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Les Coeurs Dammnés Amy Blankenship Table of Contents Chapitre 1 "Sacrifice" (#ulink_6041230e-1b1c-531f-8332-30cf15988cb1) Chapitre 2 "Une voix du Passé" (#ulink_6543ce9e-5d84-5840-8222-4228b575b296) Chapitre 3 " Le lycée des obsédés" (#ulink_0eb913aa-0648-5019-9456-9defab34f467) Chapitre 4 " Les Bad Boys et Roméo" (#ulink_c8d3d807-0dcd-56a3-81fb-f878c7682d60) Chapitre 5 "Le fantôme de l'Opéra" (#ulink_f0fcc7e7-ac9c-5a92-be5b-6b046b66f605) Chapitre 6 "Ce que Craignent les Démons" (#ulink_a84f6431-3a72-5b48-a3a9-667303158034) Chapitre 7 "Le réveil " (#litres_trial_promo) Chapitre 8 "Énigme" (#litres_trial_promo) Chapitre 9 "Séduction" (#litres_trial_promo) Chapitre 10 " Dangereuse Jalousie" (#litres_trial_promo) Chapitre 11 "Sans invitation" (#litres_trial_promo) Chapitre 12 " Rivalité Fraternelle" (#litres_trial_promo) Chapitre 13 "Coeurs Jaloux" (#litres_trial_promo) Chapitre 14 "Prise entre les deux" (#litres_trial_promo) Chapitre 15 "Comportement Perturbateur" (#litres_trial_promo) Chapitre 16 " Point de Rupture" (#litres_trial_promo) Chapitre 17 "L'Ange aux Ailes de Jais" (#litres_trial_promo) Chapitre 18 "Les Démons Entre Nous." (#litres_trial_promo) Chapitre 19 "Des attaches qui vous lient" (#litres_trial_promo) Les Cœurs Damnés Série Le Cristal du Cœur du Gardien Livre 8 Amy Blankenship Traduit de l’Américain par Bella Nazaire Copyright © 2010 Amy Blankenship Édition Anglaise Publiée par Amy Blankenship Seconde Édition Publiée par TekTime Édition Française Publiée par TekTime Tous droits réservés Chapitre 1 "Sacrifice" Les frères gardiens se retrouvaient autour des restes de la statue de la jeune-fille. Même blessés et ensanglantés, ils avaient encore de l'allure. Leurs ailes translucides étendues derrière eux telles celles des anges de légende, mais les armes meurtrières qu'ils venaient d'utiliser afin de repousser la pluie de démons disaient leur véritable nature. Les gardiens étaient plus dangereux et létaux que les démons ne pourraient jamais espérer être. Ils sont les protecteurs du Cœur du Temps... Le portail temporel qui relie le monde des démons à celui des humains. Le temps et l'espace sépare les deux afin que nul ne puisse franchir la frontière sans passer par le portail sacré. Les gardiens n'avait jamais pensé retourner un jour leur pouvoir contre ce qu'ils étaient destinés à protéger dès leur naissance. Les vents du changement avaient commencé à souffler trois années plus tôt lorsque la statue de la jeune-fille avait soudain commencé à émettre de la lumière, révélant le fait que la prêtresse humaine était née de nouveau de l'autre côté du Cœur du Temps. Hyakuhei, jadis le plus puissant des gardiens, devenu seigneur des démons, avait attaqué, créant l'agitation chez ses serviteurs démoniaques alors qu'ils tentaient de traverser le portail... Essayant d'atteindre la prêtresse de l'autre côté. Les gardiens savaient pourquoi Hyakuhei avait attaqué avant une fureur si passionnée, mais les motifs de l'obscur gardien n'avaient pas d'importance... Ils ne pouvaient le permettre. Leur intense guerre avait fait rage pendant trois longues années, sans jamais s'arrêter, affaiblissant les deux camps... Jusqu'à ce jour. Hyakuhei avait relâché les plus fourbes des démons, les regroupant avec des démons moins puissants afin de batailler sans pitié. En envoyant l'armée du mal pour supplanter les gardiens par la simple supériorité numérique, Hyakuhei avait étendu ses ailes sombres et ombrageuses, faisant appel à son pouvoir ultime afin de déstabiliser la frontière et de faire une échappée dans le domaine des humains. C'était arrivé si vite qu'aucun des gardiens n'avait réussi à savoir combien de démons avaient pu passer la frontière avec lui et le seul moyen de s'assurer que d'autres ne suivraient pas avait été de détruire le Cœur du Temps. A présent, les gardiens se trouvaient à la croisée des chemins. Hyakuhei et les démons seraient libres de poursuivre la prêtresse au sein du monde des humains, parce qu'une fois le portail temporel détruit... Les gardiens ne pouvaient pas l'atteindre. "Nous n'aurions pas dû faire cela," gronda Toya, considérant d'un œil furieux la pile de décombres depuis l'endroit ou il se tenait agenouillé. La perte de sang avait aspiré son énergie mais pas sa colère. Il avait envoyé toute la puissance possible à travers le portail temporel l'instant suivant la traversée de Hyakuhei. Il espérait seulement qu'il avait pu blesser le seigneur démon en le faisant. "Hyakuhei la pourchassera !" "Elle n'est qu'un bébé. Trois ans et impuissante contre eux." La tristesse dans la voix de Kamui était prégnante alors que dans ses yeux scintillaient des larmes. Il tenta d'essuyer toute trace mais ne parvint qu'à laisser des traces de sang en travers de sa joue. "Et si les démons la trouve avant lui ?" "Elle n'aura aucune chance contre eux" Kotaro,dans le déni, ferma ses yeux bleu glacier. "Elle n'a personne là-bas capable de la protéger contre les démons... Ou conte Hyakuhei." Les ailes améthyste de Shinbe disparurent comme il enveloppait de son bras la crevasse à travers sa cage thoracique. Il guérirait, mais cela ne servirait à rien. "Nous avons peut-être empêché le reste des démons d'entrer dans notre monde... Mais en vérité, nous aurons tout perdu si il lui mets la main dessus." Kyou était le seul encore debout dans toute sa hauteur, mais uniquement parce qu'il avait choisi d'ignorer ses propres blessures à la lumière du dilemme auquel ils étaient maintenant confrontés. "Ce n'est pas terminé." Sa voix était dénuée de toute angoisse, contrairement à celle de ses frères. "Mais de quoi parles-tu ?" persifla Toya en titubant pour se relever. "Le portail temporel est détruit. Nous ne pouvons la sauver." Ses ailes argentées s'évanouirent dans un nuage de plumes, laissant place à sa colère. Il existe un moyen... Mais le prix est élevé," les informa Kyou. "Il n'est pas de prix trop élevé," Kamui dit tout haut ce que pensaient les autres tout bas. Il avait les poings serrés le long du corps et le regard déterminé. La longue chevelure argentée de Kyou virevoltait dans la brise alors que son regard doré se fixait sur celui de Kamui. "Serais-tu prêt à mourir pour elle ?" "Si cela devait la sauver ainsi que le monde," fut la réponse instantanée de Kamui comme il avançait d'un pas. "Alors ce serait tout sauf un maigre sacrifice." "Dis-nous seulement ce que nous devons faire," répondit Toya. "Nos vies lui appartiennent déjà... Si il lui faut du sang alors nous saignerons." Kyou regarda les gardiens les uns après les autres et vit qu'ils étaient tous d'accord. "Si nous mourrons dans ce monde, nous apparaîtrons dans le sien... Mais il y a un prix à payer pour un tel acte. Nos pouvoirs de gardiens seront divisés par deux, et nos ailes sont le prix à payer car c'est par leur pouvoir que nous seront transportés à travers le temps et l'espace." "Serons-nous ensemble ?" Shinbe avait pensé à demander. "Nous sommes frères et cela ne changera jamais. Nous ne renaîtrons pas...Mais nous glisserons à travers le voile du temps tels que nous sommes. Aux yeux des mortels, nous aurons l'air de n'avoir pas plus qu'environs dix-sept ou dix-neuf ans mais notre immortalité nous empêchera de vieillir. Le pouvoir de la descente nous donnera une vie comme si nous avions toujours été là, parmi eux... Auprès d'elle. La prêtresse est une innocente dans le monde des humains... Elle n'aura aucun pouvoir jusqu'à ce qu'elle atteigne l'âge requis." Shinbe serra son bâton un peu plus fort en parcourant des yeux le champ de bataille ensanglanté qui les entourait. "Nous avons subi l'attaque de puissants démons bien des fois, et malgré cela nous sommes en vie. Comment penses-tu qu'il faille s'y prendre pour réussir à tuer un gardien ? " L'ombre d'un sourire se dessina sur les lèvres de Kyou lorsqu'il répondit. "Seul un gardien peut tuer un gardien." "Si nous devons faire cela, autant en faire un test de force," insista Kotaro en essayant d'éloigner de sa pensée l'horreur d'avoir à tuer son propre frère. Shinbe acquiesça d'un hochement de tête, ayant compris ce qu'essayait de faire Kotaro. "Nous nous sommes toujours demandé qui parmi nous était le plus fort." Les yeux luisants de Kamui devinrent noirs et la couleur d'ébène s'étendit rapidement à travers ses ailes comme pour dévorer la poussière d'étoiles qui scintillait dessus avec ses particules multicolores. Dès l'instant ou Kamui fut en possession de son véritable pouvoir, cela devint un combat à mort. En l'espace de quelques instants, Toya fut le dernier encore debout. Il tomba à genoux sous le poids de la douleur de ce qu'il venait d'accomplir, et de ce qu'il lui restait encore à faire. Personne n'avait pensé au sacrifice le plus véritable qu'il y avait à faire. "Afin d'être avec toi," sa voix n'était qu'un murmure alors qu'il gardait le reste de ses pensées profondément en lui. Se saisissant fermement de ses dagues jumelles, il les plongea dans son propre Cœur. Le dernier de ses pouvoirs avait activé les poignards sacrés alors que la glace se répandait rapidement depuis son Cœur... Suivie par les flammes. Chapitre 2 "Une voix du Passé" 15 ans plus tard... Kyoko fit un arrêt devant la porte du bureau, ne souhaitant pas y entrer. D'aussi loin qu'elle se souvienne, elle avait toujours vécu au pensionnat de jeunes filles et aussi loin que portait sa mémoire, être convoquée dans le bureau de Madame Merde n'avait jamais été une bonne chose. La phrase "Oh Merde" prenait une toute nouvelle signification. "Entrez, Hogo." Même en étant quelque peu étouffée car provenant de l'autre pièce, la voix féminine semblait dure et inflexible, le genre de voix qui tapait sur les nerfs. Kyoko eut un mouvement de recul, se demandant comment la vieille dame pouvait savoir qu'elle se tenait là. Elle regarda à nouveau autour d'elle, cherchant des yeux une caméra espion qu'elle n'avait jamais découvert puis haussa les épaules et ouvrit la porte. En voyant que la directrice n'était pas seule dans son bureau, Kyoko se mit à déplacer son poids d'une jambe vers l'autre nerveusement en se demandant ce qu'elle avait bien pu faire cette fois pour se trouver dans les ennuis. Puisque l'école se situait au milieu de nulle part et que les garçons n'y étaient pas admis, elle n'avait jamais été dans la même pièce qu'une personne du sexe opposé et détourna instantanément son regard de lui. "Prenez un siège, Mademoiselle Hogo, nous avons plein de choses à discuter." Madame Merde avait dit cela avec toute la condescendance dont elle était capable. Même elle, semblait secouée par le fait que sa très digne école ai été envahie par un homme. "Voici Monsieur Sennin, un avocat en charge des affaires de votre famille depuis que vous avez été placée dans notre école. Il vient de m'informer que sa mission touche à sa fin et que tous les droits liés à la succession vous reviennent à partir de ce soir, minuit." Kyoko cligna des yeux plusieurs fois, dans sa grande confusion. La quoi de sa famille ? On lui avait toujours dit qu'elle était une pupille de l'école et elle avait cru que cela signifiait qu'elle était orpheline. Son anniversaire était le lendemain mais... Kyoko s'arracha à ses pensées lorsque Madame Merde se leva brusquement et se dirigea vers la porte du bureau. La vieille femme avait le dos raide comme une planche et ses talons cliquetaient bruyamment sur le bois du parquet. Son regard baissé descendant le long de son nez par delà les embarrassantes lunettes qui pendait au bout. "Je laisse le soin à Monsieur Sennin de vous expliquer le reste." La porte se referma avec un claquement sonore, laissant Kyoko en compagnie de l'homme, seule dans le bureau. "Puis-je vous appeler Kyoko ?" Monsieur Sennin demanda poliment. Personnellement, il était bien aise que la vieille carne les ai laissés seuls. Dans sa voix éraillée résonnait le poids des ans mais elle était douce et calme à la fois, ce qui décida enfin Kyoko à relever ses yeux d'émeraude au niveau des siens. Il portait le costard cravate typique d'un avocat, mais son sourire était celui d'un gentil grand-père car il remontait jusqu'à ses yeux gris pétillants. Elle hocha la tête, prenant un moment pour retrouver la parole. "Vous connaissez ma famille ?" Kyoko posa la seule question à laquelle elle pensait ne jamais obtenir de réponse. "Je les ai très bien connu. Votre grand-père était mon meilleur ami." Il soupira alors qu'il tirait la chaise de Madame Merde pour l'approcher de celle de Kyoko de l'autre côté du bureau. Votre grand-père vous a amenée à moi lorsque vous n'aviez que trois ans avec des instructions très précises et un testament. Il est mort dans un étrange accident à peine quelques heures après avoir quitté mon cabinet." Le vieil homme pris une grand inspiration comme si le souvenir lui causait une grande souffrance, puis il commença son explication. "Votre grand-père vint à moi en toute confiance. Il me raconta que chacun dans votre famille était en danger. Vos parents venaient juste de décéder dans de mystérieuses circonstances et il craignait pour votre vie... Craignant sans doute que vous soyez la prochaine, je suppose." Il s'agita comme si une lutte interne l'empêchait de poursuivre. "Voyez-vous... Votre mère et votre père furent retrouvés dans le salon de votre maison de famille, ils semblaient avoir été déchiquetés par un animal non identifié. " Ses yeux s'assombrir à cette pensée." Mais il n'y eut jamais aucune preuve de la présence d'animaux dans la maison." Monsieur Sennin fronça les sourcils, "Lorsque