcil, se demandant ce qu’il avait bien pu rater. Kamui qui avait été le témoin silencieux, pétrifié par l’étonnement, entendit la remarque de Suki. Il ne pouvait s’en empêcher… la pensée de Kyoko verrouillant ses lèvres sur celles de Suki ainsi lui provoqua un fou rire qu’il tenta de maîtriser, en vain. Shinbe et Suki ricanèrent lorsque Kamui se mit à rire mais alors Suki regarda à nouveau vers Toya, voyant que son corps commençait déjà à se mouvoir en mode séduction contre celui de Kyoko. Elle sut qu’il fallait intervenir d’une façon ou d’une autre. Toya était au paradis, recevant de ce baiser tout ce qu’il pouvait. Il l’embrassa encore plus profondément alors que la passion en lui se mettait à brûler. Le besoin de posséder Kyoko physiquement consumait son sang de gardien de l’intérieur. Il émit un grondement sourd alors que sa main agrippait l’arrière de sa tête. Ses doigts écartés dans sa chevelure, il l’attirait à lui afin d’approfondir l’exigeant baiser. La façon dont elle était assise sur lui avec ses jambes de chaque côté, il pouvait sentir la chaleur contre son besoin émergent. Toya mit son autre bras plus bas dans son dos alors qu’il se frottait un peu plus fort contre elle. La sensation lui faisait perdre le contrôle. Il n’avait plus conscience de rien à part de son besoin d’avoir tout d’elle. Le parfum stimulant du désir qui émanait d’elle lui fit savoir qu’elle était prête à être sienne… pour toujours. Tout ce dondon il avait besoin c’était être en elle… profondément en elle. Shinbe et Suki prirent conscience que ça avait assez duré et ils pouvaient voir que ni l’un ni l’autre n’avait plus le contrôle de la situation. Shinbe se mit debout et Suki se leva à ses côtés, leurs sourires avaient maintenant disparu. Tous deux avaient trop peur pour approcher. Ce n’était plus du tout drôle. – Toya, s’il te plaît, arrête tout de suite. Rappelle-toi… Kyoko est envoûtée et elle ne sait pas ce qu’elle fait. Toya ! héla Shinbe, en espérant qu’il n’était pas trop tard. Il recula précipitamment lorsque la tête de Toya se redressa brusquement. Les yeux de Toya étaient devenus argenté puis teintés de rouge lorsqu’il s’était mis à grogner, un avertissement pour qu’ils reculent. Shinbe fit un pas pour se placer devant Suki dans un geste protecteur. – Ce n’est pas Toya, grinça-t-il en serrant son bâton si fort que ses phalanges devinrent blêmes. Il avait besoin de trouver un moyen de ramener Toya à la réalité avant que les choses n’aillent trop loin. – Je ne crains pas la part démoniaque de Toya, Kamui fronça les sourcils et avança vers eux avec la ferme intention d’arracher Kyoko à son frère. Il fut stoppé net lorsque Suki lui attrapa un bras et Shinbe, l’autre. – Non, Kamui ! s’écrièrent-ils à l'unisson. Le cœur de Suki battait rapidement à cause de la crainte concernant ses deux amis. – Maudit soient Hyakuhei et ses sortilèges ! Elle tenta à nouveau de lui faire comprendre. – Toya, elle te détestera si tu la prends alors qu’elle ignore ce qu’elle est en train de faire. Je t’en prie, essaye de reprendre le contrôle. Son ton se durcit. – Tu dois la lâcher. Le regard enragé de Toya se tourna vers Suki comme ses paroles l’atteignaient à travers la brume de désir et pénétraient dans son subconscient. La dangereuse couleur s’effaça de ses yeux qui redevinrent comme de l’or liquide. Avec réticence, il tourna à nouveau son attention vers Kyoko, le cœur brisé. Il avait failli perdre à nouveau le contrôle lorsqu’elle s’était assise en frottant plus fort la chaleur insoutenable contre sa statuesque érection. Les yeux de Kyoko étaient comme recouverts d’un voile de passion sans chaînes et il pouvait respirer l’odeur de son désir. Le regard de Toya s’adoucit car il comprenait. Elle attendait qu’il lui fasse l’amour. Elle le voulait autant qu’il la voulait. C’était tout ce qu’il pouvait faire pour ne pas se saisir d’elle et l’emporter. Mais avec toute la volonté qui lui restait, il comprenait la vérité des paroles de Suki. Kyoko le détesterait. Il l’avait déjà embrassée contre son gré, et à présent, ceci ? Toya la repoussa délicatement en la faisant descendre de ses cuisses et se mit debout; fermant les yeux pour ne pas voir le regard de femme rejetée qu’elle lui adressait à cet instant. Kyoko ne comprenait pas pourquoi il la quittait. Elle tendit la main pour attraper son tee-shirt, elle voulait qu’il reste. Elle avait l’impression que son monde allait s’écrouler si il s’en allait. – Toya, je t’en prie, je t’aime. Ses yeux s’embuèrent lorsqu’elle tenta de le forcer à la regarder. Elle murmura d’une voix imprégnée de confusion, – Ne me quitte pas. Toya s’était figé sur place, incapable de s’arracher à sa main. Il tenta de se rappeler qu’elle aurait dit ces même paroles à Hyakuhei si il n’avait brisé la barrière avant qu’elle ne disparaisse dans ce trou noir. Ses griffes creusèrent des sillons sanglants dans ses propres paumes et il tenta de se concentrer sur la douleur pour stabiliser sa volonté. Suki arriva derrière Kyoko et se mit à la tenir, regardant Toya. – Peut-être devrais-tu t’en aller pendant un moment jusqu’à ce que l'envoûtement soit levé et que vous soyez tous deux à nouveau maîtres de vous-mêmes. Elle fit un signe de tête en direction des arbres, espérant que pour une fois, il l’écouterait. Toya baissa la tête… sa sombre chevelure cachant à peine le désir dans son regard aux yeux de ceux qui regardaient. Mon Dieu, il voulait la faire sienne, la marquer ici et maintenant… Mais Suki avait raison, Kyoko n’était pas elle même, là, tout de suite. Elle ne pourrait que le détester plus tard et ce n’était pas ce qu’il souhaitait. Il serra les dents pour mieux se contenir. Si il devait jamais posséder Kyoko, il ne ferait pas machine arrière. Elle serait à lui… pour la vie. Suki sursauta en voyant l’expression sur le visage de Toya lorsqu’il finit par relever la tête pour regarder Kyoko. C’était une expression de profonde compréhension avec une trace d’appétit contrôlé… l’argent de ses yeux était assorti aux mèches argentées de sa chevelure ébène. Il fit un pas en avant, il n’avait d’yeux que pour Kyoko comme il se penchait, l’embrassant tendrement sur les lèvres avant de murmurer ces paroles, – Je suis désolé. tout contre elles. Puis, avec tout le self-control dont il était capable, il se détourna d’elle et disparut dans la forêt. Suki poussa un soupir alors que Kyoko se mettait à pleurer. Son petit corps tremblait alors qu’elle gémissait. Elle plaça la main sur l’épaule de Kyoko et regarda Shinbe, ne sachant pas quoi faire. Sa propre lèvre inférieure trembla lorsqu’elle remarque que Shinbe leur donnait le dos et que ses épaules semblaient tendues. Kamui était également devenu très silencieux, il ne trouvait plus ça drôle. Il y avait bien trop de vérité sous la surface de cette situation et cela lui brisait le cœur. ***** Kyou inspira l’air qui seulement un instant auparavant portait encore la puanteur du rejeton de son ennemi. L’odeur avait rapidement changé alors que le soleil revenait et il pouvait sentir la prêtresse. Son parfum avait flotté jusqu’à lui, porté par la brise mais il pouvait également détecter l’odeur distincte de ses peurs. En suivant l’odeur aigre-douce, il se mit à la chercher. Il ne souhaitait pas que qui que ce soit la bouleverse et il ne savait pourquoi, l’idée qu’elle puisse être en train de pleurer fit resurgir sa colère. Qu’avait-il bien pu lui arriver pour que les larmes naissent dans ses yeux d’émeraude ? Son visage calme ne montrait aucune émotion mais son instinct protecteur avait refait surface alors qu’il volait en direction de l’odeur émise par Kyoko. Toya n’était pas arrivé loin lorsqu’il sentit quelqu’un qui approchait. Il émit un grincement de colère… son sentiment de malaise augmentait. L’odeur de Kyoko semblait peu à peu se rapprocher. Il était résolu et calme alors qu’il passait au dessus de lui, se déplaçant en direction de Kyoko. Avec un grondement, Toya fit demi-tour et se rua vers le lieu ou il avait laissé Kyoko et les autres. En l’espace de quelques secondes, Kyou était arrivé et il regardait le groupe depuis des hauteurs masquant sa présence. La femme-enfant était à genoux en train de pleurer alors que la tueuse de démons posait la main sur son épaule pour tenter de la réconforter. Shinbe et Kamui semblaient calmes et demeuraient immobiles, se contentant de les surveiller à distance. Il pouvait sentir l’odeur persistante de Toya mais il ne le voyait nulle part. Il pouvait également sentir l’odeur du désir de Toya encore ancré lourdement dans l’air. Sûrement, son imbécile de frère n’avait pas tenté de faire du mal à la fille. Kyou souhaita en silence que Kyoko lève les yeux vers lui, projetant la pensée vers son esprit alors