la police est arrivée, elle a cherché votre jeune frère Tama, mais il avait disparu sans laisser de traces. Vous vous trouviez avec votre grand-père à la foire du comté au moment de la mort de vos parents. Mais lorsque les enquêteurs ont fouillé la maison, c'est dans votre chambre qu'ils ont trouvé le plus de dégâts. C'est alors que votre grand-père vous a amenée à mon bureau." "Ils sont tous morts ?" Kyoko se senti comme aveuglée par des phares de voiture... Apprendre dans la foulée qu'elle avait une famille et qu'elle l'avait perdue. "Personne ne m'a jamais rien dit de tout ceci. On m'a toujours dit que j'étais une pupille de l'école, c'est tout. On ne m'a jamais autorisée à quitter l'enceinte de l'école. "Elle cligna des yeux en se demandant si elle n'aurait pas mieux fait de ne rien savoir. Monsieur Sennin hocha la tête, "Mes instructions étaient de vous envoyer dans un pensionnat isolé aussi éloigné que possible de votre maison familiale, puis de n'avoir aucun contact avec vous sous aucune forme jusqu'à votre dix-septième anniversaire. J'ai toujours réglé vos frais de scolarité depuis un compte offshore pour éviter qu'on établisse un lien." Il balaya la pièce du regard semblant regretter son isolation. "La seule raison de mon choix est que ce lieu est sur une terre sacrée... Bénie par les moines qui vivent dans le monastère au sommet de la montagne. Leur lignée et leurs traditions sont parmi les plus vieilles au monde... Et les plus puissantes. J'ai aussi demandé qu'on ne vous autorise jamais à quitter l'enceinte de l'école. Voyez-vous, votre grand-père était convaincu que si vous n'étiez pas dissimulée quelque part... Que les démons vous trouveraient." La surprise provoqua chez Kyoko un mouvement de recul. " Les démons ?" C'était cela, son secret et elle ne l'avait jamais révélé à personne. Ses camarades de chambre l'avaient toujours questionnée à propos de ses cauchemars lorsqu'elle se réveillait en hurlant, mais elle leur répondait simplement qu'elle ne se rappelait pas des rêves. Elle baissa les yeux de crainte qu'il ne lise la peur dedans. Kyoko essaya d'écarter les visions qui tentaient de se former dans son esprit. L'image mentale du portrait de famille qu'elle avait secrètement porté dans son Cœur était à présent recouverte de sang. Clignant des yeux pour chasser cette vision jusqu'à ce que tout ce qu'elle puisse voir soit le brave homme qui lui avait parlé si franchement lorsqu'elle avait posé la question : "Il se passera quoi, ce soir à minuit ? Madame Merde dit..." "Madame Merde," Monsieur Sennin rit puis s'éclaircit la gorge. "Vous devez admettre que ce nom lui convient parfaitement." Il partagèrent un sourire puis il plaça son dossier rempli de paperasse sur le bureau devant Kyoko. "Il y a une maison assez grande et une somme d'argent encore plus grande qui doivent vous revenir ce soir à minuit. Vous pouvez rester ici aussi longtemps que vous le désirez, ou vous pouvez rentrer chez vous dans la maison ou vous êtes née et y terminer votre dernière année de lycée." Les lèvres de Kyoko s’entrouvrirent et la taille de ses yeux émeraude avait doublé à mesure qu'il parlait. "J'ai une maison ?" Il avait l'air un peu contrit lorsqu'il répondit. "Oui. Elle est située à la bordure de la ville et la terre qu'on peut voir derrière est à vous aussi loin que porte le regard. Il y a même une piscine chauffée creusée dans le sol au milieu des jardins fleuris à l'arrière de la maison, qu'on ne peut apercevoir depuis la route. Vous aurez toute l'intimité que vous pourrez souhaiter." La voyant se mordre la lèvre inférieure, il tenta d'apaiser ses craintes. "La maison n'est pas au milieu de nulle part comme cette école. Il y a une énorme maison de l'autre côté de la rue et il y a toujours beaucoup d'allées et venues. Je l'ai remarqué car ma femme et moi avons été dans votre maison une fois par mois afin de faire un peu de nettoyage pendant ces quinze dernières années. Nous l'avons même réapprovisionnée récemment pour le cas où vous souhaiteriez d'y venir." Un sourire gagna lentement les lèvres de Kyoko comme elle tendait la main vers l'unique chose qu'elle avait toujours voulu. A l'intérieur du dossier se trouvait la photo d'une vaste maison avec un jardin fleuri bien entretenu et une longue allée. Chez elle... Elle avait un foyer, un lieu ou sa famille avait jadis vécu et connu le bonheur. Levant les yeux à nouveau vers Monsieur Sennin, elle sourit une fois de plus et lui donna sa réponse. "Quand pourrons-nous partir ?" ***** Kyoko se tenait sur la pelouse à l'avant, les yeux levés vers la maison dans laquelle Monsieur Sennin lui disait qu'elle avait vécu avec sa famille. La maison possédait deux étages, d'un blanc pur, elle avait d'immenses colonnes se dressant jusqu'au toit du porche avant qui s'étalait sur toute la façade de la maison. Elle était restée debout là pendant près de dix minutes occupée uniquement à absorber tout cela, mais le soleil disparaissait rapidement et elle concentra son attention sur la porte d'entrée. Cela l'avait rendue nerveuse, de quitter le pensionnat de filles et de prendre l'avion pour traverser l'océan, mais à présent elle était chez elle, une discrète sérénité s'était emparée d'elle. Monsieur Sennin avait vraiment été d'une grande aide, faisant livrer ses bagages à l'avance par l'intermédiaire de sa femme. Il avait même fait transférer son dossier scolaire vers le lycée de la ville de manière à ce que tout ce qu'elle ai à faire le lendemain soit de se rendre en classe. En voyant la lumière de phares se déplacer sur toute la façade de sa maison, Kyoko jeta un œil par dessus son épaule vers la résidence de l'autre côté de la petite rue à deux voies. C'était une maison d'environs la même surface que la sienne, mais c'était différent. Chaque pièce de l'autre maison avait la lumière allumée et il y avait tant de voitures dans l'allée... Elle semblait pleine de vie. Les deux maisons étaient construite en bordure de route avec uniquement du terrain autour aussi loin que porte le regard. C'était comme si c'était les seules construites à la lisière de la forêt à proximité des montagnes. Les phares en question provenaient d'une Jeep qui freina dans un crissement de pneus pratiquement en face de la porte de l'autre maison. Elle entendit le grincement mécanique juste avant de voir la portière s'ouvrir. Se retournant vers sa propre maison, elle comprit à quel point cette maison était véritablement solitaire. Entendant claquer la portière de la Jeep, elle monta rapidement les marches clé en main et se dépêcha de refermer la porte derrière elle avant même d'avoir allumé la lumière. Sans trop savoir pourquoi, elle sentait qu'elle n'était pas prête à rencontrer les voisins et leur joyeuse famille et leur vie ordinaire. En appuyant sur l'interrupteur, Kyoko expira, réalisant soudainement qu'elle avait retenu son souffle de façon involontaire. ***** Toya gara négligemment la Jeep et s'en extirpa en jetant un regard à la maison d'en face. Il aurait pu jurer qu'il venait d'y voir quelqu'un dans la cour devant l'entrée. Un sourcil sombre se dressa sous sa frange alors que de la lumière apparaissait dans la pièce principale. Il s'appuya contre la Jeep en se demandant qui pouvait bien se trouver dans la maison des Hogo. "T'as ramené de la pizza ?" Toya sursauta violemment lorsque la voix de Kamui s'éleva à un peu moins d'un mètre derrière lui. Putain, Kamui ! Un de ces jours j'aurais le temps de t'arracher la tête avant de savoir que c'est toi qui est en train de te glisser en douce dans mon dos ! Kamui grimaça, " Me tuer une fois ne t'as donc pas suffi ? " Ses yeux couleur de poussière d'étoiles s'illuminèrent lorsqu'il vit les boîtes de pizza étalées sur le siège arrière. Connaissant la façon de conduire de Toya, c'était un miracle qu'elles aient survécu au trajet. Les ramassant, Kamui commença à retourner vers la maison quand il se rendit compte que Toya n'avait pas bougé d'un pouce. Suivant alors le regard de Toya, il regarda de l'autre côté de la rue, ne voyant aucune voiture dans l'allée. Il remarqua à peine la faible lueur visible au rez-de-chaussée. "La vieille dame est venue un peu plus tôt aujourd'hui, probablement pour faire encore un peu de nettoyage. Je suppose qu'elle a dû oublier d'éteindre." Kamui haussa les épaules. " Tu viens ?" " Tu te prends pour qui, ma baby-sitter ?" Toya avait dit ses mots sans grande conviction sans même se donner la peine de le regarder. "Non, mais je suis guru des pizzas et je dis que si tu ne te grouille pas, tu n'en auras pas." Kamui s'éloigna en riant en entendant le grondement de Toya. Toya attendit d'être seul dans l'allée avant de commencer à se diriger vers la propriété des Hogo. Il était entré dans la maison à plusieurs reprises pendant ces quinze dernières années, à la recherche d'indices pouvant lui indiquer l'endroit ou la prêtresse avait disparu. Lorsqu'ils venaient d'arriver dans le monde des humains et qu'ils étaient entrés pour la première fois dans cette maison, les gardiens avaient bien cru arriver trop tard. Puis rapidement ils comprirent que la prêtresse n'était pas au nombre des décédés. Ils pouvaient encore sentir sa force vitale dans ce monde et les démons la recherchaient encore eux aussi. Le premier souvenir que Toya avait de cette maison incluait des ambulances et des voitures de Police partout. La mère et le père étaient morts, et les enfants ainsi que le grand-père avaient disparu. Sans se révéler aux humains, les gardiens avaient attendu et surveillé. Aussitôt que la maison avait été vide, ils y étaient entré... Ils pouvaient sentir l'odeur que les démons avaient laissée derrière eux. Environs deux jours plus tard, le corps du grand-père avait été retrouvé, la nuque brisée. Le bureau du médecin légiste avait conclu à une mort accidentelle mais les frères n'en croyaient rien. Le vieil homme avait un rouleau serré dans la main, Shinbe s'en était saisi avant d'appeler les secours. Shinbe avait également été celui qui avait décodé le rouleau. Le vieil homme avait pénétré subrepticement dans la propriété et était en plein rituel de consécration de la terre et de la maison quand il avait été tué. Les démons ne s'éloignaient jamais beaucoup de cette zone et au fil du temps, les humains remarquèrent suffisamment de choses inhabituelles pour se mettre à penser que la ville étaient hantée. Les enquêteurs spécialisés dans le paranormal et les extraterrestres, appartenant aux forces spéciales avaient même été envoyées plusieurs fois sur les lieux, pensant sans doute qu'il s'agissait d'une invasion venue de l'espace. Mais en général ils arrivaient toujours un peu trop tard pour trouver quelque preuve que ce fut. Toya et ses frères faisaient leur possible pour arriver les premiers afin de tuer les démons ou tout au moins de maquiller les événements. Pendant quinze ans, les gardiens avaient vécu dans la maison d'en face, se mêlant au reste de l'humanité tant bien que mal. Kamui devint même une sorte de génie de l'informatique afin d'empêcher le gouvernement d'être sur leurs traces. Personne ne s'est jamais posé la question de savoir comment cinq jeunes hommes pouvaient se retrouver avec une source intarissable de revenus et une immense maison en bordure de la ville. Toya demeura dans l'ombre comme il faisait le tour de la maison. En regardant vers la piscine, il remarqua qu'elle avait été récemment remise en service. Son regard se fit plus perçant sur l'eau cristalline car il croyait avoir vu quelque chose de rouge glisser à travers le liquide comme pour venir à lui. Concentrant son regard d'or vers cette chose, il fit un pas en arrière. L'apparition malsaine disparu alors qu'il regardait la vapeur s'élever au dessus de l'eau chauffée et qu'il tentait de s'affranchir de ce sentiment affreux qu'il venait d'entrer dans son propre tombeau. Il rejeta l'idée même que quiconque ai pu vendre la maison. Si jamais elle avait été mise en vente, les gardiens auraient été les premiers à savoir et ils l'auraient achetée. De plus, si un étranger avait secrètement acheté la maison, le fait que la maison soit hantée aurait rapidement fait fuir les nouveaux propriétaires... Ou du moins elle aurait été hantée si cela s'était révélé nécessaire. Ses frères et lui s'en seraient assuré. Toya plaça sa main au dessus de la serrure sur la baie vitrée et entendit un léger clic. Se glissant à l'intérieur, il la referma derrière lui et se mit à écouter. La maison était si silencieuse de prime abord qu'il avait cru s'être trompé, puis il entendit une douce voix provenant du salon. Suivant le son, il s'arrêta dans l'ombre du seuil de la porte. Il y avait une fille debout face à la cheminée froide et elle regardait le mur au dessus du foyer. Toya leva les yeux en voyant le portrait de famille qui avait toujours été là. On y voyait un homme aux cheveux argentés, presque comme ceux de Kyou. Mais la chevelure de cet homme était plus courte, lui arrivant seulement aux épaules. Son visage semblait très jeune, mais il y avait dans son regard un air de sagesse allant au delà de toute sagesse humaine. Le muscle dans la mâchoire de Toya tressaillit sachant que l'homme était un mortel... Très humain, et très puissant à sa façon. Cet homme avait jadis porté le nom de sorcier... Seulement pas dans cette vie. A présent on les appelait uniquement scientifiques, physiciens. Il n'a jamais été question que les humains se mêlent de champs de torsion ou de trous de vers. Son apparence n'avait jamais changé, peu importe le nombre de renaissances que sa famille et lui avaient connu. Le regard de Toya se déplaça vers la jolie femme aux cheveux auburn blottie contre l'homme. Elle tenait un petit enfant dans les bras alors que le père avait une petite fille à la chevelure auburn sur les genoux. Les enfants ne pouvaient guère avoir plus d'un an d'écart. Toya était venu si souvent... Regarder cette photo. Il était certain que tous les gardiens l'avaient fait. Les yeux de la petite fille scintillaient comme des émeraudes même sur cette photo aux couleurs passées. Elle avait les yeux de son père. Ses lèvres faisaient une moue comme si le photographe venait de lui dire de se tenir tranquille et ses joues avaient une jolie teinte rosée. "Je suis rentrée, Maman... Papa." Kyoko tendit la main et toucha le bois élégant qui encadrait la photo. Son regard s'attarda sur son petit frère alors qu'elle tentait de mémoriser son visage. "Tama". Les yeux de Tama avaient la même couleur que les siens, même si dans le portrait il restait des traces du bleu d'origine... Mais elle pouvait voir leur véritable couleur. Il souriait comme si il venait de faire quelque chose de merveilleux... Si plein de vie. Monsieur Sennin avait dit que Tama avait disparu lorsque ses parents avaient été tués. Se pourrait-il qu'il soit encore vivant quelque part ? "Je voudrais que tu sois ici avec moi, Tama. Ce serait tellement bien d'avoir au moins une personne que je connaisse demain à l'école." Toya parcouru la pièce du regard. Lorsque la lumière tomba dans ses yeux émeraude... le souffle qu'il avait retenu lui échappa rapidement comme si on l'avait frappé au ventre. Elle avait une longue chevelure auburn, et à ce moment précis ses lèvres avaient à nouveau un air de mélancolie. Ses yeux dorés descendirent le long de l'uniforme scolaire, le genre d'uniforme qu'il avait seulement vu dans les films montrant des lycées catholiques. La jupe était courte, elle lui rappelait les uniformes de majorettes, en dessous, de longues jambes bien dessinées. Elle avait déboutonné son corsage suffisamment pour que Toya sache qu'aucune nonne n'aurait approuvé. Il l'avait déjà vue... De l'autre côté du Cœur du Temps. La statue de la jeune fille qui tenait le portail temporel entre ces mains... Cette fille imitait la pierre, née de chair et de sang. Il avait trouvé la prêtresse et elle était à couper le souffle. Il ferma ses yeux sur le souvenir fantôme d'un baiser d'elle... Ce souvenir ne lui appartenait pas. Kyoko mordit sa lèvre inférieure, effrayée à présent qu'elle était là, seule au monde, sans Madame Merde et toutes ses règles. Peut-être que la raison était que c'était sa première fois pour tout. "Allez, Kyoko," dit-elle tout haut pour briser le silence assourdissant alors qu'elle ramassait sa valise. "Si tu veux être prête pour l'école demain, tu ferais mieux de te trouver une chambre et de défaire ta valise." Toya resta là quelques minutes de plus... Apprenant à respirer de nouveau. ***** Dans les basses collines à l'arrière de la maison de Hogo, un frisson pouvait être ressenti alors que le parfum de la prêtresse était dispersé à travers le territoire par le vent d'Octobre. Des yeux rouge sang s'ouvrirent brusquement et le grincement des griffes des démons grattant les murs de pierre dans leurs efforts pour l'atteindre était audible. Des cavernes et tunnels sans fin avaient été creusés depuis longtemps par ces mêmes griffes. Des tunnels qui avaient lentement pris la forme de galeries élaborées illuminées par l'éclat de torches logées dans des cônes de pierre. Des gravures représentant des victoires démoniaques décoraient presque chaque surface et le quartz naturel présent dans le sol ajoutait un lustre étincelant à ce qui eut autrement été un environnement sombre et insignifiant. Les grandes cavernes furent transformées en pièces individuelles dont plusieurs chambres, salles-de-bain, et même ce qui pourrait passer pour une salle du trône avec sa chaise sculptée dans de la roche noire et lisse. Il y avait encore d'autres cailloux de quartz incrustés dans les murs de ces pièces, reflétant et magnifiant la sourde lumière des torches. Des pierres semi-précieuses avaient été trouvées et utilisées pour incruster les murs et de longs rideaux de soie et de brocart descendaient des plafonds... Obtenus on ne sait trop comment. C'était un château bâtit sous la terre afin de protéger une chose très précieuse, encore plus précieuse que les pierres dans les murs. Au Cœur des entrailles de ces cavernes, dans une des chambres à coucher, une ombre de curiosité passa sur des yeux verts émeraude alors qu'ils se tournaient brusquement vers le plafond recouvert de soie, tentant de comprendre ce qui pouvait avoir agité les démons de la sorte. Percevant près de son lit, un mouvement dans l'air jusque là immobile, il regarda sur le côté et trouva près de lui l'homme qui l'avait élevé depuis qu'il était bébé et qui lui avait donné tout ce qu'il avait toujours désiré... Jusqu'au pouvoir de contrôler les démons. "Hyakuhei, les gardiens nous auraient-ils trouvé ? " Demanda Tama, dans une quasi impatience de voir commencer le combat. Être un adolescent était déjà bien assez dur pour un garçon ordinaire... Et Tama n'avait rien d'ordinaire. Le coin des lèvres d'Hyakuhei se relevèrent de façon presque imperceptible en ébauche de sourire. Tout en lui se figea comme il inhalait. "C'est le parfum de la prêtresse qui a agité les démons ce soir... Je crois qu'elle est enfin revenue." Les yeux de Tama s'illuminèrent d'excitation menaçante. "Ma sœur nous est enfin revenue ?" Il projeta ses sens vers l'extérieur espérant la ressentir grâce au pouvoir partagé avec lui par Hyakuhei. Il inhala profondément, goûtant la douceur de l'air mais il pouvait aussi sentir le pouvoir des gardiens à proximité. S'ils s'étaient contentés de laisser Hyakuhei rejoindre sa sœur en paix, et bien rien de tout ceci ne serait arrivé. Ce sont des créatures maléfiques... Se croyant meilleures que les démons. C'était de la faute du gardien si les démons s'étaient attaqués à sa famille lorsqu'ils venaient d'entrer en ce monde. A leur arrivée, les démons avaient été laissés libres... Libres de le tuer lui et ses parents parce que Hyakuhei avait été blessé à la seconde ou Toya avait brisé le Cœur du Temps. Cette blessure avait coûté au seigneur démon son contrôle sur les démons pendant un moment. Hyakuhei s'était trouvé encore au Cœur du portail temporel lorsqu'il avait été brisé... Ce qui avait rendu inévitable la transformation de son corps physique en ombre afin d'éviter la destruction. Si les gardiens n'avaient pas fait cela, alors Hyakuhei serait demeuré en mesure de contrôler les démons. Ni Tama... Ni sa mère et son père n'auraient été tués. Hyakuhei l'avait trouvé étendu dans son berceau. Les démons n'avait pas abîmé son corps comme celui de ses parents, mais il était n'en était pas moins mort. Se rappelant combien la prêtresse avait aimé son petit frère par le passé... Hyakuhei avait utilisé les forces qu'il lui restait afin de se reconstituer suffisamment pour insuffler une partie de sa force vitale à l'enfant, ramenant à la vie l'âme qui n'avait pas encore quitté le corps. Pendant tout ce temps, son sauveur et lui étaient resté cachés des gardiens, en attendant le retour de Kyoko. Au cours des années passées, Hyakuhei avait regagné des forces mais cela lui coûtait toujours autant en énergie lorsqu'il l'utilisait pour ramener son corps physique à l'état d'existence. Aussitôt que cette énergie était épuisée, son corps retournait à l'état d'ombre. Le seul avantage qu'il y avait à être une ombre, c'était de pouvoir espionner les gardiens... Et même se trouver dans la même pièce qu'eux sans qu'ils s'en doutent jamais. Tant de fois, alors que Tama était enfant, il avait demandé à Hyakuhei pourquoi ils n'envoyaient pas de démons attaquer les gardiens. Il avait simplement répondu, "Il n'est pas besoin de faire la guerre lorsqu'il n'y a encore aucun prix à conquérir." Depuis qu'Hyakuhei avait utilisé sa force vitale pour le ramener à la vie, Tama pouvait non seulement communiquer avec lui grâce à une connexion mentale, mais il pouvait également voir les ombres des souvenirs d'Hyakuhei de son point de vue... Ressentir ce qu'il ressentait. Il savait combien Hyakuhei avait raison d'attendre. Tama se rappelait des histoires qu'Hyakuhei lui avait raconté à propos de sa sœur. Des contes sur la fille des hommes qui avait accidentellement traversé le portail du temps il y avait si longtemps... Emmenant avec elle un village entier d'humains dans le royaume des démons. Hyakuhei et son frère jumeau Tadamichi avait empêché les démons de tuer Kyoko et les humains qui s'étaient brusquement retrouvé dans l'immense royaume des démons. Alors qu'elle se trouvait sous leur protection, Hyakuhei était tombé amoureux d'elle et lui avait donné le pouvoir d'être sa prêtresse... Le pouvoir de traverser d'un monde à l'autre afin qu'elle puisse revenir à lui. Dans une fureur jalouse, son frère jumeau Tadamichi l'avait dérobée à lui et l'avait repoussée dans sa propre dimension, scellant le portail entre les monde derrière elle. C'était un acte malveillant empreint de jalousie à l'égard de la prêtresse. Le Cœur d'Hyakuhei avait été brisé. Il s'était alors détourné de son frère, de colère et avait embrassé les démons comme nouveaux alliés. Devenant leur maître, sa guerre contre les gardiens fait rage pour une seule raison... Afin qu'il puisse trouver un passage à travers le Cœur du Temps pour pouvoir reconquérir sa prêtresse perdue. A cause des pouvoir qu'il lui avait transmis, la prêtresse était à présent immortelle... Elle se réincarnait encore et encore en tant que clé du portail entre les mondes. Mais avec le passage du temps, elle avait oublié son véritable pouvoir et son amour pour Hyakuhei. Les yeux de Tama brûlaient de haine pour Tadamichi et les gardiens. "Que vont-ils donc lui faire ?" Il pouvait revoir le portrait qu'il avait contemplé dans le salon familial lorsqu'il se glissait dans et hors de la maison à l'insu des gardiens. Elle était belle et il voulait retrouver sa sœur. Hyakuhei obtint le silence des démons qui attendaient ses ordres, sachant que dorénavant il devrait être prudent. Il baissa les yeux vers le jeune homme qu'il avait élevé comme futur prince des démons... Le petit frère de Kyoko. Lorsqu'il venait tout juste de traverser le portail, c'est Kyoko qu'il était venu chercher, il avait souhaité l'élever jusqu'à ce qu'elle soit suffisamment âgée pour qu'il puisse la faire sienne. Mais le vieil homme l'avait dissimulée aux démons qui avait attaqué la famille. Les plus meurtriers de ses démons avaient déjà assassiné le garçonnet et ses parents avant qu'il ne puisse resserrer son étreinte sur eux. C'était les même démons qu'il gardait prisonniers à l'intérieur de son corps afin de garder tout pouvoir sur eux. Sans ce contrôle implacable, les démons auraient tué chaque homme qu'ils auraient rencontré... Répandant la mort comme la peste. Sachant que Kyoko était encore en vie et reviendrait un jour, il avait voulu un cadeau pour elle... Son petit frère. Il avait donné à Tama une part de sa vie ainsi que de son pouvoir afin qu'il l'aide à régner sur les démons. Depuis le premier instant ou Tama avait repris vie, ils avaient eu un lien télépathique. Et même si le garçon n'avait jamais prononcé un mot à ce jour... Ils pouvaient entendre les pensées l'un de l'autre. Désormais, Tama était demeuré à ses côtés volontairement... Comme l'avait fait sa sœur avant lui. Elle a l'âge, maintenant... Ils vont la désirer. " La colère de Hyakuhei à cette pensée était audible dans sa voix. "Ils vont tenter de gagner sa confiance en lui racontant qu'ils la protègent contre les démons. Une fois qu'ils auront son amitié, ils vont tenter de se l'approprier ainsi que son pouvoir de contrôle du portail du temps." "Alors elle est en sécurité pour l'instant," Se dit Tama. "Mais nous ne pouvons la laisser demeurer avec eux. Elle n'a pas sa place là-bas." Son iris d'émeraude s'élargit avant de s'assombrir jusqu'à devenir couleur ébène. "As-tu un plan ?" Nous devrons nous montrer sournois. Je n'ai pas pu ramener beaucoup de démons avec moi dans ce monde et mes propres pouvoirs sont chancelants. Lorsque les pouvoirs de ta sœur seront réveillés par les gardiens et que nous serons réunis, mes pouvoirs seront restaurés." Hyakuhei pouvait sentir l'influence des démons en lui alors qu'ils secouaient les murs de leur prison désirant le pouvoir qui dormait au Cœur de la prêtresse. Si les démons pouvaient l'atteindre, ils la forceraient à ouvrir le portail temporel et à laisser entrer le reste des démons dans ce monde. Il gronda, sachant que non seulement il devrait se montrer plus malin que les gardiens.... Il devrait également surpasser en esprit les démons. Il avait conclu que le seul moyen de surmonter le mal était de lui être supérieur. "Pendant que les gardiens seront occupés, Kyoko sera contactée par son frère longtemps disparu et il la mettra en garde contre la supercherie des gardiens. Mais nous devons prendre notre temps et faire attention sans quoi nous la mettrons en danger. S'ils croient qu'elle va les trahir... Alors ils n'éveilleront pas son pouvoir. Au lieu de cela ils se retourneront contre elle." La jalousie déformait la voix de Tama comme il était la proie de l'attraction des esprits des démons qui les entouraient, "Ils ne peuvent la garder." "Non," Hyakuhei sourit sachant qu'il avait un plan de plus. "Mais d'abord... Nous les laisserons penser qu'ils le peuvent." Lorsque Tama fronça les sourcils et releva son regard