qu’il la regardait calmement, ne laissant paraître aucune émotion. Son cœur se mit à battre plus vite lorsqu’elle leva vers lui son visage baigné de larmes. Kyou regarda froidement ceux qui se tenaient auprès d’elle. Tous les regards se tournèrent vers lui alors que sa voix descendait des airs. – Qui a donc osé faire du mal à cette fille ? Sa voix calme dissimulait la nature du danger auquel ils étaient exposés… car peu importe qui lui avait fait du mal, il lui faudrait payer. Chapitre 4 «Sentiments Dangereux» Kyoko leva les yeux en entendant la voix dans sa tête lui disant doucement de le faire. La lumière était reflétée dans ses yeux comme des diamants étincelants au moment où elle regarda Kyou flotter au dessus d’elle et elle lui fit un sourire plein de chaleur. Suki se raidit en entendant la fatale question de Kyou et lui lança un regard furibard. Elle secoua la tête, – Celui qui lui a fait du mal n’est aucun des gardiens. C’était ton oncle Hyakuhei. Il a fait en sorte qu’un sort lui soit jeté. Suki redressa les épaules, fâchée contre lui qui osait les accuser de faire du mal à Kyoko. – Nous avons tué le démon qui a jeté le sort afin que Kyoko puisse redevenir elle-même dans environs deux heures. Elle se plaça devant Kyoko, tentant d’empêcher Kyou de voir son amie. Après que Kyoko lui ai raconté un peu plus tôt que Kyou l’avait embrassée… Et bien, elle ne voulait pas que Kyoko aille se faire des idées, là, tout de suite. Si elle devait en arriver là, elle laisserait Shinbe l’embrasser d’abord si c’était nécessaire, alors elle fit barrage et croisa les bras sur sa poitrine comme pour monter la garde. Kyou eut un sourire glacial pour Suki mais son regard se fit plus perçant, ce qui envoya un avertissement dans le cœur de Shinbe. Il se déplaça pour aller se dresser à côté de Suki, augmentant l’efficacité du barrage empêchant son puissant frère de voir Kyoko, mais également dans le but de détourner son attention de Suki vers lui. Kamui se tint en silence derrière eux tous et commença à se déplacer pour aller les rejoindre mais Kaen, comme sorti de nulle part, se plaça devant lui comme un avertissement. Il fixa les flammes bondissantes avant de tourner son regard furieux vers le plus âgé de ses frères. Kyou était secrètement impressionné par le courage dont ils faisaient preuve face à lui… même si ça ne devait leur servir à rien. Une fois de plus, il ordonna à la prêtresse de le regarder. Kyoko se leva et contourna ses deux protecteurs volontaires afin de pouvoir voir Kyou. Suki attrapa son bras pour tenter de l’arrêter mais laissa retomber sa main lorsqu’elle entendit le grondement d’avertissement de Kyou. Kyoko regardait Kyou avec affection. À ses yeux, il était comme la plus angélique des créatures qu’elle ait jamais vue, flottant là avec sa chemise blanche soyeuse voletant autour de lui. Sa chevelure platine tournoyant dans le vent, donnant un air de sensualité à sa beauté sans égale. Et ses yeux d’or… mon Dieu, qu’elle l’aimait. Et ce fut ce que Kyou vit et entendit à travers ses pensées… de l’amour… et elle le lui offrait directement. Sa respiration sifflait alors qu’il inspirait, la regardant avec intensité, son regard s’assombrissant de désir. – Elle veut venir à moi, laissez-la. Kyou baissa les yeux vers Suki et Shinbe calmement. Le ton de sa voix était suffisant pour qu’ils comprennent qu’ils étaient en terrain délicat alors que son regard se détournait pour se poser sur la prêtresse qui le regardait avec adoration. Elle tendit les bras vers lui comme pour l’inviter à venir la prendre. Dans son esprit, endroit où seul Kyou pouvait l’entendre, elle murmura son nom comme par manque. Suki et Shinbe bondirent avant que le Seigneur gardien ne puisse le faire. Ils attrapèrent chacun un bras et le firent redescendre le long de son corps. Kyoko se retourna et les regarda tous les deux. Toujours avec une expression submergée d’amour comme le voulait le sort. Kyou fronça les sourcils et les regarda plus intensément. – De quel genre de sortilège est-elle prisonnière ? demanda-t-il d’une voix sévère. Shinbe le regarda méchamment. – Un Tenshi l’a embrassée juste avant que nous ne le détruisions. Il savait qu’il n’avait pas besoin d’en dire plus, car Kyou avait une connaissance bien plus approfondie concernant les démons et sortilèges qu’eux tous réunis. L’ombre d’un sourire murmura sur les lèvres de Kyou qui comprenait désormais. – Lâchez-la, ordonna-t-il d’un ton menaçant alors qu’il descendait plus près d’elle. Kyoko regarda Kyou approcher avec un sourire amoureux qui aurait fait fondre le cœur de la plus mauvaise des créatures démoniaques. Suki et Shinbe lâchèrent les mains de Kyoko et firent un pas en arrière, conscient de ne rien pouvoir contre lui. Il était bien trop puissant. Ils regardèrent horrifiés alors qu’il glissait la main derrière Kyoko et plaquait son corps contre le sien, s’élevant avec elle dans les airs où ils se mirent à flotter. Pendant un instant, elle eut conscience de la force dans la cuisse qui écartait ses jambes, ressentant la chaleur de sa peau à travers ses habits de soie. Kyoko l’enveloppa de ses bras, pressant son corps un peu plus fort contre le sien, elle aimait la sensation de sa jambe puissante entre les siennes. Kyou regarda ses lèvres s’écarter alors qu’elle se collait à lui. Il y avait une autre façon de décrire ce sort démoniaque, et il était certain que Shinbe le savait. Le sort l’avait mise en chaleur. Il répondit par une étreinte en l’entendant soupirer et il ressentit une secousse, comme un éclair incandescent traversant le milieu de son corps alors qu’il la regardait émerveillé. Personne ne l’avait jamais affecté ainsi… personne ne le ferait jamais. Il ne le permettrait jamais. Il toucha son visage fiévreux alors qu’elle se frottait contre lui, en quête de plus. Il était conscient qu’elle ignorait ce qu’elle faisait, car il connaissait la nature du sortilège qui l’affectait et qu’elle était innocente. Innocente ou non, sa passion deviendrait une force une fois libérée. Kyou savait qu’elle se rappellerait de tout ce qui était arrivé une fois le sort brisé alors il frotta sa cuisse contre elle, lui faisant ressentir la pression qu’elle recherchait. Il plaqua ses lèvres affamées contre les siennes dans un baiser mordant et exigeant. Il allait l’enflammer de désir… un désir qui survivrait au sortilège. Il sentit la petite main glisser dans sa chevelure, les doigts accrochés à lui. Les sensations que cela lui procura manquèrent de lui faire perdre le contrôle alors qu’il dévorait sa bouche et se balançait contre elle… lui faisant connaître le rythme auquel il la soumettrait un jour… Luttant pour regagner le contrôle, il se força à se rappeler qu’il ne voulait pas la prendre ainsi. Pas avec l’interférence du sortilège. Les autres furent pris d’un grand sursaut lorsque Toya bondit hors de la forêt et atterrit juste sous Kyou et Kyoko. Ses yeux étaient désormais rouge sang de colère alors qu’il voyait Kyou embrasser passionnément la fille qu’il aimait plus que la vie elle-même. Et cela le démangeait de le tuer pour ça. – Kyou ! Lâche Kyoko ! gronda Toya qui sentait son sang démoniaque remonter dangereusement à la surface. – Maintenant ! Kyou interrompit le baiser et son regard d’or tomba sur Toya avec peu d’empathie. – Vous êtes ceux qui avez laissé ceci lui arriver… n’est-ce pas ? Il se retourna à nouveau vers la fille, ses yeux le considéraient avec désir et ses lèvres étaient gonflées par les baisers. Ce n’était ni le moment, ni le lieu. Il pouvait sentir que le sortilège était en train de s’estomper et il savait qu’il n’y avait désormais plus aucun danger à la laisser avec les autres. Kyoko leva les sourcils face aux émotions indécryptables reflétées dans ses yeux dorés. Elle leva une main pour toucher doucement ses lèvres, elle se rappelait le baiser. Il balaya le bout de ses doigts de ses lèvres, puis il murmura dans un souffle chaud qui la fit frissonner, au creux de l’oreille, – Bientôt, Kyoko. Nous finirons ce que nous avons commencé. Je serais en toi. Il la laissa plantée là, qui le regardait alors qu’il scintillait avant de disparaître. Kyoko sentit quelqu’un arriver derrière elle et elle tenta de s’arracher à l’étreinte. Tournant la tête pour regarder, elle vit qu’il s’agissait de Toya. Il la tenait avec possessivité et elle s’appuya contre lui tout en continuant à regarder le ciel là où Kyou s’était évanoui. – Kyou, chuchota-t-elle avec regret. Elle sentit le corps de Toya tendu contre le sien et elle ferma les yeux dans une grande confusion. Sa poitrine était douloureuse. Plaçant la main sur le cœur, elle se sentit tomber et accueillit cela comme un soulagement face à la douleur lorsque son monde devint