vers lui, Hyakuhei avait disparu. Utilisant sa télépathie pour communiquer il demanda : " Vas tu lui rendre visite ?" Sa voix était pleine d'envie et de mélancolie. Il voulait voir sa sœur mais savait qu'il devait attendre que Hyakuhei s'assure que c'était sans danger. "Chut !" Le murmure d'Hyakuhei était tourmenté au moment ou il coupa la connexion entre Tama et lui. Un autre aspect bénéfique de sa condition d'ombre était la téléportation. Il se matérialisait au Cœur du salon face au portrait représentant à la fois Tama et elle. Son attention fut lentement captivée par l'escalier. Refusant d'utiliser la téléportation, il s'efforça de supporter chaque dose de douleur que lui infligeait le délai inhérent à la montée des marches puis s'appuya contre le chambranle de la porte ouverte comme elle entrait dans son champ de vision. Il avait su que poser les yeux sur elle serait douloureux et il en savourait chaque instant. Sa valise était ouverte sur le lit et elle faisait des allers-retour pour accrocher ses vêtement dans le dressing. Elle était la seule au monde à avoir la capacité de lui couper le souffle sans même essayer. Sa chevelure auburn cascadait en couches épaisses de larges boucles bondissantes... Un corps de déesse... Sa prêtresse. Il la regarda quand elle ralentit et s'arrêta près du lit, vraisemblablement perdue dans ses pensées. Elle se hissa sur le matelas et se mis en boule, un des oreillers serré contre la poitrine. "Tout est si calme Maman... Papa. J'aurais voulu que Tama rentre à la maison. Alors peut-être ce silence ne serait plus si assourdissant," Kyoko soupira, étendue sur le flanc, ne se donnant même pas la peine de ramper jusque sous les couvertures. Clignant des yeux à plusieurs reprises elle ressenti l'épuisement qui s'emparait d'elle. Hyakuhei s'assit sur le lit à ses côtés, la regardant respirer. "Tu n'as plus longtemps à attendre, Kyoko... Ton souhait deviendra réalité. Tu ne seras plus jamais seule." Profitant de l'énergie d'un instant, son corps se matérialisa en flamboyant alors qu'il saisissait la couverture au pied du lit. Il la remonta lentement sur son corps puis s'inclina vers elle et posa doucement un baiser sur sa tempe avant de s'évanouir dans les airs. ***** "Il nous tuera s'il ne reste plus de pizza !"Kamui tenait fermement une extrémité de la boîte à pizza alors que Shinbe et Kotaro agrippait l'autre comme si la rigidité cadavérique s'était emparée de leurs mains. Kamui lâcha aussitôt que la porte s'ouvrit et rigola lorsque Shinbe et Kotaro déposèrent lentement la boite face à la chaise de Toya comme s'ils l'avaient protégée pour lui. Lorsque Toya ne s'emporta pas contre eux comme à l'accoutumée, Kyou leva les yeux de son ordinateur portable et regarda Toya prendre place à table... La mauvaise place. Il releva un sourcil sombre lorsque Shinbe et Kotaro haussèrent les épaules et ouvrir la boîte à pizza de Toya. Il commencèrent à la dévorer. Toya ne leur jeta pas un regard. "Toya," tenta Kyou, s'alarmant pour de bon lorsque Toya ne sembla pas l'avoir entendu. Fermant le clapet de l'ordinateur portable, il attrapa Toya par les épaules et entrepris de le secouer mais Toya tressaillit, le regardant comme s'il sortait d'un état de choc. Kyou se demanda en silence si Toya avait fait la rencontre d'un autre des démons qui erraient près de la maison. Il étala sa perception sensorielle jusqu'à envahir l'aura de son frère mais ne ressenti aucune trace de contact avec les démons... A la place, quelque chose de bien plus perturbant. "Il s'est passé quelque chose ? " Demanda Kyou en entendant le claquement rapide du sang de Toya juste sous sa peau. Toya hocha la tête... Puis leur fit à tous une peur bleue lorsque ses lèvres se relevèrent en un sourire. Toya ne souriait jamais. "Je pense que demain nous avons école." "Voilà, tu veux reprendre ta pizza ?" Shinbe fit tomber la part qu'il venait de mordre puis donna une claque sur la main de Kotaro, le faisant lâcher à son tour la part qu'il venait de dérober dans la boîte également. Il fit lentement glisser la boîte à travers la table jusqu'à ce qu'elle se trouve face à Toya. "Tu aurais pu te contenter de te battre avec nous pour la ravoir au lieu de faire peur à tout le monde avec ton sourire bizarre," râla Kotaro. "Je ne crois pas qu'il rigolait," Dit Shinbe en fixant de son regard améthyste les grands yeux dorés de Toya. Il s'adossa sur sa chaise, à présent qu'il avait l'attention de tout le monde. Voyant cet air de stupéfaction qui essayait d'envahir à nouveau le regard de Toya il soupira. "Et pourquoi voudrions-nous subitement nous joindre à ces tarés du lycée Hormones Are Us ?" "Pour la simple raison que la fille qui vient d’emménager en face y fait sa rentrée demain." La respiration de Toya était légèrement saccadée maintenant qu'il avait prononcé ces mots. Alors que plusieurs chaises s'éloignaient de la table, Kyou abattit ses paumes sur le plateau de cette dernière dans un claquement sonore. "Assis !" C'était comme lorsqu'on appuie sur le bouton pause de la télé et qu'on faisait un lent retour en arrière. Une fois que tous se furent exécuté, il se retourna vers Toya. "Dis-nous de quoi tu parles." "Elle est seule... C'est elle." Toya se frotta la tempe bien qu'il sache parfaitement qu'un gardien ne pouvait avoir de maux de tête. "Kyoko... Elle parlait à la carafe au dessus de la cheminée. C'est comme ça que je sais qu'elle commence l'école demain." "Elle est comment ?" Demanda Kamui avec la même expression dans le regard que celle qui avait hanté celui de Toya quelques instants auparavant. "Je ne lui ai pas parlé," admis Toya, ses épaules tombant de quelques centimètres. "Je n'ai pas pu, mais elle portait un de ces habits qu'ils mettent dans les pensions." "Nous pouvons retrouver l'endroit ou elle était si son dossier a déjà été transféré à l'école du coin." ajouta Kotaro à point. "On s'en occupe, "Kamui s'empara hardiment de l'ordinateur portable de Kyou. Il connaissait une entrée secrète pour infiltrer la base de données du système informatique du lycée car il avait régulièrement vérifié les dossiers des écoles environnantes afin d'identifier toute inscription ou désinscription d'élèves d'âges correspondant à ceux de Kyoko ou de Tama. "Tu es certain que c'est elle ?" Demanda Kyou à Toya en se penchant en avant sur son siège. "Nous l'aurions reconnue au premier regard. Kyoko est l'image vivante de la statue à la jeune-fille..." Toya ferma les yeux, savourant le fait que jusque là, il était le seul à l'avoir vue. Si il piochait dans cette part de lui qui fut Tadamichi... Alors il pouvait même se rappelait le goût de Kyoko. Si les autres gardiens connaissaient son secret, ils en auraient été jaloux. "Des yeux couleur d'émeraude, des cheveux auburn mais elle semblait fragile... Comme si elle était encore une petite fille." "C'est aussi mon avis," acquiesça Kamui alors que ses yeux s'écarquillaient devant l'écran. "Son dossier indique qu'elle a passé sa vie dans une école pour filles au milieu de nulle part depuis l'âge de trois ans. Kyoko Hogo, age : 17 ans. Toutes les informations sont ici et j'ai même son emploi-du-temps pour la journée de demain."Il fronça les sourcils, "Mais je ne vois rien ici indiquant que son frère entre à l'école avec elle." Toya secoua la tête. "Je sais que nous avions espéré qu'ils étaient quelque part ensemble sains et saufs mais Tama semble n'avoir jamais été avec elle. Elle est complètement isolée là-bas. Rappelez-moi encore pour quelle raison on ne peut pas se contenter de lui dire qui nous sommes ?" Il connaissait déjà la réponse, elle lui déplaisait juste royalement car il voulait lui dire. Kamui leva les yeux de l'ordinateur portable en répondant d'abord. "Nous avons déjà mis cela au vote auparavant. N'importe quelle personne saine d'esprit appellerait sans doute la police si nous devions lui révéler qui nous sommes réellement. Elle est humaine, Toya... Elle n'a pas la moindre idée de ce que c'est qu'être une prêtresse. Nous devons être prudents." Shinbe renchérit, " De plus, la dernière chose dont nous avons besoin ou que nous voulons c'est d'avoir la police des polices qui fouillent dans nos affaires parce que les flics enquêtent sur nous pour suspicion de harcèlement de la voisine. Et si les démons apprennent que la prêtresse est de retour, ils provoqueront sûrement quelques problèmes qui attireront déjà l'attention de la police de toutes façons. Ce sera déjà assez dangereux avec notre apparition au lycée demain." "De plus, si nous débarquons subitement pour lui dire que des démons l'ont traquée quand elle avait trois ans et qu'elle nous croit... Ensuite elle se sentirait probablement coupable de l'assassinat de sa famille," ajouta Kotaro comme justification. Toya regarda les autres gardiens d'un œil sévère, n'aimant pas, une fois de plus, les réponses. "Vous avez plus que pensé à tout, n'est-ce pas ? " "Tu espères quoi ? Nous avons eu quinze ans pour retourner la question dans tous les sens." Kamui adressa un sourire d'excuse à Toya. "Shinbe, je pense que tu devrais aller vérifier les boucliers anti-démons qui entourent la maison." Kyou fit un signe de tête vers Shinbe et brusquement, ils n'étaient plus que quatre dans la pièce. "Putain, il est parti si vite que j'ai senti le courant d'air." Kotaro frotta son bras comme si le vent l'avait frigorifié. Les doigts de Kamui dansaient sur le clavier pendant qu'il parlait. "J'ai toujours tout arrangé pour que ça donne l'impression que notre père adoptif nous ait fait suivre une scolarité à la maison. Et avons tous atteint un niveau Terminale. Dès demain, nous rejoignons l'école publique afin de pouvoir passer notre diplome comme n'importe quel ado normal." "Oh, ça ne va mettre la puce à l'oreille de personne," déclara Kotaro d'un ton sarcastique. "Cinq frères qui commencent tous en même temps dans la même classe. Même si les profs l'acceptent, on sera quand même le sujet de conversation de tout le lycée en ce qui concerne les élèves. Ce n'est pas comme si nous avions la moindre chance de nous faire passer pour de véritables ados." "Essaye," Kamui lui lança un regard inexpressif. "De toutes façons, vous me devez de la gratitude. Je vais faire des changements dans tous nos emplois-du-temps afin qu'il y ait toujours au moins un d'entre nous en cours avec Kyoko. J'ai mis à jours nos dossiers scolaires chaque année depuis la maternelle, de manière à ce que nos âges respectifs correspondent au sien si elle devait refaire surface." "Par pure curiosité," dit Kotaro d'un air taquin, "T'aurais fait quoi si la prêtresse était revenue à l'âge de dix ans ?" "Fiche moi la paix," Kamui lui lança un regard noir. "Ou je ferais baisser toutes tes notes." Changeant complètement de sujet, Kyou fit une remarque, "Si j'ai raison, les démons étaient jusque là incapables de la localiser car son pensionnat se trouve en terre consacrée... et pour cette même raison nous ne pouvions la trouver. Jusque là les démons se sont déployés en provoquant des dégâts ici et là. Mais à présent, ils pourront renifler sa trace et reviendront un à un." Sa voix devint si glaciale qu'elle aspira toute la chaleur de la pièce instantanément. "Et ce n'est pas parce que nous n'avons pas détecté de traces d'Hyakuhei dans ce monde qu'il n'est pas ici." "Nous savons qu'il est ici." Toya gronda sentant enfler la haine en lui puis il se calma brusquement. "Nous sommes venus en ce monde pour pouvoir être à ses cotés et la protéger. Elle ne devrait pas être laissée là-bas seule une seule minute." "Nous sommes tous du même avis, Toya... mais il faut te rappeler que c'est une innocente. C'est pour cela que nous allons devoir devenir ses nouveaux meilleurs amis," l'informa Kyou. "Et exactement de quelle façon compte tu parvenir à ça ?" rétorqua Toya. "Ta maman ne t'a donc pas appris à être amical ?" Kamui eut un sourire moqueur mais son regard s'emplit de panique lorsque Toya se leva promptement. Toya remarqua le mouvement de recul de Kamui et leva un sourcil sévère. "Je vais seulement aller voir ce qui prend tant de temps à Shinbe." ***** Shinbe s'assura que les pièges anti-démons n'avaient pas été dérangés, même si sa préocupation principale n'était pas les démons mais bien autre chose. Le fait qu'Hyakuhei ai pu traverser le champ de force protecteur autour du Coeur du Temps en disait long sur l'étendue du danger dans lequel se trouvait réellement la prêtresse. Bien sûr, les protections contribueraient à la garder dissimulée et à garder à l'écart les plus faibles des démons qui tenteraient de franchir les limites, mais ce ne serait pas suffisant pour arrêter Hyakuhei si il décidait de se montrer. Si il savait une chose à propos d'Hyakuhei, c'était que le seigneur démon avait de la patience... suffisamment de patience pour avoir fait le mort pendant les quinze dernières années. Les quelques démons que les gardiens avaient arrêté alors qu'ils venaient espionner, ils les avaient détruits. Mais à présent que la prêtresse était là... il était impossible de dire ce qui allait sortir de l'ombre. Elle aurait besoin d'une meilleure protection. Lorsqu'il vit s'allumer une des pièces à l'étage, Shinbe se mit rapidement à escalader le mur extérieur, incapable de se retenir. C'était comme si son âme même était attirée par elle. Ses yeux améthystes luisaient alors qu'il regardait par la fenêtre et la voyait debout dans l'immense salle de bain. Toya avait eut raison... il l'aurait reconnue n'importe ou. Il la regardait faire de gracieux mouvements alors qu'elle tendait la main dans la douche afin de tester la tempétature de l'eau. Il tenta de se détourner, mais lorsqu'elle commença à déboutonner son corsage, il avait perdu toute volonté... il était gelé sur place. "Alors c'est à ça que la statue de la jeune fille ressemblerait sans vêtements," Shinbe repris son souffle puis se mit à grimper un peu plus haut afin de voir plus aisément son corps tout entier et non uniquement de la tête à la taille. Il perdit subitement ses appuis lorsqu'un bras passa autour de son cou et le tira en arrière. Toya grogna lorsqu'il toucha le sole, tombant à plat sur le dos, mais ce ne fut rien à côté de Shinbe lorsqu'il tomba par dessus lui."Dégage ! vociféra Toya. "Lâche mon cou et je le ferais," siffla Shinbe en plantant son coude dans les cotes de Toya. Toya repoussa Shinbe et fit une roulade pour se remettre sur ses pieds. "Tu es censé être en train de vérifier les protections anti-démons, pas..." Il fit un geste en direction de la fenêtre,"... tu n'es qu'un pervert, tu sais ça ?" "Je voulais simplement la voir." Shinbe commença à lever à nouveau le regard vers la fenêtre mais le grondement menaçant de Toya l'arrêta. "Je pense que tu en as vu assez." Les yeux dorés de Toya étaient mêlés d'un tourbillon couleur mercure. Shinbe se demanda si cela valait la peine de rappeler à Toya qu'il y avait bien plus encore à voir mais il savait quand ne pas pousser le bouchon. "Bien, il aura toujours le vestiaire des filles au lycée demain." Cela lui valu une claque retentissante mais il se contenta de rigoler. "Allez, viens, on a une réunon qui nous attend." Toya repris le chemin de leur maison poussant Shinbe devant lui pendant tout le trajet. Toute trace d'humour avait quitté le visage de Shinbe lorsqu'il du partager avec le groupe ses craintes concernant les faiblesses de la barrière. "Je sais que nous avons tué un tas de démons parmi ceux qui ont hanté le quartier en l'attendant, mais parfois je me demande si nous n'avons pas oublié le véritable problème." "Nous nous relayerons pour la surveiller cette nuit." L'ordre donné par Kyou déclencha l'éternelle dispute pour savoir qui serait le premier, mais Kyou eut le dessus. Dans sa forme invisible, Hyakuhei s'adossa au mur le plus éloigné de cette même pièce dans laquelle ils tenaient leur réunion secrète. Il prêtait à peine attention à ses neveux car son esprit s'évadait vers la maison d'en face ou la fille en question dormait. Il pensa que c'était bien triste qu'ils évitent de prononcer son nom et ce demanda si c'était la culpabilité qui les en empêchait. Chapitre 3 " Le lycée des obsédés" Kyoko avait passé sa matinée dans la frustration à essayer de choisir quoi porter. Ce n'était pas comme si elle avait un énorme choix puisqu'elle avait porté la même chose chaque jour à la pension. Heureusement elle trouva un peu de couleur pour relever sa terne tenue. Une des filles lui avait offert un chemisier l'an dernier pour Noël. Il était vert émeraude, court, à volants. Elle l'avait toujours aimé mais n'avait jamais eu une occasion de le porter. A présent qu'elle le portait avec une de ses jupes noires d'uniforme, elle se sentait presque excitée à l'idée d'aller faire les boutiques après l'école afin de refaire sa garde-robe. Monsieur Sennin lui avait donné une carte bancaire avec ses informations bancaire la veille dans l'avion. Kyoko avait failli hurler lorsqu'il lui avait communiqué le solde de ce compte. Elle fut heureuse de ne pas l'avoir fait lorsqu'il ajouta que cette carte ne concernait que le compte pour les loisirs. Sa véritable fortune se trouvait dans un tout autre compte. Elle était à présent face au premier dilemme de sa vie... comment se rendre à l'école. A la pension il n'était pas autorisé aux filles de passer leur permis de conduire et elle n'avait pas la moindre idée si le bus scolaire passait seulement dans cette rue... non pas que le chauffeur de bus se serait arrêté pour elle. Elle fut brutalement tirée de ses pensées par le bruit d'un klaxon à l'extérieur. Ouvrant la porte d'entrée, Kyoko sourit et fit un signe de main au taxi. "Merci Monsieur Sennin," murmura-t-elle en attrapant son sac de classe et en se dirigeant vers l'allée. "Et bien, cela répond à la question." Shinbe grimpa sur le siège passager de la Jeep de Toya alors que Kyou et Kamui se dirigeaient vers la belle mustang noire. "J'espère seulement que le sortilège de protection que j'ai placé sur elle la nuit dernière sera suffisant pour la dissimuler et empêcher des démons errants d'attaquer le lycée." Toya serra la mâchoire sachant que chaque gardien s'était rendu séparément dans sa chambre la nuit précédente, mais d'imaginer à quel point Shinbe avait du être proche d'elle pour pouvoir jeter le sort de protection lui tapait sur les nerfs. Kotaro mis ses lunettes de soleil et fit passer sa jambe par dessus l'arrière de sa moto. "Le dernier arrivé devra faire les devoir de tout les autres." ***** Souhaitant voir sa sœur de ses propres yeux, Tama alla s'asseoir sur le mur de briques haut d'un mètre situé devant le lycée. Il regarda Hyakuhei, qui était adossé contre les briques à ses côtés même si Tama savait que personne à part lui ne pouvait le voir puisqu'il était une ombre. Jusque là il était resté silencieux alors que tous deux regardaient entrer les lycéens dans l'école. Avec sa coupe de jeune skateboardeur et ses nouveaux habits, Tama se fondait dans la masse des lycéens alors qu'il surveillait et attendait. Ses yeux verts émeraude étaient dissimulés derrières l'obscurité de ses pensées pendant un instant alors qu'il sentait le pouvoir des gardiens passer à proximité et entrer dans le lycée. Il ne les regarda pas de peur de laisser paraitre sa haine. La nuit précédente, il avait envoyé un de ses démons pour surveiller sa maison et le prévenir si sa sœur partait. Peu avant l'aube, un des gardiens l'avait tué. En tant que maître du démon... il avait ressenti sa mort violente. Il savait que contrôler des démons n'était pas la même chose qu'avoir des animaux domestiques alors il n'était pas plus ennuyé que cela lorsqu'un d'entre eux mourrait. Parfois il ressentait lui-même l'envie de les tuer lorsque l'un d'entre eux s'affranchissait de son emprise et blessait un humain...ou pire. Ressentant un pic d'énergie autour de lui, il tourna la tête pour voir passer une fille qui s'éloignait d'un taxi qui venait de s'arrêter devant le lycée. Tama entrouvrit les lèvres et il sut sans l'ombre de doute qu'il s'agissait de Kyoko. Elle avait une longue chevelure auburn avec des ondulation qui bondissait quand elle marchait. Une partie de la chevelure était relevée et attachée vers le sommet de son crâne alors que le reste descendait quasiment jusqu'à sa taille. Elle regarda dans sa direction avec ses yeux d'un vif vert émeraude puis détourna rapidement le regard comme si elle avait été nerveuse. Hyakuhei garda son aura cachée lorsqu'elle s'approcha d'eux. De seulement la voir à nouveau, si tôt, le frappa d'un soudain sentiment de besoin. Il pouvait entendre battre le cœur de Tama en accéléré alors que le garçon lui murmurait à l'esprit... "Il est ici, pas vrai ?" "Oui." La voix d'Hyakuhei était un mélange d'émotions alors que les souvenirs refaisaient surface pour venir le hanter. "Il est temps pour nous de laisser un cadeau aux gardiens." Tama eu un sourire méchant alors qu'il haussait le bras pour enlever la veuve noire de son épaule, la déposant sur la brique à ses côtés. Il regarda alors qu'Hyakuhei passait la main sur la venimeuse arachnide comme si il lui faisait une caresse. L'ombre projetée par l'araignée dans le soleil matinal ouvrit ses yeux rouge sang. ***** Kyoko était une pelote de nerfs lorsqu'elle pénétra dans le bâtiment. C'était comme si quelqu'un la surveillait et la sensation lui laissait la chair de poule. Ce lieu n'avait rien à voir avec la pension. Certains des gosses qu'elle venait de croiser faisaient toutes sortes de choses comme fumer des cigarettes ou se peloter juste là devant le lycée. Comme si ce n'était pas assez... Ce qu'ils portaient lui donnait un sentiment d'infériorité. Perdant presque son sang-froid, Kyoko se retourna et mis la main contre la porte, avec une soudaine envie de fuir. Regardant la masse des lycéens, son regard s'arrêta à nouveau sur ce garçon assis seul. Elle l'avait remarqué lorsqu'elle était descendue du taxi et il la regardait encore. Il était plus grand qu'elle mais avait environs le même âge, il y avait quelque chose de fatal dans ce corps que le gamin au style alternatif avait du mal à dissimuler. Il lui faisait penser à quelque chose dont tu connais la dangerosité mais que tu désires quand même. Voyant le soleil miroiter dans son regard lorsqu'il leva la tête, elle aurait pu jurer que la couleur de ses iris avait changé du noir au vert vif. Se disant que ça devait juste être son imagination, Kyoko se retourna et poussa un soupir car il était temps d'affronter la réalité. Tentant d'éviter de croiser le regard de quiconque, elle se dirigea vers la porte vitrée à côté de laquelle on pouvait lire BUREAU. Elle pencha la tête en voyant toutes ces filles qui se pressaient autour des portes et qui jetaient un œil à l'intérieur en chuchotant. Elle saisit au vol toutes sortes de remarques allant de, "Regarde-moi ce cul", à "Je l'ai vu la première." Une fois qu'elle fut dans la pièce, la porte refermée derrière elle, Kyoko regarda autour d'elle, remarquant que c'était carrément plus bruyant ici que cela ne l'avait été dans le couloir. Elle se dirigea vers le long bureau mais s'arrêta net en voyant plusieurs élèves devant elle. La secrétaire fit claquer sa langue en signe d'agacement. "Je n'ai même pas eu le temps de vérifier le fax alors vous aller devoir prendre un siège jusqu'à ce que j'arrange vos emplois du temps." "Nos emplois du temps sont déjà validés et devraient se trouver avec le reste de la paperasse." La voix de Kyou était glaciale. Si la vieille femme le connaissait mieux, elle aurait été en train de remuer ciel et terre pour faire ce qu'il demandait. Un regard mauvais vers la machine à faxer, celle ci se mit à cliqueter et à imprimer. Le regard de Kyoko croisa celui du gars dont la voix lui avait donné des frissons, mais aussitôt qu'elle posa les yeux sur lui, elle entrouvrit les lèvres. Ce n'était pas étonnant que des paquets de filles soient collés à la vitre tentant de jeter un œil dans la pièce. Il avait les plus longs cheveux qu'elle ai jamais vus et ils étaient d'une couleur argent presque blanche. Pas du tout comme ceux d'un vieillard mais plutôt avec une couleur vibrante et douce. Ses vêtements étaient ceux d'un gosse de riche et il semblait habitué à obtenir ce qu'il voulait. Le sourire qu'il adressa à la secrétaire était méchant et froid, mais son visage était la perfection même. Il avait l'air d'un homme qui sortait d'une séance photo pour une de ses campagnes de pub pour sous-vêtements Calvin Klein. Ses joues se colorèrent lorsque son expression se radoucit instantanément et qu'il regarda dans sa direction comme si il avait entendu ses pensées. Kyoko recula d'un pas, détournant son regard de lui. C'était bien moins dangereux de regarder la moquette. "Êtes-vous Kyoko Hogo ? " La dame avait pratiquement hurlé depuis la chaise derrière le bureau. Kyoko sursauta et releva les yeux avant d'acquiescer, n'appréciant pas l'attention soudaine. "Voici votre emploi-du-temps." La dame lui tendit la feuille mais garda le regard fixé sur le gars devant elle. " Votre avocat a eu le bon sens d'envoyer les informations vous concernant la semaine dernière et non à la dernière minute." Sa voix n'aurait pas pu être plus mielleuse même en l'enrobant de sucre. Kyoko comprit que le sarcasme était dirigé contre le gars avec qui elle avait eut une prise de bec et non contre elle. "Vous pouvez aller à votre premier cours." Elle montra à Kyoko la porte puis se retourna vers les autres. "Je n'arrive pas à croire que j'ai six nouvelles inscriptions à faire le même jour." Kyoko se retourna et se précipita vers la porte uniquement pour se retrouver face à l'un des gars qui la lui tenait ouverte. Elle avait déjà été assez embarrassée sans cela, alors sans même le regarder directement, elle murmura rapidement, "merci," en se glissant à l'extérieur. Elle mit les pieds dans le couloir et se dépêcha de mettre une bonne distance entre elle et les filles qui bavaient littéralement devant les garçons avant de sentir la tension se lever. Elle baissa les yeux vers la feuille de papier puis les releva pour regarder les vastes couloirs. Kyoko remarqua qu'ils allaient tous dans des directions différentes, même vers les étages. "Super... comment suis-je censée trouver la salle 101, moi ?" "Monte les escaliers et c'est la première porte à ta gauche," dit Tasuki en se penchant par dessus son épaule pour regarder son emploi du temps. "Hey ! On a les même cours. " Là regardant faire un tour sur elle-même comme si il lui avait fait peur, Tasuki lui adressa un sourire qui semblait dire "Je suis si innocent". "Je ne t'ai jamais vue ici, et je sais à quel point ils peuvent faire n'importe quoi dans ce bureau. Alors je me suis dit que j'allais m'approcher pour me présenter au cas où tu aurais besoin d'aide." Il lui tendit la main. "Tasuki... et tu es ?" Kyoko ne put s'empêcher de sourire lorsque sa chaude main pris la sienne et la tint. La curiosité piqua son esprit car elle avait le sentiment de l'avoir déjà vu ailleurs. Elle cligna les yeux lorsque ce sentiment persista même si elle savait qu'il n'y avait aucune chance qu'elle ait pu le rencontrer avant ce jour. Sa chevelure était si sombre