noir. Toya sentit Kyoko se ramollir contre lui mais il resserra son étreinte, mécontent d’avoir assisté à ce qu’il venait de voir. Puis, elle s’écroula dans ses bras. Il la rattrapa, la portant telle une mariée, il la ramena vers les autres. – Tenez, prenez-la. Sa voix rauque tremblait d’émotions lorsqu’il la confia à Shinbe, qui entrepris alors de l’étendre sur une couverture que Kamui avait étendue pour elle. Shinbe se retourna afin de voir que Toya leur tournait désormais le dos. C’était en quelques sortes humiliant de voir son frère montrer son véritable cœur pour la première fois. Toya soupira avec ce sentiment déprimant qui lui retournait l’estomac. – Shinbe, se souviendra-t-elle de quoi que ce soit ? Il se tourna aux trois-quarts pour regarder Shinbe par dessus son épaule puis tressaillit lorsque son frère hocha la tête après une hésitation. Shinbe savait parfaitement que ce n’était pas ce que Toya avait espéré entendre mais il fallait le préparer à la réalité. – Tout, elle se souviendra de tout. Il eut de la peine pour Toya en voyant les épaules de son frère s'affaisser en signe de défaite. – Que comptes-tu faire ? demanda Shinbe, sachant que Kyoko ne serait pas contente en apprenant ce qui s’était passé. Il n’aurait vraiment pas aimé être dans la peau de Toya lorsque Kyoko finirait par comprendre ce qui avait failli arriver. Shinbe toucha sa joue toute douce, se demandant secrètement ce que cela ferait de l’embrasser comme ça. Son regard améthyste s’adoucit. Même lui, était secrètement amoureux d’elle… mais hélas, cela n’était pas écrit. Toya n’avait pas la moindre idée de ce qu’il allait bien pouvoir faire mais se cacher n’était pas une option. Il s’assit auprès de Kyoko, lançant à Shinbe un regard en guise d’avertissement qui le poussa à rapidement retirer la main intruse de sa joue. C’était déjà bien assez mal qu’il se sente sur le point de sursauter sans arrêt, assis là… en attendant qu’elle se réveille. Ses doigts se mirent à tressauter… – Shinbe dans combien de temps va-t-elle se réveiller ? Shinbe leva un sourcil en se déplaçant pour aller s’asseoir entre Suki et Kamui. – Pourquoi ne la réveilles-tu donc pas maintenant. C’est uniquement ça qu’il faudrait. Avant d’y avoir réfléchit, Toya se pencha et secoua doucement son épaule. –Kyoko, murmura-t-il, puis il ôta rapidement sa main lorsque ses sombres cils se mirent à s’agiter. – Tu te sens mieux maintenant ? demanda-t-il calmement. Elle ouvrit grand les yeux alors que Toya retenait son souffle. – Je vais bien, murmura Kyoko. Elle grimaça ensuite car c'était ce qu'elle avait dit la dernière fois qu'elle s'était réveillée. Là aussi, cela avait été un mensonge. Se refusant à regarder Toya, son regard passa de Suki à Shinbe et elle sentit son visage changer rapidement de couleur. Elle eut l'impression qu'elle allait mourir tant elle était mortifiée. Kyoko referma rapidement les yeux et ramena les genoux près de sa poitrine, les enveloppant de ses bras, et elle dissimula son visage. – Je suis désolée, les gars, je suis vraiment désolée, marmonna-t-elle sans relever la tête. Toya se rapprocha, posant la main sur son épaule pour la réconforter. Lorsqu'elle tressaillit, il l'enleva rapidement, la laissant retomber le long de son corps, le poing serré. La douleur du rejet éclata dans ses yeux dorés alors qu'il regardait vers les autres. – ça va, Kyoko. Rien de tout ceci n'était de ta faute. C'était celle d'Hyakuhei. Cet enfoiré. Ces paroles furent murmurées dans le calme mais c'était le calme précédent la tempête et ce fut clair pour tous. Toya se leva et baissa les yeux vers le rideau de cheveux qui la dissimulait à lui. Sans un mot de plus, il se détourna une fois de plus et se dirigea vers le dense feuillage de la forêt. Kyoko aurait voulu qu'un trou apparaisse afin qu'elle puisse s'y laisser tomber, qu'elle y reste afin que personne ne la trouve plus jamais. Comment allait-elle pouvoir leur faire face à présent ? Puis, elle s'écria à haute voix : – Oh mon Dieu, je veux rentrer chez moi. Suki se leva, elle voulait apaiser la souffrance de son amie. – Kaen et moi pouvons te ramener à la statue de la jeune fille, si c'est là ce que tu souhaites. Suki se rapprocha d'elle alors que Kaen sortait de l'ombre ayant déjà repris sa forme de dragon. Elle monta dessus et tendit la main vers Kyoko. – Allons-y. Kyoko se leva lentement, incapable de regarder quiconque et murmura d'un air coupable : – Je reviendrais dans quelques jours. Elle couru vers Kaen et ils s'envolèrent vers l'autel du cœur du temps et vers le chemin de la maison. Toya pénétra à nouveau dans la clairière et regarda Kaen disparaître à l'horizon. Il ne voulait pas qu'elle rentre chez elle. Il sentit son cœur sombrer un peu. Et si elle ne revenait pas ? Pivotant sur ses talons, Toya partit en courant, espérant arriver avant elle au portail du temps qui devait l'enlever à son monde à lui. ***** Sur le chemin la ramenant à la statue de la jeune fille, Kyoko ne dit rien alors Suki tenta de lui tirer les vers du nez. – Kyoko, à ta place je ne m’inquiéterai vraiment de rien. Nous savons tous que c'était le sortilège et non toi. Donc ce n'est vraiment pas aussi grave que tu le penses. Suki se retourna pour la regarder, lui souriant. Kyoko fit un maigre effort pour lui rendre son sourire mais ne fit pas la conversation. Elle était trop occupée à souffrir mille morts chaque fois qu'elle repensait à ce qu'elle avait fait, en particulier à la façon dont elle avait embrassé Toya et Kyou. Kyoko se recouvrit le visage de ses mains, souhaitant à nouveau pouvoir se cacher. Elle voulait seulement rentrer chez elle et ramper aussi loin que possible sous les couvertures et y rester pendant un moment. Elle se rappela la sensation du baiser avec Kyou et soupira. Qu'est-ce qu'il doit penser ? elle ne pouvait blâmer ni l'un ni l'autre car elle s'était pratiquement jetée à leurs têtes. Elle fut également perplexe par rapport à la réaction de Toya. Il lui avait rendu son baiser… non… il avait fait plus que cela. Elle tressaillit en se rappelant la sensation de sa dureté sous elle. Kyoko secoua la tête. Si elle devait en choisir un là tout de suite, elle aurait choisit Kotaro. Au moins, elle ne s'était pas jetée sur lui ! Pressant son front contre le dos de Suki, elle eut conscience d'avoir pris plaisir à se faire embrasser par Toya, et oui, par Kyou également. Mais qu'est-ce qu'ils devaient penser d'elle à présent. Kyoko baissa les yeux alors que le sol devenait flou sous eux. Cela faisait un moment qu'ils avaient pris leur envol et ils se rapprochaient du Cœur du Temps. – Suki, peux tu me laisser ici ? J'aimerai faire le reste du chemin en marchant, seule. Suki tapota Kaen et il descendit un peu plus avant de se poser. Kyoko se laissa glisser au sol et Suki fit de même. – Es-tu certaine de ne pas vouloir que nous marchions avec toi ? demanda Suki, inquiète. Kyoko secoua la tête puis fit un pas en avant et serra Suki dans ses bras. – J'ai mon arbalète si quoi que ce soit arrive et ce n'est pas trop loin. Je reviendrais dans quelques jours. Dis-le aux autres de ma part. Je ramènerais quelque chose de bon à manger pour tout le monde. Kyoko tenta de sourire mais le coin de ses lèvres refusait de coopérer alors elle laissa tomber. Se retournant, elle commença à marcher dans la direction qui menait à la statue de la jeune fille… et à la porte de sortie de ce monde. Elle se détendit quelque peu lorsqu'elle entendit Kaen reprendre son vol, la laissant à la solitude dont elle avait besoin. Plus Kyoko marchait, plus elle se sentait redevenir elle-même et au lieu d'avoir honte… elle commença à être furieuse. Furieuse, pas tant envers elle même qu'envers Toya et Kyou pour avoir profité d'elle alors qu'ils savaient tous deux qu'elle était sous l'emprise d'un sort. – C'en est assez, la prochaine personne qui tente de m'embrasser va se faire frapper et j'en ai rien à foutre de savoir qui ce sera ! Je n'ai pas de petit-ami, et en ce moment, je n'en veut certainement pas ! Voilà, ayant dit cela à haute voix, elle se sentit bien mieux. Elle rentrerait chez elle et se détendrait pendant quelques jours et elle reviendrait comme neuve. Kyoko décida qu'elle serait heureuse de botter le derrière d'Hyakuhei d'un bout à l'autre de cette terre à son retour. C'était le moins qu'elle lui devait. ***** Toya se posa dans la clairière, espérant rattraper Kyoko avant qu'elle ne retourne chez elle. Ses ailes argentées scintillèrent avant de disparaître sans laisser de trace. Son cœur commença à battre avec nervosité au moment ou il détecta son parfum qui se rapprochait. Planté là avec détermination, il la regarda pénétrer dans la clairière. Elle n'avait pas encore levé les yeux alors il se contenta