qu'elle avait d'étranges reflets bleutés visibles à la lumière et les mèches dégradées pendouillaient en désordre au delà de ses épaules. Elle pouvait voir un pendant d'oreille en forme de croix qui se balançait d'un coté et songea qu'il avait l'air d'un chanteur sorti d'un groupe de rock des années 80. Une des filles de son école avait régulièrement récolté des ennuis pour avoir fait entrer en douce dans le pensionnat des posters de rock et pour les avoir accroché à divers endroits de l'établissement. "Kyoko," Elle lui indiqua son prénom puisque c'est la seule information que lui même lui avait donnée. "Quand je pense que les profs disent que je ne suis bon à rien." Son sourire était étincelant alors qu'il faisait un signe de la main vers les escaliers. "Je peux maintenant leur prouver qu'ils ont tous tort en t'empêcher de t'égarer aujourd'hui." Kyoko le suivit à l'étage avec gratitude alors qu'il continuait à parler des profs, qui donnaient des devoirs et qui n'en donnaient pas. Lorsqu'ils pénétrèrent dans la salle de Sciences, elle remarqua que les tables étaient des bureaux siamois. "Ouais," dit Tasuki en fronçant les sourcils. "Chaque double table était déjà occupée. Dans cette école ils avaient un truc avec les doubles tables pour en mettre ainsi dans chaque classe. " Il enfonça la tête dans les épaules, "mais la table collée à la mienne est inoccupée." Kyoko était simplement contente que le prof lui adresse un sourire et détourne le regard au lieu de la présenter à la classe. Trouvant un livre de science déjà posé sur la table, elle s'installa rapidement comme le reste des élèves occupait peu à peu les chaises. Tasuki fut le dernier à s'asseoir car il était en train de feuilleter son livre pour lui montrer à quel chapitre ils en étaient. "Tasuki... arrête d'essayer de papillonner et va à ta place." La voix grave masculine provenait de l'avant de la classe et fit Kyoko rougir progressivement jusqu'à être cramoisie lorsque plusieurs élèves se retournèrent pour mieux les regarder. "Elle est peut-être nouvelle mais vu les notes dans son dossier, je ne crois pas qu'être sans partenaire lui pose problème." "Si elle a besoin d'un partenaire..." Shinbe avança dans la classe comme si c'était sa place,"... alors je me porterais volontaire." Il tendit un billet au professeur et se dirigea vers le seul siège de libre dans la classe. Pendant que le professeur examinait le papier, les yeux de Kyoko s'écarquillèrent et elle retira ses affaires de la chaise à côté d'elle. Il lui rappela immédiatement Tasuki car ils semblaient avoir la même coupe de cheveux. Mais les yeux de ce gars n'étaient pas d'un brun mielleux comme ceux de Tasuki... elle aurait pu jurer qu'ils étaient améthyste. Là ou on aurait pu penser que Tasuki tentait d'avoir l'air d'une rock star, ce gars là n'avait pas besoin d'essayer... c'était naturel. "Tu partages avec moi ?" Le regard de Shinbe croisât le sien lorsqu'il prit place sur la chaise. "Heu ?" fut l'élégante réponse de Kyoko. Pourquoi avait-elle soudain l'impression d'être fiévreuse ? "Ton livre," Shinbe lui adressa un sourire malicieux se demandant à quoi elle pouvait bien être en train de penser. "On dirait qu'il n'y en a qu'un seul." "Oh. Oui." Kyoko acquiesça faisant glisser le livre entre eux deux alors qu'il glissait sa chaise un peu plus près de la sienne. Elle se demanda en silence si c'était une règle écrite quelque part que la nouvelle arrivée soit forcée de rougir toute la journée. Regardant Tasuki qui se trouvait plus loin elle remarqua que le sourire de son nouvel ami avait disparu et qu'il tapait son crayon rapidement contre la table alors qu'il dévisageait son nouveau partenaire. Il n'était pas le seul à les fixer du regard. On aurait dit que toutes les filles de la classe s'étaient passé le mot et avaient toutes besoin de récupérer une chose dans leur sac pour avoir une excuse pour se retourner et regarder. Shinbe plaça un coude sur la table et se pencha pour lui barrer la vue et l'empêcher de voir le gars qui l'avait accompagnée à l'étage depuis le bureau en lui tenant la main. "On dirait que finalement tu as un partenaire, après tout. J'm'appelle Shinbe," Il lui fit un clin d'œil pour attirer toute son attention. Une heure plus tard Kyoko fut presque triste de voir se terminer le cours. Shinbe s'était révélé être super drôle alors qu'ils faisaient cette expérience scientifique du jour. Seules leur table et celle de Tasuki avaient obtenu le bon résultat. Shinbe avait ramassé leur livre de science partagé en même temps qu'elle. Plaçant sa main par dessus la sienne il l'avait tirée vers lui. Alors qu'elle levait les yeux vers lui avec ces grands yeux vert émeraude, c'était tout ce qu'il avait trouvé à faire pour s'empêcher de l'attraper par la taille et de la coller tout contre lui. "Je vais garder ça," sa voix était rauque et se stabilisa lorsqu'il ajouta, "Puisqu'il n'y a pas de devoirs." Son pouce caressait le dos de sa main alors qu'il écoutait s'accélérer les battements de son cœur. Kyoko hocha la tête, sentant ses genoux faiblir, puis retira avec réticence sa main de la sienne. Il y avait quelque chose chez lui qui lui donnait envie de s'accrocher à lui et de se blottir dans ses bras et ça c'était juste perturbant. Elle se retourna pour ramasser son sac à dos mais remarqua que le bras de quelqu'un d'autre était déjà tendu vers le sac. Tasuki attrapa le sac de livres avant qu'elle n'y parvienne et se glissa vite entre elle et Shinbe. "Prête pour les calculs ?" Kyoko acquiesça, heureuse de la distraction. "Jamais." Elle rit face à l'expression de Tasuki. Tasuki comprit finalement la plaisanterie, roula des yeux et grogna. "Ouais, chaque fois que je pense avoir compris les maths, on fout une autre chose encore plus débile au tableau juste pour que tout le monde puisse se foutre de ma gueule." Il attrapa la main de Kyoko, la rapprochant de lui, "Viens, je vais te montrer le chemin de l'enfer." Shinbe les regarda partir le regard fixé sur la main qui tenait la sienne de manière si possessive. " Il pense savoir ce qu'est l'enfer, hein ? Je pourrais lui montrer ce que c'est vraiment." murmura Shinbe jalousement dans sa barbe. Il rejeta l'envie qu'il avait de briser les doigts du garçon. Fermant les yeux un instant, il laissa ses pouvoir s'étaler à travers le lycée comme une vague alors qu'il recherchait tout signes de démons en chasse. Lorsque la vague passa sur Kyoko et son ami, Shinbe fronça les sourcils. Ce n'était pas que le garçon soit un démon... l'aura était étrangement familière. Dans la salle d'après, Tasuki commençait à la diriger vers une table qu'il savait inoccupée mais fut brusquement arrêté dans sa course. Kyoko suivit son regard, et celui de tous les autres dans la classe. Ses yeux s'écarquillèrent devant les longs cheveux argentés du gars qu'elle avait vu se disputer avec la secrétaire. Alors qu'il se sentait observé, sa tête tourna lentement et ses yeux d'or liquide captivèrent les siens la maintenant immobile. "Combien de nouveaux avons-nous aujourd'hui ?" Demanda Tasuki sans s'adresser à quiconque en particulier. "Six," répondit Kyoko, se rappelant de ce qu'avait dit la secrétaire. Kyoko eut une impression de déjà vu lorsqu'elle remarqua un livre de maths et qu'il avait déjà été déplacé entre les deux places comme si le garçon l'attendait. Elle repoussa cette idée en pensant que peut-être le professeur lui avait demandé de le partager avec elle avant qu'elle n'entre dans la classe. Plus elle se rapprochait de lui, plus elle se sentait perturbée. C'était comme si chaque hormone de son corps venait de s'éveiller et de prendre conscience. Lorsqu'elle s'assit, il rapprocha sa chaise un peu plus et elle sentit la chaleur envahir ses joues. Regardant à travers la salle elle remarqua qu'une paire de filles la regardaient en fronçant les sourcils. Cela allait être le cours le plus long de l'Histoire de l'humanité, elle le savait. Kyoko ferma ses yeux et frotta sa tempe. Aussitôt que la classe de maths eut commencé le travail donné, Kyoko lutta pour se rappeler comment faire les problèmes alors qu'elle avait déjà appris tout cela l'année précédente au pensionnat. Voyant la main de Kyou pratiquement voler le long de la page, Kyoko soupira intérieurement maintenant qu'elle bloquait sur le second problème. Le prof sillonnait les rangs et remarqua que Kyou avait presque terminé la page. "Je vois que vous avez déjà appris à faire ceci, Kyou. Vous voudriez bien aider Kyoko en lui expliquant ?" Le prof fit un doux sourire mais n'attendit pas la réponse avant de se retourner vers la rangée suivante d'élèves. Kyoko fut mortifiée. Elle demeura complètement immobile en le regardant mettre ses copies de côté. Lorsqu'il se pencha vers elle pour rapprocher ses feuilles, une mèche de ses cheveux glissa sur sa main. La froide sensation de contact avec de la soie vint confirmer la plus grande crainte de Kyoko... elle allait vraiment se planter en maths cette année. Le coin des lèvres de Kyou se relevèrent imperceptiblement en une esquisse de sourire lorsqu'il entendit ses pensées. Se baissant un peu pour mieux la regarder dans les eux, il plaça sa main par dessus la sienne et lui murmura, "Je ne te laisserais pas te planter." Avant la fin du cours, Kyoko s'était souvenue de la manière de résoudre le problème de calcul. Ils avaient même terminé les devoirs de maison du jour avant que la cloche ne sonne. Encore cette sensation de déjà vu lorsqu'il offrit de garder le livre. Voyant que Tasuki l'attendait près de la porte, elle se dépêcha. "Tu as vraiment Economie familiale ?" demanda Kyoko pour s'empêcher de regarder en arrière vers Kyou. "Bien sûr. En fait, c'est un cours ou il y a principalement des mecs cette année." Ses yeux scintillèrent comme il faisait un clin d'œil. "Nous autres, les hommes, devons savoir comment cuisiner pour nos chéries pour les rendre heureuses." Tasuki eut un sourire taquin, "De plus, nous pouvons cuisiner tous les jours alors c'est comme si on pouvait avoir des casse-croutes avant la pause déjeuner." "Ah ! Alors la vérité est enfin révélée. Je savais bien qu'il y avait une raison pour laquelle je voulais ce cours." Kyoko lui adressa un sourire coquin sachant qu'elle avait peut-être plus besoin de ce cours que les autres. Jusqu'à la nuit précédente elle n'avait jamais été admise dans une cuisine et se demandait si elle serait suffisamment capable de faire illusion pour ne pas devenir la risée de la classe. A présent qu'elle devait cuisiner pour se nourrir... elle avait intérêt à réussir dans ce cours ou à apprendre à aimer les Cheerios. Cette salle était aménagée différemment de toutes les autres. Il y avait des tables et des chaises comme dans la salle du réfectoire à la place des bureaux habituels. "On s'assied ou on veut." Tasuki fit trembler ses sourcils et les mena rapidement vers une table au fond de la classe. Tout le côté droit de la salle contenait tout ce dont ils auraient besoin pour cuisiner, y compris cinq cuisinières. Kyoko regarda rapidement autour d'elle, compta cinq tables et supposa que les occupants de chaque table formeraient une équipe qui cuisinerait ensemble. Les deux autres gars rejoignirent leurs places et Tasuki lui présenta Yohji, qui avait l'air du gars typiquement Américain. Lorsqu'il demanda à l'autre gars son nom, Kyoko se rendit compte qu'il devait être l'un des nouveaux élèves. Une fois de plus, elle se sentit attirée comme par des aimants invisibles qui ne fonctionnaient que sur les nouveaux élèves. "Salut," murmura-t-elle alors qu'il sourit et hocha la tête. Il était juste à tomber par terre comme les deux autres nouveaux qu'elle avait rencontrés ce matin là. Sa chevelure était incroyable... sombre et claire à la fois, avec des mèches améthyste un peu partout. Ses cheveux indisciplinés lui arrivaient aux épaules, on aurait dit qu'il venait d'affronter une tempête et ses yeux... Ils n'avaient pas une couleur... Ils avaient toutes les couleurs et elle aurait pu jurer qu'ils étincelaient d'une lueur surnaturelle. Il semblait la regarder avec autant d'intensité que celle avec laquelle elle le regardait. Lorsque leurs regards se croisèrent, Kamui lui adressa un sourire qui aurait fait fondre le diable lui-même. "Vous ne voulez pas une chambre non plus ?" râla Yohji qui enragea Tasuki et provoqua un éclat de rire chez Kamui. "Seulement si on peut t'enfermer dedans," Kamui adressa un sourire taquin à Yohji lorsqu'il se raidit. Il tenta de ne pas éclater de rire lorsqu'il comprit d'un seul coup que le mec était claustrophobe. "J'étais seulement en train de choisir la personne pour qui j'allais cuisiner. Quelque chose ne va pas ? Tu es jaloux ? Tu voudrais que je cuisine pour toi à la place ?" Yohji rentra la tête dans les épaules et décida de répondre sur le même ton, "Uniquement si ça te fait plaisir, chéri." "Tasuki s'adossa sur sa chaise en regardant le nouveau regarder Kyoko. Ils se trompaient. Ce n'était pas Yohji qui ressentait les épines acérées de la jalousie. Peut-être était-il temps de commencer à connaître ses rivaux. Il regarda le sourire joyeux sur le visage de Kyoko et décida qu'il ferait mieux de trouver un plan. "Aujourd'hui nous allons faire des bonbons d'Halloween en partant de zéro," annonça le professeur en distribuant les recettes. "Et là on va enfin pouvoir manger la tête des monstres !" ajouta Kamui comme si il venait juste de gagner à la loterie. Lorsque Kyoko commença à rire avec lui, Kamui sentit son sang se réchauffer et il se retrouva en train de lutter contre le besoin de la toucher. Il se demanda en silence si ses frères étaient en train de lutter contre le même puissant désir. Chacun d'eux se saisit d'un emporte-pièce de forme différente conforme au thème d'Halloween et prépara dix cookies, les plaçant dans un moule exagérément grand. Lorsqu'ils eurent terminé, ce fut à Kamui qu'on confia la tâche de retirer le moule du four. Voyant les cookies de Kyoko en forme de citrouille affreusement déformés, il murmura rapidement quelques paroles dans une langue oubliée tout en retirant le moule du four. "Comment est-ce arrivé ?" demanda Kyoko stupéfaite alors qu'il apporta le moule sur la table. Ses cookies étaient la perfection même alors que ceux des gars, on aurait pu croire que des enfants de cinq ans les avaient fabriqués. "Et c'est la raison pour laquelle la plupart des élèves qui choisissent ce cours sont des mecs," Kamui sourit en prenant une bouchée d'un des cookies de Kyoko puis plissa les yeux en entendant un léger grondement en provenance de Tasuki. Regardant de plus près le gars qui s'était désigné comme garde-du-corps de Kyoko pour la journée, Kamui inclina la tête car il avait un mauvais pressentiment. Chapitre 4 " Les Bad Boys et Roméo" Le déjeuner vint ensuite et lorsque Tasuki intégra la queue à la cafétéria, Kyoko regarda à l'extérieur par la grande fenêtre vitrée et se dirigea vers l'espace déjeuner situé à l'extérieur. Voyant les tables dispersées un peu partout sur le ciment, elle regarda au delà et remarqua une paire de tables de piquenique sous de beaux arbres ombrageux. Ayant besoin de quelques minutes de paix pour se remettre de toute l'excitation de la matinée, elle choisit le plus grand arbre et s'installa dessous, tournant le dos à l'école. Hyakuhei s'appuya contre l'arbre aux côtés de Kyoko, même si il savait que cela ne servait à rien de le faire. Ses yeux étaient sombres, sans aucune émotion du tout et ses lèvres ne portaient aucune trace de son humeur. Il était déjà fatigué de lui être invisible mais il savait qu'il devait patienter. Comment pouvait-il réconforter une personne qui ignorait jusqu'à sa présence ? Plongeant la main dans son sac à dos, Kyoko retira la petite glacière souple qu'elle avait remplie de raisons et se détendit contre la douce écorce de l'arbre. Entendant une moto à proximité, elle leva les yeux. Un gars portant des lunettes noires, habillé de noir, avec une longue chevelure en dégradé passa près du trottoir. Elle ne pouvait voir ses yeux, mais elle savait qu'il la fixait du regard. Elle ne pouvait décider si c'était parce qu'elle n'avait jamais fréquenté le sexe opposé ou si c'était simplement parce que cette école était pleine de gars qui ne passeraient leur bac que pour devenir top model. Elle pouvait seulement s'imaginer le gars sur la moto à l'affiche d'un film sur le sujet de Bad Boys sexy. Elle mangea quelques raisins et ferma les yeux en essayant de chasser l'image appétissante. Ses hormones avaient déjà pris un coup aujourd'hui et elle se sentait affaiblie. Ce n'était pas comme si quoi que ce soit de tout cela pouvait la choquer réellement car à la pension elle avait réussi à faire une chose sans se faire choper... lire. Lorsque les autres filles allaient à la bibliothèque municipale, elle donnait toujours à celle qui craquait sur les stars du rock une liste de livres à emprunter pour elle. Elle prenait alors la jaquette d'un livre de Shakespeare et enveloppait un de ceux qu'elle était en train de lire avec afin que nul ne puisse soupçonner la nature de son plaisir coupable... les histoires d'amour de toutes sortes. Elle avait commencé par lire les histoires d'amour ancrées dans des contextes historiques comme celle ou l'Indien kidnappe la fille blanche et l'emmène dans son teepee, la retenant captive jusqu'à ce qu'elle tombe amoureuse de lui. Puis elle s'était intéressée aux histoires d'amour entourées d'éléments surnaturels... Le vampire est également connu pour kidnapper la fille en la gardant captive jusqu'à ce qu'elle tombe amoureuse. Ces livres n'étaient pas loin d'être érotiques et si ses hormones étaient à présent hors de contrôle, elle pensait qu'ils étaient à blâmer. Durant l'année qui venait de s'écouler, elle avait lu toutes sortes de romances surnaturelles, tout ce qui lui tombait entre les mains et plus c'était sombre meilleur c'était. Kyoko souffla pour balayer la frange qui gênait ses yeux, consciente que son innocence était un souvenir... ne serait-ce que mentalement. En entendant sonner la cloche, elle grimaça car elle n'avait pas encore mangé plus de trois raisins. Fourrant la boîte dans son sac à dos, elle sursauta en constatant qu'une main se présentait à elle pour l'aider à se relever Tasuki s'agenouilla devant elle en lui prenant la main. "Tu es prête ?" Il se mit lentement à sourire lorsqu'il remarqua qu'elle avait la même expression sur le visage en le regardant qu'elle avait eut en regardant les nouveaux. Peut-être était-il encore dans la course, après tout. Kyoko lui rendit son sourire, "Mène-moi à Shakespeare." "Comment as tu deviné ?" Tasuki semblait confus. "Parce que je n'aurais pas pu avoir assez de bol pour que le cours de littératures du monde nous permette d'étudier des collections sur les vampires." Elle rigola lorsqu'un de ses sourcils forma un accent circonflexe. Lorsqu'ils pénétrèrent dans la classe, Tasuki lui désigna une table inoccupée au fond de la salle, puis alla voir si le professeur avait un exemplaire supplémentaire de Roméo et Juliette. ***** Kyoko marchait aux côtés de Tasuki en se rendant au cours de Théâtre. Elle était encore sous le choc d'avoir vu ce gars qui semblait être le chef du gang des Bad boy bikers lui déclamer Roméo comme si il avait fait ça toute sa vie. Elle s'extirpa de sa rêverie lorsqu'ils pénétrèrent dans l'auditorium du lycée et qu'elle comprit qu'il ne s'agissait pas d'une salle de classe dans laquelle il y aurait des drames. "La classe a tout rassembler pour faire la décoration à l'approche du bal masqué de vendredi soir," l'éclaira Tasuki. "Ce sera dans un vieux bâtiment de l'école juste derrière celui-ci." Il remarque toutes les boîtes alignées aux abords de la scène et les lycéens qui les prenaient dans leurs bras et qui sortaient avec par la porte de derrière. "J'imagine que c'est l'heure de décorer." Tasuki attrapa deux boîtes et s'arrêta au bout de la scène pour attendre que Kyoko le rejoigne. Lorsqu’elle saisit une boîte sans en avoir vérifié le contenu, il la vit tituber sous son poids. Avant que Tasuki n'ai le temps de poser ses boîtes pour courir vers elle, quelqu'un d'autre était déjà là. Kyoko grimaça, se sachant sur le point de tout lâcher en tombant. Elle cligna des yeux lorsqu’elle réalisa que le poids des lourdes boîtes avait soudainement disparu. La boîte était à nouveau sur la scène comme si elle n'y avait pas touché et deux bras forts l'enlaçaient par l'arrière pour l'empêcher de tomber. De la chaleur... elle se sentit si chaude. Des bras forts, elle pouvait sentir les muscles durcis de son torse et ne put s'empêcher de s'appuyer contre cette force. Elle ne s'était jamais sentie autant en sécurité de sa vie qu'à cet instant précis et elle voulait rester. "Tu te sens bien ? " demanda Toya alors qu'elle s'effondrait contre lui. C'était bien tout ce qu'il pouvait faire pour s'empêcher d'enfouir son visage dans ses cheveux et de poser un baiser sur la peau douce sur la courbe de son cou. Tout en lui voulait la garder. "A moi," murmura Toya intérieurement lorsqu'il sentit leurs deux cœurs battre au même rythme. Kyoko commença à fermer les yeux mais une personne lui attrapa le poignet et la sortit de la chaleur. "Kyoko ?" Tasuki ne pouvait dissimuler la panique dans sa voix. "Parle-moi. On aurait dit que tu as failli perdre connaissance à l'instant." "Je vais bien." Kyoko cligna des yeux et regarda derrière elle. Son héros était en train de se pencher pour reprendre la boîte lorsque leurs regards se croisèrent. Des yeux électriques comme de l'or fondu... exactement comme ceux de Kyou. Il avait une chevelure d'ébène avec la même couleur argent, cette fois sous forme de mèches comme un long balayage. Elle se demanda immédiatement si le gars de la classe de calcul et celui-ci étaient frères. Il lui avait paru si fort...inamovible, même si il n'était guère plus grand que Tasuki. Mais il y avait quelque chose dans la façon dont il se déplaçait qui lui donnait une grâce élégante comme celle d'un prédateur qui lui rappelait la panthère en chasse. La façon dont il la regardait lui donnait le sentiment d'être une proie. Voyant cet autre gars le regardant avec insistance par dessus l'épaule de Kyoko, Toya ramassa la boite et passa à côté d'eux. "Je vais porter celle-ci." Alors qu'il les contournait, il ravala sa salive teintée du goût amer de la jalousie en remarquant que l'autre n'avait toujours pas lâché le poignet de Kyoko. Aussitôt qu'il se trouva hors de leur vue, Toya s'appuya contre les briques à côté de la porte et écouta pour s'assurer qu'elle n'aurait vraiment pas de problèmes. Satisfait de ses conclusions, il ferma les yeux, savourant la sensation qu'il avait éprouvé lorsqu'elle était collée contre lui. Il se décolla du mur avec pour la première fois depuis longtemps le sentiment qu'il avait une raison d'exister. Les lèvres de Kyoko s'entrouvrirent lorsqu'elle réalisa qu'elle ne l'avait même pas remercié. S'éloignant de Tasuki, elle commença à se saisir d'une autre boîte afin de pouvoir le rattraper mais Tasuki ne lâchait pas son poignet et l'obligea à se retourner. "Kyoko, arrête. Prend le temps de respirer et dis moi ce qui s'est passé," insista Tasuki lorsqu'il remarqua l'expression de panique dans ses yeux et la façon dont elle tremblait subitement. Sachant qu'il avait raison, Kyoko se pencha contre la scène et pris une grande inspiration afin de se remettre. "Je suis désolée Tasuki. La boite était trop lourde et peut-être que j'ai bien failli m'évanouir. Je n'ai vraiment pas mangé grand chose ces deux derniers jours à cause du déménagement." Elle ne mentait pas alors c'était peut-être uniquement cela. Kyoko regarda à nouveau vers la porte. "Je n'ai même pas pu le remercier de m'avoir rattrapée." Cette pensée l'attrista. "Tu le connais ?" Le regard de Tasuki s'assombrit et il haussa les épaules. "Je suppose que c'est un des cinq frères qui ont commencé aujourd'hui. C'est étrange comme chacun d'entre eux a trouvé une façon de se rapprocher de toi dès le premier jour." Voyant Kyoko froncer les sourcils, il tenta de tourner cela à la plaisanterie. "Je suppose qu'ils ont seulement voulu être près de la plus jolie fille du lycée." Il fit un clin d'œil et vérifia le poids des boites derrière eux jusqu'à ce qu'il en trouve une quasiment vide. "Voila, tu peux porter celle là." Lorsqu'il plaça la boite dans les bras de Kyoko, elle la souleva d'une main. "J'ai quel âge, cinq ans ? " Elle rigola comme ils traversaient la pelouse du lycée vers le vieux bâtiment abimé. Son esprit revint sur ce qu'il avait dit à propos des nouveaux. "Des frères ? Mais alors comment se faisait-il qu'ils soient tous dans la même classe ?" Tasuki sourit, remerciant secrètement le professeur trop bavard qui avait répondu à ses questions. "Adoptés, et jusque là scolarisés chez eux." Il changea rapidement de sujet, ne souhaitant pas la partager plus qu'il ne l'avait déjà fait pour aujourd'hui. "Viendras-tu vendredi ?" "Ou ça ? " Kyoko perdit le fil de ses pensées. "Au bal masqué," Il fit un signe de tête vers la boite qu'elle transportait, "C'est vendredi la nuit d'Halloween." "Je ne sais pas," Kyoko sourit à la pensée de sa liberté nouvelle lui permettant enfin de faire les mêmes choses qu'une adolescente normale, mais en même temps elle n'avait pas la moindre idée d'où aller pour s'acheter un costume. "Il y a-t-il un endroit qui vendent encore des costumes à cette période tardive ? "Le centre commercial a une boutique de déguisements qui ouvre uniquement quelques semaines dans l'année. Puisque la fête déguisée est une tradition de ce lycée, ils ont une très large collection." Il voulait lui demander de l'accompagner mais l'idée qu'elle puisse lui répondre non lui donnait des aigreurs d'estomac. Il voyait dans sa tête un des ces nouveaux en train de lui demander de l'accompagner et il piétina cette vision immédiatement dans son esprit jaloux. "Ce sera sûrement super fun d'y aller tous les deux," Tasuki retenait sa respiration tout en se bottant le cul mentalement. "Ok," Kyoko sourit avec une authenticité en acceptant sa toute première invitation. "Oh wow !" Ses yeux d'émeraude s'illuminèrent en voyant la transformation de ce qui aurait dû être un gymnase sombre et poussiéreux. Les lycéens l'avait si bien briqué que ça scintillait presque et à présent ils y ajoutaient les ténèbres d'Halloween. "Ouais," Tasuki sourit, soudainement le mec le plus heureux du monde. "Ce sera encore plus beau vendredi soir." Toya garda ses distances après avoir l'avoir entendu dire à Tasuki qu'elle irait avec lui au bal masqué mais il n'avait pas besoin d'être proche d'elle pour entendre chaque parole qu'elle prononçait. Ce bal masqué c'était vraiment une mauvaise idée qu'elle y assiste, mais en voyant le bonheur sur son visage... il n'aurait pas essayé de l'arrêter pour tout l'or du monde. On aurait bien dit que les autres gardiens et lui allaient devoir trouver un costume et l'extraire des bras de son cavalier. Toya serra les poings le long de son corps lorsque Yohji tenta de la faire grimper à une échelle pour lui faire accrocher des décorations. Ce pervers l'énervait, mais avant qu'il