de rester debout là… entre elle et son seul passage vers chez elle. Kyoko avait déjà parcouru la presque totalité de la distance la séparant de lui avant de lever les yeux, s'arrêtant net en le voyant. – Toya, parvint-elle à dire avant de baisser à nouveau les yeux. Elle n'était pas d'humeur à lui parler pour l'instant. Pas avec ces étranges sentiments si vifs à son esprit. Ce sortilège l'avait mise en chaleur, à défaut d'une expression plus parlante, et même si le sort était levé, elle ressentait encore la chaleur. Merde; elle prend ça trop au sérieux. Il sut qu'il lui fallait faire quelque chose afin d'alléger la tension avant que ça ne lui explose en pleine figure. – Écoute, Kyoko, tu n'es pas obligée d'aller à la maison tout de suite, pas alors que nous sommes si proches de retrouver Hyakuhei. Ne laisse pas une petite chose comme un baiser se mettre en travers de notre route. Voilà, il l'avait dit. Ce n'était pas si grave et elle devrait juste reprendre la route à ses côtés… là ou était sa place. Ouais, ce serait pour le mieux. Il commença à s'agiter lorsqu'il remarqua qu'elle s était arrêtée juste devant lui. Kyoko avait entendu ses paroles. Ne laisse pas une petite chose comme un baiser se mettre en travers de notre route ? Elle gronda intérieurement. Alors pour lui ça n'avait aucune importance, c'était ça ? Il croyait qu'il pouvait faire ça n'importe quand et qu'elle n'était pas supposée y prêter une quelconque attention ? Ah ! Sa colère avait refait surface et à présent elle avait une cible vers laquelle elle pouvait la diriger. – Toya, dit-elle de la voix la plus douce qu'il lui était possible de prendre. – Oui, Kyoko ? Toya devait se forcer pour ne pas faire un pas en arrière en dépit de son instinct lui indiquant qu'il fallait foutre le camp. Kyoko se pencha vers lui comme pour lui dire doucement quelque chose à l'oreille et il se pencha également pour mieux pouvoir l'entendre. Kyoko sourit. – NON ! Toya ne pouvait résister à l'attraction du sortilège de Soumission et son corps se fit plus lourd et il tomba au sol. Il tenta instantanément de se relever mais elle était debout là, étendant le sortilège jusqu'à ce qu'il ait l'impression d'être sur le point de se briser le dos en résistant. – Pour l'amour de Dieu, je t'en prie, arrête ! hurla Toya. Kyoko tapa du pied mais ne répéta pas la formule. Elle se mordait la langue pour s'empêcher de le faire. Puis elle lâcha tout, mais ce qui sortit de sa bouche ne fut pas le sortilège qui contraint. Ce fut la totalité des sentiments qu'elle ressentait à ce moment là. – Comment as-tu pu, Toya ? Kyou, je peux encore comprendre qu'il m’ait embrassée ainsi, mais toi ? Tu étais supposé me protéger ! Cela implique mes sentiments également ! Tu n'aurais pas dû me faire ça ! Pas alors que tu savais que je ne pouvais pas résister ! La dernière chose que tu aurais dû faire c'est m'embrasser… comme ça ! Toya sentit l'emprise du sortilège se dissiper et il lutta pour se relever du sol. – Kyoko, laisse moi t'expliquer. – Non ! hurla Kyoko. – Je peux régler ce problème. Je n'ai pas de petit-ami en ce monde et je n'en veux pas ! Si je devais avoir un petit-ami, ce serait quelqu'un de mon propre monde. Et ne me suis pas ! Je reviendrais dans quelques jours et lorsque je reviendrais, je ne veux entendre personne reparler de ceci ! C'est compris ? Ce n'est JAMAIS ARRIVÉ ! hurla-t-elle sur la fin au moment même où elle touchait les mains de la statue avant de disparaître. Le temps que Toya se relève, il était en rage. – Putain de merde ! Elle ne l'avait pas laissé en placer une. Elle ne lui avait pas laissé l'opportunité de lui dire qu'il ne voulait pas qu'elle rentre chez elle ou qu'il voulait qu'elle soit sienne ou quoi que ce soit. Alors, elle ne voulait pas un petit-ami dans ce monde. Les sourcils de Toya se mirent à tressaillir. – Qu'avait-elle voulu dire par là ? Elle ne voulait pas de petit-ami dans ce monde… qu'elle en trouverait un dans son propre monde ? Il se retourna pour regarder la statue de la jeune fille, hurlant à pleins poumons : –Tu voulais dire quoi par là, Kyoko ? Reviens ici tout de suite, merde ! Toya poussa un soupir, sachant qu'elle ne pouvait plus l'entendre là où elle se trouvait. Ça ne lui était jamais venu à l'esprit que quelqu'un de son monde puisse la faire sienne. Il eut froid dans le dos rien que d'y penser. Non, elle ne bluffait pas. Elle devait bluffer, et si ce n'était pas le cas, il savait comment résoudre le problème. Il suffirait qu'il se débarrasse du gars. Non, car alors Kyoko le haïrait à vie. Elle ne lui pardonnerait jamais si il faisait du mal à un humain. – Un humain ne pourrait jamais te protéger, gronda Toya, frustré puis il ressentit une présence et regarda vers la statue de la jeune-fille. La forme calme de Kyou se matérialisa dans la clairière devant lui. Merde ! Il ne manquait plus que ça, il en avait besoin autant que d'un trou dans la tête. – La prêtresse t'a fui et est retournée dans son monde. Dans son ton sans émotion il y avait plus une affirmation qu'une question. – Ce n'est pas ton affaire Kyou, alors pourquoi ne pas aller embrasser une autre fille et laisser Kyoko tranquille. Bien qu'ils soient frères, tous deux gardiens de Kyoko et du cristal du gardien, Toya ne lui faisait toujours pas confiance… surtout avec Kyoko. – Kyoko est à moi, compris ? Laisse-la tranquille. – Elle est à toi, dis-tu ? Le ton de Kyou était presque ennuyé. – Elle est pure et n'a pas de partenaire. Elle n'est pas à toi. Le vent commença à souffler dans la clairière et Kyou disparut avec lui, laissant Toya immobile alors qu'il observait l'une des plumes dorées de Kyou atterrir dans les mains tendues de la statue, puis disparaître. Toya s'appuya contre la paroi de la statue de la jeune fille et la glissa lentement jusqu'à ce qu'il soit assis… en train d'attendre. Les minutes se transformèrent en heures et Toya cligna des yeux vers le ciel. Quand le soleil s'est-il couché ? Il savait que les autres étaient sur leur chemin. Il pouvait sentir leur odeur entrer dans la brise. Il est juste resté là, attendant qu'ils se montrent. Suki poussa Shinbe dans la clairière en murmurant : –Va lui parler Shinbe. Peut-être que ça va aider. On va faire partir de notre côté et installer le campement, d'accord ? Elle lui donna une autre poussade en avant. Shinbe savait que Toya n'était probablement pas de bonne humeur. Il ne l’avait jamais été lorsque Kyoko été retournée à son époque mais il ferait n'importe quoi pour Kyoko et Suki. À l'heure actuelle, l'un d'entre eux voulait qu'il sache ce qui se passait et s'il pouvait dire quelque chose qui pourrait aider. Prenant un souffle profond, il s' approcha tranquillement, espérant secrètement que Toya était endormi. – Qu'est-ce que tu veux Shinbe ? Dit Toya, effrayant le gardien d'améthyste. Shinbe se dirigea vers Toya et s'assit à côté de lui. – Alors, elle est toujours en colère ? Toya regarda lentement Shinbe. – Qu'est-ce qui vous a donné cette idée ? Shinbe a pointé avec son personnel le trou en forme de Toya. – Et bien, c'est un nouveau, n'est-ce pas ? Il ne put s'empêcher de sourire à sa propre blague. Toya le regarda et son frère cessa de sourire. Shinbe soupira. – As-tu eu l'occasion de lui parler ? Toya haussa les épaules. – Elle ne me laissait rien dire. Elle était trop en colère pour écouter. Maintenant elle est partie et j'ai un mauvais pressentiment. Nous avons besoin d'elle ici. Dans son esprit, il ajouta silencieusement : J'ai besoin d'elle ici. Shinbe acquiesça. – Peut-être que ça aiderait si tu allais juste la surveiller. Après tout, tu es le seul d'entre nous à pouvoir le faire. Et la prochaine fois, n'essaie pas d'expliquer les choses. Dis simplement que tu es désolé, d'accord ? Il se leva et s'éloigna de quelques pas avant de s'arrêter et d'ajouter : – Si elle te donne une chance de t’expliquer, assures-toi de lui dire que tu l’aimes. Après tout… elle ne lit pas dans les esprits. Toya attendit que Shinbe soit bien hors de vue avant de se lever et de pousser un soupir pour calmer ses nerfs. Regardant le visage de la statue de la jeune fille, il se demanda secrètement si le sosie de Kyoko du passé était aussi difficile à gérer que sa descendante. Pour découvrir ce secret, il devait demander à Hyakuhei et c'était hors de question. Atteignant les mains de la jeune fille, il disparut dans la lumière bleue envahissante. Sauter à travers la barrière du temps lui fichait toujours les chocottes. Cela lui rappelait la noyade… mais sans eau. Les autres gardiens étaient souvent convaincus qu'il était le seul à pouvoir le faire, mais Toya était parvenu à sa propre conclusion à ce sujet… le sortilège de Domptage. Ce qui juste est juste. Il était la seule personne que Kyoko pouvait utiliser avec le sort, il était donc le seul à pouvoir la pourchasser dans son monde et à la ramener de force. Qu'est-ce que je fais ? Elle va juste utiliser ce maudit sort si elle me surprend à la suivre. Toya monta le petit escalier et sortit de la maison du sanctuaire qui se trouvait dans l'arrière-cour de Kyoko. Il n'avait jamais été très doué pour écouter cette petite voix dans sa tête, alors pourquoi commencer maintenant. La nuit était calme et fraîche, aidant à le calmer pour la confrontation. Levant les yeux vers la maison de Kyoko et ne voyant aucune des lumières normales, il décida de faire le tour de chez elle jusqu'à ce qu'il voie la fenêtre de sa chambre. Ce n'était pas la première fois qu'il choisissait cette entrée. En outre, ce serait bien sa chance de tomber sur ce monstre de grand-père qu'elle avait. En grimpant rapidement dans l'arbre à l'extérieur de la chambre de Kyoko, Toya sourit lorsqu'il remarqua que la fenêtre était légèrement entrouverte et que sa lumière était éteinte. Il posa ses mains sur la fenêtre et l'ouvrit doucement, frémissant quand elle émit un léger craquement. En montant dans sa chambre, Toya se glissa dans son lit. Elle était à moitié couverte, avec sa petite main recourbée sous son menton, couchée sur le côté, ses cheveux roux se déployant autour d'elle sur l'oreiller blanc. Il s'assit lentement sur le bord du lit et se pencha sur elle, la regardant respirer. Il aimait la regarder dormir. En tant que gardien, il ne dormait pas autant qu'un être humain, il avait donc de nombreuses occasions de la regarder et de la regarder à son insu. Les pensées de Toya revinrent au baiser … aux deux baisers. De la manière dont il l'avait vu, il était toujours lui-même, même lorsque son côté démoniaque prenait le dessus… les deux aspects faisaient partie de lui. Et même si elle était sous ce charme d'amour… c'était toujours elle. En plus… c'était juste un baiser. Ses yeux dorés étincelèrent d'argent au souvenir du baiser passionné, le faisant tressaillir lorsque la faim le reprit. N'a-t-elle pas compris qu'il ne pourrait jamais la rejeter, pas quand ce qu'elle voulait de lui était un baiser ? Ce qui l’attristait réellement, c’était qu'aucun baiser n’avait été réel. Il grogna intérieurement en essayant de chasser ce fait de ses pensées. Pour lui, c'était réel. Lorsque les premières lueurs du jour se levèrent, Toya remonta par la fenêtre et s'assit sur une branche de l'arbre… attendant. Kyoko se réveilla en s'étirant et ouvrit les yeux. Elle senti immédiatement que quelque chose n'allait pas. Assise et balayant sa chambre du regard, elle fronça les sourcils en sentant le point chaud sous sa main. Elle remarqua aussitôt l'empreinte où quelqu'un avait été… à côté d'elle. Elle ne pouvait retenir le petit sourire qui ornait ses lèvres. Toya avait été là avec elle. Chapitre 5 «Inattendu» Kyoko s'habilla à la hâte pour l'école. Puisqu'elle était de retour, elle allait assurément y aller aujourd'hui. Elle avait déjà tellement manqué et ses amis de ce monde lui avaient également manqué. En brossant ses cheveux auburn jusqu'à ce qu'ils brillent, Kyoko se promit de ne pas penser à ce qui se passerait dans l'autre monde et de simplement profiter de la journée pour ce qu'elle était… une journée normale. Remettant la brosse dans la coiffeuse, elle descendit et entra dans la salle à manger. Papi leva les yeux avec surprise. – Kyoko, tu es chez toi ? Vas-tu à l'école aujourd'hui ? J'ai déjà pensé à une bonne excuse si tu en as besoin. Il lui sourit. La famille s'était habituée au fait que Kyoko était la prêtresse dont leurs ancêtres avaient parlé il y a si longtemps. Le premier sanctuaire derrière la maison appartenait à leur famille aussi loin qu'on s'en souvienne , et ils avaient gardé le secret. Kyoko gémit. – Merci grand-père, mais je veux y aller, alors garde-la pour la prochaine fois, d'accord ? Elle savait que son grand-père essayait seulement d'aider, mais certaines des maladies qu'il avait inventées pour tromper son école et ses amis relevaient vraiment de l'abus. Tama sourit en sachant que leur grand-père était souvent source d'embarras pour Kyoko lorsqu'il lui fallait se montrer à l'école, en particulier après qu'il aie déclaré qu'elle souffrait d'une maladie contagieuse inconnue. Tama a toussé dans sa main pour cacher son rire puis a saisi un morceau de pain grillé de la plaque et s'est dirigé vers la porte. – Je suppose que tu devras juste garder l'idée d'une grossesse pour la prochaine fois, Papi. Ses jambes manquèrent de lui faire défaut face au regard de Kyoko et de son grand-père. Changeant rapidement de sujet, Tama se mit à reculer. – Sœurette, tu pourrais te dépêcher si tu ne veux plus être en retard à nouveau. Il lui fit signe alors qu'il sortait en courant. Après avoir passé quelques minutes à rattraper son retard, Kyoko embrassa la joue de sa mère puis se dirigea vers la porte. La journée était déjà parfaite, ni trop froide ni trop chaude alors qu'elle gravissait lentement la route en direction de l'école. La brise se sentait bien sur son visage et c'était une belle pause de ne pas avoir à rester vigilant au cas où des démons se cachent au coin de la rue. C'est l'une des raisons pour lesquelles elle est toujours retournée sur le portail de temps. Afin de garder ce monde en sécurité et exempt de démons, elle devait trouver le reste du cristal et le ramener à ce côté du portail du temps avant que tout l'enfer se déchaîne… littéralement. Elle n'était pas très loin dans la rue lorsque ses amis apparurent. Ils arrêtèrent de marcher en attendant qu'elle les rejoigne. Kyoko accéléra le pas pour les rattraper en souriant. Être normal n'avait jamais été aussi bon qu'en ce jour. Toya regarda Kyoko quitter sa maison et, par curiosité, il l'avait suivie, avec l'intention de partir une fois qu'il aurait su qu'elle était en sécurité à l'école. Il regarda plusieurs filles lui faire signe et elle les rattrapa, semblant parler toutes à la fois. Toya passa entre les arbres sans se faire remarquer pour pouvoir entendre ce qu'elles disaient. Une des filles dit à Kyoko que quelqu'un lui avait posé des questions à son sujet. La tête de Toya se tourna brusquement lorsqu'il entendit un gars appeler le nom de Kyoko et courir pour les rattraper. Toya se crispa quand le gars tendit la main à Kyoko. Elle lui sourit en hochant la tête, puis elle posa ses livres dans ses bras tendus. – Merci Tasuki. Kyoko rougit. Il avait toujours voulu porter ses livres comme s'ils étaient trop lourds pour elle et après qu'elle ait refusé tant de fois par le passé, elle avait finalement cédé, réalisant qu'il ne ferait que demander jusqu'à ce qu'il obtienne une réponse positive. Il était très persistant mais pas envahissant et elle aimait ça chez lui. Toya regarda Tasuki avec des yeux froids et perçants. Il n'aimait pas le fait que le garçon marchait si près de Kyoko ni la façon dont il la regardait. Il pouvait dire que Tasuki la voulait et ça l'énervait encore plus quand Kyoko lui sourit comme s'ils étaient plus que des amis. Les autres filles les avaient distancé, laissant Tasuki et Kyoko en privé. Toya se rapprocha pour essayer d'entendre ce qui se disait. Utilisant son ouïe de gardien, il saisit chaque mot. Tasuki baissa les yeux sur Kyoko alors qu'ils marchaient. Elle était la plus belle fille qu'il ait jamais rencontrée et il avait le béguin pour elle depuis le premier jour où ils s'étaient rencontrés. C'était la première année, mais il avait pris sa décision même à ce moment-là. Il espérait seulement qu'un jour elle ressentirait la même chose pour lui. Il savait qu'elle n'était pas malade, comme sa famille avait toujours fait croire à l'école, mais il n'en laissa rien paraître. – Kyoko, tu veux sortir ce soir? Je veux dire… Tasuki passa les livres d'un bras à l'autre d'un geste nerveux. – Je ne parviens presque plus jamais à te voir. Ses yeux doux rencontrèrent les siens, pleins d'espoir. Kyoko n'était pas sûre de savoir si c'était une bonne idée d'accepter un rendez-vous avec tout ce qui s'était passé récemment dans l'autre monde. Pourtant… lui au moins était normal et de son monde. Il avait l'air si mignon en la regardant avec ces yeux là. Comment pouvait-elle lui dire non ? – D'accord, est-ce que tu peux me rencontrer chez moi ce soir vers sept heures ? Elle lui adressa un sourire désarmant. Tasuki rayonna, il venait d'obtenir ce qu'il voulait, en fin de compte. – Ce sera avec plaisir. Il lui prit innocemment la main alors qu'ils marchaient un peu plus vite pour rattraper les autres. Toya bouillonnait de colère après avoir entendu ce type demander un rencart à Kyoko et l’avoir entendu dire oui. Son regard aurait pu brûler un trou dans le dos du garçon alors qu'ils disparaissaient sur la route. – Elle ne sortira pas avec lui, ni maintenant ni jamais. grogna-t-il. Pas si j'ai mon mot à dire. ***** Kyoko avait réussi à passer la journée d'école sans trop déconner. Elle avait même obtenu une bonne note au contrôle de maths, ce qui était super, car elle avait à peine eut le temps d'étudier. Passer d'un monde à un autre comme elle l'a fait, c'était étonnant qu'ils ne l'aient pas déjà renvoyée de l'école. C'était un soulagement ment que son plus gros problème soit de savoir ce qu'elle allait porter et où Tasuki allait l'emmener. Cela l'empêchait de se préoccuper de la lutte contre les démons. Elle entra chez elle, encore perdue dans ses pensées, faisant des signes à sa mère et à son grand-père alors qu'elle passait près de la cuisine en direction de sa chambre. Jetant un coup d'œil dans le miroir, elle secoua la tête devant l'uniforme qu'elle portait et ouvrit la porte de son placard pour regarder les vêtements qu'elle avait suspendus. Kyoko secoua les épaules pour se défaire de sa chemise, prête à essayer quelques tenues pour voir laquelle serait la meilleure. Alors qu'elle cherchait une jolie chemise rose, elle entendit un bruit. Fermant la porte du placard pour pouvoir regarder vers la fenêtre d'où venait le bruit, Kyoko sursauta et porta la chemise à sa poitrine. Toya se tenait là, juste devant la fenêtre. Il se tenait là, les bras croisés, dans son attitude agitée normale, mais son regard était fixe… trop fixe. Finalement, Toya brisa le silence. – Kyoko, nous devons y aller. Il fit un pas en avant et tendit la main vers elle mais elle recula d'un pas en secouant la tête. – Non, je ne suis pas encore prête à y retourner. Et il faut que tu quittes ma chambre, Toya. Elle serra la chemise contre sa poitrine, sentant la chaleur lui monter aux joues. Après tout ce qui s'était passé dernièrement, se sentir exposée était la dernière chose dont elle avait besoin maintenant. Toya laissa sa main retomber sur son flanc. – Pourquoi ne peux-tu pas revenir maintenant ? – Tout le monde t'attend. Il posa la question d'une voix calme mais Kyoko comprit qu'il y avait une signification sous-jacente. – Je veux rester ici un autre jour, dit-elle en regardant ailleurs, incapable d'affronter son regard. Elle hoqueta quand Toya fut soudainement à quelques centimètres d'elle. – Quels projets plus importants que de trouver les talismans, de les reconstituer et d'empêcher Hyakuhei d'amener des démons ici, pourrais-tu avoir ? Demanda-t-il alors qu'il se rapprochait encore plus, la faisant reculer de nouveau. Ses yeux avaient une expression dangereuse mais Kyoko pouvait également détecter quelque chose d'autre caché là. Il était trop proche… plus grand que nature. Son regard se posa sur ses lèvres seulement pour revenir aux étincelles d'argent qui se brisaient maintenant dans ses iris dorés. Était-ce son imagination ou se rapprochait-il encore ? Oh non ! Elle n'était pas sur le point de le laisser se moquer d'elle à nouveau. – Toya, sors ! La voix de Kyoko commença à s'élever et les yeux de Toya commencèrent à se rétrécir. – Sors maintenant et ne reviens pas à moins d'y être invité ! Cria-t-elle en montrant la fenêtre. Toya s'avança vers elle alors que Kyoko reculait, cette fois contre le mur. – Pourquoi ne peux-tu pas me dire pourquoi tu ne veux pas revenir tout de suite, Kyoko ? Qu'est-ce qui est si important que tu sois prête à abandonner tout le monde ? Kyoko fixa des yeux le regard doré, leurs visages maintenant à un cheveu l'un de l'autre. Il planta une paume contre le mur pour la piéger alors qu'il se penchait en avant. Kyoko se mordit la lèvre inférieure. Que se passe-t-il ? Toya n'avait jamais agi de la sorte auparavant. À ce moment précis, elle le surpris en train de regarder ses lèvres avec un regard déterminé et elle oublia soudainement comment respirer. Il ne voulait pas qu'elle reste de ce côté du cœur du temps. Il voulait qu'elle le choisisse au lieu de ce stupide Tasuki mais jusque là, elle n'était pas disposée à le faire. Il la repoussa contre le mur, atteignant l'endroit où elle ne pouvait pas l'éviter. C'était très simple… Il ne voulait pas qu'elle sorte avec Tasuki. Son regard se posa sur ses lèvres, lui rappelant le baiser qu'elle lui avait donné sous le charme du sortilège. Il se demanda si elle l'embrasserait comme ça sans l'influence d'un sort. Sans réfléchir aux conséquences, Toya baissa la tête et captura ses lèvres d'un baiser affamé, essayant de lui montrer qu'il ne voulait pas qu'elle reste ici, mais qu'elle revienne avec lui. Comme il ne semblait pas pouvoir lui dire avec des mots, il appuya son corps contre le sien, la faisant haleter. Toya saisit l'occasion et approfondit le baiser déjà impérieux, goûtant la douceur qu'il savait être là. Son corps semblait en feu alors qu'il cherchait tous les endroits cachés qu'il pourrait trouver. Le besoin soudain de pénétrer avec force son corps se révéla dans son sang gardien, essayant de dominer son esprit. En pressant sa cuisse entre ses jambes, son corps se balança avec le baiser, établissant un rythme à couper le souffle. Des sensations résonnaient dans tout le corps de Kyoko et elle savait qu'elle devait arrêter ça… tout de suite, sinon les choses iraient trop loin. Elle poussa de toutes ses forces contre son torse en espérant qu'il ne se battrait pas avec elle cette fois-ci. La relâchant avec un grognement, Toya recula, respirant fort et luttant contre sa perte de contrôle. – Kyoko, je veux juste que tu reviennes avec moi. Ses mots doucement prononcés étaient emplis de la douleur du rejet. Sa frange s'était effondrée devant ses yeux comme celle d'un enfant, dissimulant toute son émotion. Elle se glissa derrière la porte de son placard et attrapa une chemise qu'elle enfila rapidement. Quand elle refit surface, Toya avait disparu. Kyoko soupira puis sursauta lorsqu'elle entendit sa mère frapper à la porte de sa chambre. – Kyoko, Tasuki est là. Je lui ai dit d'attendre que tu serais là dans un moment, d'accord ? La douce voix de sa mère l'atteignit. Kyoko jeta un dernier regard à la fenêtre puis au miroir. En se levant, elle posa ses doigts sur ses lèvres, sentant toujours les picotements provoqués par un baiser si chaud. Avec un soupir vaincu, elle ferma la porte du placard et descendit. Ne trouvant pas Tasuki dans la maison, elle se dirigea vers la porte et le trouva à l'extérieur. Toya regarda Tasuki et Kyoko se faire la bise. Toujours dans l'arbre, il tendit la main… attrapa une brindille de bonne taille et la jeta vers Tasuki, le frappant à l'arrière de la tête. – Aïe, Tasuki fit un mouvement brusque puis toucha l'arrière de sa tête, regardant autour de lui avec confusion. Ne trouvant plus d'autres d'objets volants, il jeta un coup d'œil à Kyoko. – Es-tu prête ? Je pensais que nous pouvions voir un film puis prendre quelque chose à manger. Kyoko hocha la tête et lui prit la main, l'éloignant de la maison avant que Toya ne décide de lancer quelque chose qui pourrait réellement blesser son ami. ***** Plus tard dans la soirée, Tasuki a raccompagné Kyoko chez elle. Ils rigolaient et passaient un bon moment quand ils se sont rendus chez elle. – Tasuki, je n'ai pas assez de mots pour te remercier. J'ai passé un merveilleux moment aujourd'hui. Elle lui sourit, voyant à quel point il était heureux. Elle s'était vraiment amusée. Tasuki se rapprocha d'elle, réduisant la distance jusqu'à ce qu'ils se touchent presque à chaque respiration. – Kyoko, puis-je t'embrasser pour te souhaiter bonne nuit ? Demanda-t-il d'une voix douce, sachant qu'elle allait disparaître à nouveau. Kyoko jeta un coup d'œil prudent, espérant que personne ne l'observait. Elle hocha la tête à l'attention de Tasuki en se disant : Pourquoi pas… tout le monde m'a embrassé, pourquoi ne pas laisser Tasuki puisqu'il était le plus gentil d'entre eux ? Elle leva la tête vers lui et ferma les yeux. Sentant ses lèvres glisser sur sa joue dans un baiser innocent, elle ouvrit rapidement les yeux pour le voir rougir alors qu'il la remerciait et se tournait pour partir. Kyoko resta là à réfléchir à la façon dont les choses se déroulaient de manière surprenante. La personne à qui elle avait donné la permission de l'embrasser ne lui avait même pas donné un vrai baiser. Elle pouffa de rire en se retournant pour rentrer dans la maison. Elle se sentait mieux à propos de tout ce qui s'était passé ces deux derniers jours. Elle eu même l’impression de pouvoir à nouveau faire face au groupe, elle commença donc à préparer un sac à emporter. Elle avait promis à Suki de leur rapporter des friandises. En plus, Toya avait raison. Elle ne devrait pas être égoïste au point de les faire tous l'attendre. Elle fourra dans le sac tout ce qu'il pouvait contenir et écrivit une note disant à sa famille qu'elle était retournée dans l'autre monde et qu'elle en reviendrait dès qu'elle le pourrait. Ils comprendraient… ils l'avaient toujours fait. ***** Après avoir embrassé Kyoko, Toya était retourné au camp où les autres attendaient, décidant qu'il ne s'inquiéterait plus. Il n'allait pas laisser le fait qu'elle soit avec cette personne, ce Tasuki, le déranger. Il n'en avait rien à foutre. Il faisait les cent pas devant le feu qu'ils avaient allumé pour la nuit. Kamui regarda Toya avec prudence, se frottant toujours la tête là où Toya l'avait frappé quelques instants auparavant. Tout ce qu'il avait fait était de demander si Kyoko allait bien… Toya n'avait pas à le frapper. Suki jeta un coup d'œil à Shinbe et haussa les épaules alors que Shinbe rassemblait le courage de demander : – Toya, est-ce qu'elle a dit quand elle reviendrait ? Toya se tourna et plissa les yeux vers Shinbe. – Comment diable pourrais-je le savoir ? Elle ne me parle pas exactement en ce moment et, en ce qui me concerne, je me fiche de ce qu'elle fait. Il continua à faire les cent pas. Shinbe sourit. – Ouais, on peut dire que ça ne te dérange pas, vu la façon dont tu traces un sentier dans le camp à force de piétiner sur place. – Tais-toi, fut la réponse de Toya, sachant qu'il ne trompait personne… pas même lui-même. S'il savait qu'elle ne le rejetterait pas, il lui dirait ce qu'il ressentait pour elle. En ce moment, ce qui le dérangeait vraiment, c'était le risque de la perdre complètement. C'était plus effrayant que tout le reste. Il arrêta de marcher en voyant par lui-même les traces du chemin dont Shinbe venait de parler et soupira. Il n'avait jamais vraiment dit ça à haute voix avant ou même dans sa tête, mais Kyoko, il l'avait maintenant dans la peau et ça le rendait fou. Toya décolla à toute allure pour vérifier le sanctuaire et voir si elle était déjà de retour. ***** Kyoko était venue du portail du temps si rapidement que la lourdeur de son sac à dos l'avait déséquilibrée. Juste avant qu'elle ne tombe, une main surgit et la stabilisa. Kyoko cligna des yeux vers Kyou qui se tenait là, scintillant au clair de lune, aussi royal que n'importe quel prince. Pourquoi apparaissait-il continuellement comme ça ? S'éloignant de lui, elle déglutit nerveusement. – Kyou, que fais-tu ici ? Ce truc avec les gens qui débarquaient sur sur elle par surprise commençait à devenir impossible. Kyou regarda les émotions vaciller sur son visage en voyant l'émerveillement et une trace de peur dans ses yeux. Il savait qu'elle le craignait et cela ne le dérangeait pas tant que ce n'était qu'une légère peur, car il ne lui ferait pas de mal. Il lui montrerait lentement cela. Sans se détourner d'elle, il fit passer son regard d'elle à la statue de la jeune fille puis de nouveau vers elle. – Pourquoi es-tu rentrée chez toi en sachant que le cristal du gardien est toujours ici ? Son ton était doux. Kyoko se mordit la lèvre. Elle ne voulait vraiment pas que quiconque sache. – Je … j'étais … embarrassée. Pour une raison inexplicable, elle ne pouvait tout simplement pas lui mentir en regardant dans ses yeux dorés. – C'est bien que tu ne me mentes pas, prêtresse. La voix de Kyou était presque séduisante et Kyoko avait la sensation qu’il essayait de l'attirer. Comment avait-il su qu'elle pensait à lui mentir ? Elle savait qu'il ne lui ferait pas de mal. – Tu ne devrais jamais ressentir le besoin de me mentir. Après tout, ne suis-je pas un de tes gardiens ? Le voilà qui recommence, pensa-t-elle C'est comme s'il lisait dans mes pensées. Ses yeux s'écarquillèrent un peu alors qu'elle le regardait. Elle essaya de ne pas y penser, mais le souvenir venait juste de s'échapper. Le baiser qu'ils avaient partagé sous le sortilège d'amour. Kyoko ne pouvait pas détourner son regard du sien alors qu'elle se souvenait de la façon dont il avait goûté et de la manière dont il l'avait tenue la cuisse entre ses jambes. Elle sentit une bouffée de chaleur la traverser à son souvenir et rougit lorsque son regard se posa sur ses lèvres parfaites. Elle haleta quand il tendit la main et la prit dans ses bras, posant sauvagement ses lèvres magiques sur les siennes en un baiser qui lui coupa le souffle. Dès qu'elle commença à répondre au baiser, il la relâcha et elle leva les yeux pour voir ses yeux s'assombrir en un doré profond. – Pourquoi fais-tu tout ça ? Demanda-t-elle d'une voix tremblante. – Tu ne me connais même pas vraiment, et tu m’apprécie encore moins. Tu as même essayé de me tuer quand je suis arrivée ici avec le cristal du cœur du gardien. Tu avait dit que je n'étais rien qu'une humaine et que je n'étais pas digne. Alors, pourquoi fais-tu cela maintenant ? En un instant, Kyou la prit, la soulevant à hauteur de regard. – Si je voulais te voir morte … alors tu serais morte. Kyoko pouvait sentir son cœur battre contre sa poitrine. Elle regarda dans ses yeux habituellement sans émotion et pensa avoir vu une étincelle d'émotion mais il la cacha rapidement. L'enveloppant un peu plus de ses bras, Kyou la réprimanda, – Ne présume pas savoir ce que je ressens. Il effleura ses joues de ses lèvres alors qu'il l'a attirait plus profondément dans son étreinte. Il attiserait les flammes qui étaient jusqu'à enfouies en elle jusqu'à ce qu'elle ne puisse plus le supporter. – Bientôt, tu verras à quel point un gardien peut aimer. Sur ce, il prit ses lèvres dans un autre baiser qui enflammait son âme de désir… ou était-ce un pur besoin ? Il relâcha ses lèvres et lui caressa la joue comme avec des plumes. Kyoko s’étonna qu’un seigneur gardien aussi puissant, capable de tuer tant de personnes, soit aussi doux. Quand avait-elle commencé à regarder Kyou sous un jour différent ? Elle leva les yeux vers lui d'un air interrogatif, se demandant ce qui l'avait changé. – Qu'est-ce que tu veux de moi, Kyou ? Demanda-t-elle dans un murmure. Faisant glisser ses doigts dans ses cheveux, Kyou en saisit une poignée et plaça sa joue à côté de la sienne, chuchotant dans la creux de son oreille. – Tout ce que tu es, j'aurai. Son souffle était si chaud contre sa peau et il se sentait tellement bien. Kyoko ferma les yeux et soupira. Un soupçon de sourire parut sur les lèvres de Kyou alors qu'il la regardait fermer les yeux mais son sourire s'effaça lorsqu'il perçut l'odeur qui se rapprochait. Il la fit asseoir au bord d'une des pierres environnantes. Sans un autre mot, Kyou la laissa assise, stupéfaite, sachant ce que Toya lui infligerait pendant qu'elle le désirait. Kyoko était encore dans un état d'hébétement lorsque Toya entra dans la clairière. Il grogna doucement en regardant une exposition de plumes dorées pleuvoir autour d'elle. Ne se concentrant que sur elle, il s'approcha lentement. Elle avait l'air d'être à moitié endormie. Toya lança un regard perçant au ciel au-dessus de lui en guise d'avertissement. Kyou jouait à un jeu dangereux ici et il n'aimait pas ça. Il savait que Kyou le narguait en allant et venant à sa guise. Il comprit pourquoi Kyou n'était pas menacé par sa présence autour de Kyoko. Tadamichi avait essayé de faire partager la prêtresse à Hyakuhei depuis longtemps et Toya savait que c'était aussi le raisonnement de Kyou, mais il ne voulait pas partager Kyoko avec lui ou qui que ce soit d'autre. Et il ne pensait pas que Kyoko serait partante pour cela non plus. – Je l'ai aimé le premier, confessa doucement Toya, sachant qu'elle n'était déjà plus en état de l'écouter. – Kyou et ses maudits enchantements. Il tendit la main pour toucher sa joue, mais avant d'atteindre son but, il serra le poing et baissa la main. Au lieu de cela, il chercha le sac de Kyoko puis l'aida à descendre du rocher. La prenant par la main, il la conduisit vers le campement sans qu'un mot ne soit échangé entre eux. Bientôt, pensa Toya, très bientôt, ils devraient parler… et cette fois, elle écouterait chaque putain de mot. Chapitre 6 «Plus que de la jalousie» Kyoko avant encore la sensation d'être en transe mais les sentiments qu'elle ressentait étaient si agréables que cela ne la dérangeait vraiment pas. Qu'était en train de lui faire Kyou ? C'était comme si… petit à petit il la préparait à quelque chose de bien plus grand, il la préparait à quelque chose. Soit ça ou il la mettait en chaleur. Kyoko baissa les yeux vers sa main. Ils se tenaient la main ? Elle suivit le bras du regard jusqu'au visage de Toya. Toya lui tenait la main ? Elle sourit. Puis se dit lamentablement, Quand est-il arrivé ? Secouant la tête afin d'évacuer toute confusion résiduelle, elle regarda Toya, confuse. Son regard semblait un peu plus doux qu'auparavant… et inquiet. – Toya, que se passe-t-il ? Pourquoi ai-je l'impression d'être en train d'émerger d'un épais brouillard ou quelque chose du genre ? Lorsqu'il ne répondit pas, Kyoko tira sur sa main afin que Toya n'aie d'autre choix que de lâcher ou de répondre à sa question. Gardant le dos tourné vers elle, il lui lâcha la main et fit un pas de plus mais le pas suivant il se figea. – Kyoko, je pense que nous devrions attendre avant d'avoir cette conversation. Toya ne se retourna pas pour le dire. Il ne pensait pas pouvoir la regarder dans les yeux à cet instant précis alors qu'il remarquait son soudain changement d'humeur. Il avait besoin de lui parler de lui et de son étouffant frère mais là tout de suite, comme sa jalousie était puissante, il n'était pas certain de pouvoir se contrôler. – Vas-t’en ! Toya tenta de parler d'un ton trahissant de l'agacement afin qu'elle n'insiste pas. Kyoko n'avait pas l'intention d'abandonner si facilement, après tout… c'était d'elle qu'ils étaient en train de parler et elle avait besoin de réponses. La dernière chose dont elle avait besoin était de se ridiculiser de nouveau et ce, sans même le savoir. – Toya, pourquoi Kyou est-il après moi ? Elle prononça ces paroles doucement mais elles sonnèrent aux oreilles de Toya comme une menace bien ciblée. Il gronda en silence à la pensée que Kyou veuille Kyoko et qu'elle soit debout là en train d'attendre qu'il lui réponde. Incapable de lutter contre le désir trépidant sous sa peau, Toya se retourna et l'attira dans ses bras chaleureux, puis, aussi vite, il la relâcha, faisant un pas en arrière et baissant la tête en signe de sa silencieuse défaite. – On est obligés de parler de ça maintenant ? Toya leva les yeux vers elle, uniquement pour détourner rapidement le regard de ses yeux curieux. Kyoko soupira. – C'est bien ce que je craignais, espèce de connard. Tu ne peut même plus me regarder en face. Tu a tellement détesté le baiser qu'à présent tu ne veux plus rien avoir à faire avec moi, pas vrai ? Elle serra les poings le long de son corps et releva le menton légèrement en signe de défiance. – Et bien, je m'en fiche de ce que tu penses de moi. Que tu n'aies pas aimé m'embrasser ne signifie pas que d'autres… Avant qu'elle ne comprenne ce qui se passait, elle était pressée entre les bras de Toya et ses lèvres prenaient sauvagement possession des siennes. Elle enfonça les doigts dans ses cheveux dans un effort pour ne pas laisser ses faibles genoux se dérober sous elle. Il la voulait, parfois c'en était effrayant. Toya tenta de reprendre le contrôle. C'était juste que lorsqu'elle avait mentionné d'autres prenant plaisir à l'embrasser, cela avait provoqué chez lui le désir de lui faire oublier les autres baisers. Il relâcha ses lèvres, leurs regards se verrouillèrent l'un sur l'autre dans une guerre silencieuse et une vague de possessivité le submergea. – Kyoko, j'aime tes baisers. Son regard retomba sur ses lèvres roses auxquelles il venait de rendre la liberté. Kyoko sentit son cœur s'élancer vers Toya, il avait besoin de lui. Peut importe la situation, elle ne pourrait jamais rester fâchée contre lui. Elle sonda son regard doré, y percevant le scintillement argenté en train de lutter pour prendre le contrôle mais quelque chose pénétrait ses sens… lui disant qu'ils n'étaient pas seuls. Toya sentit Kyoko devenir tendue et pensa que c'était parce qu'il lui avait dit aimer ses baisers jusqu'à ce qu'il la sente basculer et qu'il regarde derrière lui. Il la lâcha, se retournant rapidement, ne sachant pas à quoi s'attendre. Les ombres dans les ténèbres prirent forme en mouvements déformés. – Des démons des ombres ? Ici ? Murmura-t-il. Au moment même ou il prononça ses paroles, les ombres commencèrent à fuir comme pour le provoquer et l'inciter à les suivre. – Retourne au camps avec les autres ou c'est plus sûr. Il montra du doigt la direction du camps puis partit à travers la forêt, désireux de ne pas perdre leur trace. Il pouvait uniquement en percevoir deux mais ce n'était malgré tout pas bon signe qu'ils aient été en train d'espionner Kyoko. Cela lui fit se demander si Hyakuhei était plus proches qu'ils ne l'avaient tous pensé. Kyoko n'eut pas le temps de dire quoi que ce soit avant qu'il ne disparaisse de sa vue alors qu'elle partait en direction du camps, en pensant que peut-être il ne souhaitait pas rester auprès d'elle. Après tout, il ne s'agissait que de deux démons des ombres de basse extraction et ils étaient si peu nombreux qu'ils en étaient virtuellement inoffensifs. – C'est bon ! Râla Kyoko calmement. – C'est parfait… La prochaine fois qu'il songera seulement à m'embrasser je vais lui foutre une beigne. Elle plaqua un sourire sur son visage alors qu'elle approchait du camp. Kamui fut le premier à apercevoir Kyoko et il réduisit rapidement la distance entre eux, la saisissant en un câlin de bienvenue. – Regardez, les gars, Kyoko est de retour ! Il lui donna un baiser sur la joue et lui fit un clin d’œil. Suki sourit, heureuse de voir qu'elle était enfin de retour mais Shinbe plissa les yeux au baiser que Kamui venait de se faufiler à l'intérieur. A quoi donc pensait ce garçon ? Toya le tuerait d'abord. – Je suis désolé de vous avoir fait attendre si longtemps les gars, mais je suis de retour maintenant et je vais bien avec ce qui se passe alors, ne vous inquiétez pas, d'accord ? Oh, et je vous ai apporté des friandises aussi. Elle mit son sac à dos devant elle et commença à le fouiller, en distribuant leurs friandises favorites à chacun d'entre eux. Ils étaient tous assis là, souriant, mangeant des friandises et buvant du soda avec insouciance. Tous sauf Shinbe, qui regarda au loin vers l'intérieur de la forêt en se demandant ce qui avait pu être si important pour que Toya laisse Kyoko seule. ***** Toya suivit les deux démons de l'ombre, sachant qu'ils l'éloignaient délibérément des autres. Il se fichait pas mal de savoir si c'était un piège et espérait presque que c'était le cas… avec son humeur. Voyant les démons des ombres disparaître dans le sol juste devant lui, Toya grogna alors qu'il s'arrêtait. Avant qu'il puisse faire quoi que ce soit, le vent se leva avec une force qui ne pouvait signifier qu'une seule chose. Amni, le démon de compagnie d'Hyakuhei qui avait la capacité d'utiliser la magie du vent était derrière l'invocation. – Montre-toi, bâtard. Amni descendit alors que les vents tourbillonnaient autour de lui, les courants obéissant à ses ordres. Ses lèvres esquissaient un sourire tandis que ses longs cheveux blonds se balançaient sous la brise tandis que le vent ralentissait. – La prêtresse te rend faible, gardien. Amni saisit son épée de vent et changea d'angle avec un coup vers le bas, relâchant une puissante rafale aux pieds de Toya pour que la poussière et les débris lui volent au visage. – Ou sont-ce ses lèvres qui te rendent faible ? Railla-t-il, désireux d’avoir toute l'attention de Toya pour ce qu'il allait dire. Les dagues jumelles glissèrent dans les paumes de Toya et il les croisa rapidement au moment où les débris volaient sur lui pour se transformer en cendres car elles touchaient la barrière qu'il avait créée avec les lames. En regardant à travers les tourbillons bleus électriques de la barrière, les yeux de Toya se rétrécirent sur le garçon disciple de son oncle, se demandant ce qu'il préparait. Le garçon était parfois une énigme et à l'heure actuelle, Toya pouvait dire qu'il jouait seulement au lieu d'attaquer vraiment. – Crache ton venin, Amni … ou je jure que je vais te renvoyer à Hyakuhei en petits morceaux. Les yeux bleus d'Amni s'illuminèrent alors qu'il envoyait une nouvelle rafale de vent dangereux vers Toya. – Ton oncle a rassemblé plus de la moitié des talismans. Il remonta dans les airs pour échapper à la glace qui se formait sous lui à cause de l'attaque à la dague de glace de Toya. – Les gardiens ont l'essentiel de l'autre moitié. Il ne reste plus beaucoup de talismans à trouver. – Racontes-moi quelque chose que je ne sais pas déjà, putain de crâneur ! Gronda Toya en tirant sur Amni, mais le vent l'emmena hors de portée puis le ramena de nouveau lorsque les flammes cessèrent. Voyant que Toya commençait à perdre patience et à se mettre en colère, Amni lui lança un puissant souffle et cria : – Toya, sois attentif ! C'était assez grave en soit, la possibilité qu' Hyakuhei ne le tue s'il savait qu'il était là pour révéler des secrets à l'ennemi, mais ce serait encore pire si Hyakuhei obtenait le pouvoir du cristal du gardien. Si son maître acquérait un tel pouvoir… Amni savait qu'il ne serait jamais libéré des liens qui le tenaient esclave du monstre devenu le seigneur gardien. Конец ознакомительного фрагмента. Текст предоставлен ООО «ЛитРес». 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