n'ait pu intervenir Kyoko avait mis la main sur ses hanches et regardait Yohji comme si il était stupide et ça le fit rire. Le regard de Kyoko balaya la pièce à la recherche du rire dont elle entendait l'écho mais abandonna lorsque Yohji fut assez con pour lui demander pourquoi elle ne voulait pas suspendre de décorations alors que tous les autres l'avaient fait. "Je te propose un marché, Yohji," Kyoko lui sourit froidement, ça aurait dû lui mettre la puce à l'oreille. "Demain je t'apporterais une jupe courte et nous pourrons tour à tour suspendre des décorations." Elle se retourna pour reprendre le chemin de l'auditorium pour y chercher une autre boite. Yohji baissa les yeux pour regarder sa jupe alors qu'elle s'éloignait. Il se précipita à ses trousses mais s'arrêta net lorsque Toya se planta carrément sur son chemin. "A ta place je ne ferai pas ça," la voix de Toya était dangereusement basse et si Yohji avait regardé, il aurait remarqué l'étrange couleur argentée qui commençait à déborder dans le doré des iris de Toya. Hélas, le sombre crétin n'était pas connu pour son intelligence. "Est-ce une menace ?" L'expression de Toya était sérieuse comme la mort, "Tu peux parier ta vie dessus." Egal à sa réputation, Yohji tenta de contourner Toya et se retrouva face contre terre lorsqu'il trébucha sur quelque chose. "Ouille, mais c'était quoi, bordel de merde ?" cria Yohji portant la main à sa cheville et regardant autour de lui en cherchant ce sur quoi il avait bien pu trébucher. Ne voyant rien, il commença à lever les yeux vers Toya mais ne put le trouver nulle part. Tasuki enjamba Yohji en se dirigeant vers la porte. On ne dirait pas que tu seras en état de danser tant que ça vendredi soir." Sa voix n'exprimait aucune sorte d'inquiétude. Kyoko était revenue à l'auditorium mais aussitôt la porte refermée derrière elle, elle sut qu'il y avait un truc bizarre... très bizarre. Pour commencer, la salle entière était dans le noir complet et parfaitement silencieuse. Entendant une chose qui courrait à travers le plancher dans sa direction, elle se retourna et se précipita vers la porte pour ressortir et se heurta à un mur de briques. Les bras de Toya s'enveloppèrent à l'instant autour de Kyoko pour la stabiliser. Il sentit le mal se mêler à cette obscurité alors que les doubles portes se refermaient lentement derrière elle, l'emprisonnant à l'intérieur. Alors qu'il l'entourait de ses deux bras, il demanda, "Tu te sens bien ?" Kyoko hocha la tête en posant sa joue contre son torse. C'était la deuxième fois aujourd'hui qu'il lui posait cette question. "Je pense qu'il y a un animal ou quelque chose à l'intérieur." "Tasuki est en train de te chercher," mentit Toya en plaçant ses mains sur ses épaules et l'obligeant à le contourner. Avant qu'elle n'ait pu dire mot, Toya était à nouveau dans le bâtiment avec la porte refermée derrière lui. Kyoko compris qu'il venait de le refaire... disparaitre avant qu'elle n'ait même pu penser à le remercier. Tendant la main vers la poignée de la porte, elle tenta de la faire tourner et fronça les sourcils. Verrouillée ? Tasuki l'avait vue dans les bras de Toya à distance et cette image lui avait fait grincer des dents. Avant qu'il ne puisse les rattraper, Toya était déjà à l'intérieur et Kyoko semblait enfermée à l'extérieur. "Il s'est passé quoi cette fois ?" Tasuki essayait de dissimuler sa contrariété Tasuki tenta de dissimuler son agacement qui allait crescendo avec la même rapidité avec laquelle ces nouveaux élèves semblaient faire des avances à Kyoko. Kyoko tira à nouveau la poignée de la porte puis abandonna."Je pense qu'il doit y avoir une sorte d'animal là-dedans, mais Toya m'a enfermée à l'extérieur alors je ne suis pas certaine de ce que c'était." Tasuki secoua la tête, "C'était probablement juste un gag pour Halloween pour perpétuer les histoires qui racontent que la ville est hantée. Des choses étranges se sont toujours produites ici depuis que je suis petit. Je ne m'en soucierais pas à ta place. Viens, le cours se termine dans pas longtemps de toutes façons." Chapitre 5 "Le fantôme de l'Opéra" Toya entendit les serrures cliqueter dans les portes environnantes et pouvait sentir ses frères se rapprocher rapidement. Lorsque la pièce fut illuminée de façon chatoyante, son regard chercha Kamui reconnaissant derrière l'illumination de la pièce la magie de son frère. Voyant ses quatre frères se diriger vers lui, il entra en mode alerte rouge. "T'aurais une idée du genre de démon que c'est ?" Il recula suivit de ses frères lors que les lourds rideaux de scène se détachèrent des cordes qui les retenaient suspendus, le manquant de peu. "Je suppose qu'il voudrait être le fantôme de l'Opéra quand il sera grand," déclara Shinbe lorsqu'ils entendirent un cliquetis qui ressemblait à des serres faisant des claquettes sur le plancher. Cela se déplaçait si vite que tout ce qu'ils virent c'est une trainée sombre. "Montre toi, montre toi, où que tu sois," appela Kotaro faisant résonner sa voix en un doux écho dans le théâtre. "Joli", complimenta Kyou un sourcil relevé. "Maintenant si on pouvait grandir un peu et tuer cette chose..." Toya fit un geste de la tête vers la partie la plus sombre de la scène. Alors que l'attention de tous se concentrait sur cette zone, l'ombre s'étira et se mit à déborder, s'arrachant aux murs et au sol. Des yeux rouge sang s'ouvrirent brusquement mais sa forme n'était pas tant humanoïde qu'une déformation tenant à la fois de l'homme et de l'araignée. La partie supérieure de son corps demeurait principalement une ombre, alors que ses pattes prenaient forme solide avec des épines osseuses pointues aux articulations et aux extrémités. Sa gueule s'ouvrit d'une façon rappelant le fromage fondu sur une pizza chaude et il fit entendre un grincement aigu en se précipitant vers le haut du mur et en se déplaçant à travers le plafond. "C'est une bonne chose que ce soit bientôt Halloween ou nous aurions bien du mal à expliquer ce son à faire froid dans le dos qui porte jusque dans les couloirs du lycée." Kamui frissonna, tentant d'oublier le son. La cloche signalant la fin du dernier cours résonna faisant grincer à nouveau le démon alors qu'il arrachait le haut-parleur du mur pour le voltiger en direction des gardiens. "Bien... pas de témoins." Kotaro toisa la créature avec un certain malaise, gardant à l'esprit le fait qu'elle avait l'air de s'apprêter à sauter. "Cette chose va être un vrai emmerdement," grogna Toya juste avant d'être plaqué dans la rangée de sièges derrière lui. Il sortit rapidement sa dague argentée de sa ceinture et balança ses bras de coté, découpant des sillons à travers ce qu'il pouvait uniquement décrire comme étant son ventre. Des tentacules à l'aspect repoussant émergèrent de son dos au moment ou Kotaro le taclait, dans une tentative de l'arracher à Toya. Les tentacules s'enveloppèrent autour de lui dans le même élan initié par Kotaro et le propulsèrent à travers la pièce et dans le rebord de la scène. Toya regarda la sombre apparition monter le démon araignée et le diriger dans sa direction et inspirait comme un aspirateur fou, faisant ses cheveux décoller du sol. Les crocs de l'araignée étaient apparents alors qu'elle desserrait lentement les mâchoires pour attaquer. "Putain de merde ! Elle sent l'odeur de Kyoko sur moi." Les bras de Toya étaient à présent coincés sous son corps lourd le mettant en position de vulnérabilité. Kyou leva la main, formant une balle rayonnante qui devint oblong à mesure qu'il déplaçait sa main de droite à gauche. Balançant sa main vers l'extérieur, il envoya la forme s'étaler à travers la pièce, s'étalant jusqu'à prendre la forme d'un fouet pour aller s'enrouler autour de la tête du démon. Faisant un brusque mouvement pour ramener sa main vers lui, Kyou arracha le démon du corps de Toya, mais du lutter contre lui pour l'empêcher de retourner s'en prendre à Toya alors que le gardien d'argent se relevait péniblement du sol. "Pourquoi diable est-il uniquement après Toya ?" se plaignit Kamui. Il leva rapidement les mains, murmurant des paroles alors qu'il y ajoutait un étrange langage des signes afin d'apporter de la force au sortilège. Le démon glissa sur les cotés et vers l'arrière, pour tenter d'esquiver le coup à venir, mais Kamui se retourna, suivant chacun de ses gestes. Approchant la fin de son incantation, il tourna ses paumes vers l'extérieur et le dernier mot résonna tel un écho à travers la pièce, plaquant le sort au cœur du démon. Le démon grinça, se dirigeant vers Toya au moment ou la force de la décharge l'envoyait écraser plusieurs rangées de sièges avant de s'étaler dans le mur. Ses jambes se tournèrent instantanément vers l'intérieur alors qu'il prenait appuis contre le mur afin de s'en servir comme planche à propulsion pour rebondir. Avant qu'il ne puisse sauter, Shinbe lui fit face, jetant un autre sort qui le maintint contre le plâtre explosé pendant que les autres gardiens surgissaient et venaient littéralement le démonter pièce par pièce. Shinbe remarqua le démon ombre qui tentait de se glisser vers le haut du mur afin de leur échapper. En un clin d'œil il s'élança vers le haut du mur et l'emprisonna telle une cage. "Hey, saloperie, où donc croyais-tu aller ?" gronda-t-il alors que la barrière bleue cristal apparaissait autour de lui comme une demi-bulle. Shinbe repoussa le mur, retombant aisément sur ses pieds. Le corps mutilé de l'arachnide était dispersé sur le sol et les morceaux tressautèrent plusieurs fois avant de se recroqueviller sur eux-mêmes et de tomber en poussière. "Tu peux pas laisser ça là," Kamui tourna le pouce vers l'étrange tableau formé par l'ombre serpentant à l'intérieur de... ce qui commençait à ressembler à un sac ovulaire translucide bleuté. " Ô toi homme de peu de foi," railla Shinbe en regardant le sac rétrécir pour devenir de plus en plus petit. "Lorsque ce truc aura fini de rétrécir, il faudra un microscope pour le trouver. A présent..." il se retourna marcha droit sur Toya et le renifla. Toya lui lança un regard qui aurait dû le faire prendre la fuite. Puisque son frère se montrait suffisamment stupide pour ne pas tenir compte des avertissements non-verbaux, il attrapa Shinbe par la gorge, le souleva de quelques centimètres au dessus du sol pour le tenir à bout de bras. "Ne t'avise plus jamais de refaire ça." Toya le relâcha sans ménagement. Shinbe se releva difficilement un sourire moqueur sur le visage. "Et tu oses me traiter de pervers. Pas étonnant que Spiderman ai été tellement attiré par toi. Tu as l'odeur de Kyoko sur tout le corps." Ses yeux d'améthystes rétrécirent alors que toute trace d'humour disparaissait de son expression. "On peut savoir pourquoi ?" "En parlant de Kyoko," la voix de Kyou fit chuter la température de la pièce de plusieurs degrés. "Si nous sommes tous là... alors qui la surveille ?" ***** Lorsque Kyoko demanda à Tasuki si elle pouvait utiliser son téléphone pour appeler un taxi, il lui avait prestement proposé de la déposer qu'importe l'endroit ou elle souhaitait se rendre. Kyoko avait accepté avec gratitude, n'ayant guère envie de s'aventurer dans une ville inconnue, pour la première fois, toute seule. Le centre commercial ? Bien sûr ! Hey, si tu veux, je pourrais t'aider à choisir un déguisement pour le bal costumé." Tasuki commença à visualiser toutes sortes de choses qu'il pourrait choisir pour elle. Puis il fit rapidement machine arrière, réalisant qu'il ne voudrait en aucun cas que d'autres la voient dans au moins la moitié de ces tenues. "Est-ce pour cela que nous allons au centre commercial ? Pour un déguisement d'Halloween ?" Kyoko soupira et regarda à travers la vitre, débattant avec elle même si elle devait ou non lui dire la vérité. Alors qu'ils passaient lentement devant l'école à cause des ralentissements, elle remarqua le même gars qu'elle avait vu le matin, une fois de plus seul sur le trottoir. Elle se demanda ce qu'il y avait chez lui qui attirait son attention de manière répétée. Alors qu'elle le regardait, elle se rendit compte que tous les autres étudiants gravitaient autour de lui... Malgré tout il était l'immobilité au milieu de la tempête déchaînée, et il la regardait droit dans les yeux de son regard noir comme un péché. Cela l'attrista de voir qu'elle avait fait l'erreur de croire qu'ils étaient verts. Elle se pencha un plus du côté de la vitre pour le regarde plus à son aise alors que la voiture s'en rapprochait et le dépassait lentement. Il la regardait avec une telle insatiabilité dans le regard que Kyoko le sentit en ressenti l'écho jusque dans son âme. Il la faisait vouloir tendre la main vers lui. Il tourna lentement le visage alors que la voiture passait; les yeux fixés sur elle et Kyoko vit remuer ses lèvres. "Quoi ?" Murmura Kyoko en essayant de comprendre puis elle sentit la main de Tasuki sur son épaule. "Tu le connais ?" Demanda Tasuki, le regard mauvais encore fixé sur le rétroviseur. Il y avait quelque chose chez ce gars qui sonnait juste faux. Il connaissait tout le monde à l'école et avant aujourd'hui il n'avait jamais croisé ce gars. "Ce n'est pas un étudiant d'ici." Kyoko se rassit dans son siège mais jeta un regard furtif par dessus son épaule, ne pouvant s'en empêcher. Heureusement, Tasuki avait pris le virage après le panneau stop et l'inconnu fut perdu dans la distance. "Non." Kyoko secoua la tête, voulant laisser tomber le sujet, "Je suis seulement nerveuse car je n'ai jamais mis les pieds dans un centre commercial... Ou dans quelque boutique que ce soit, vraiment." "Quoi ?" S'exclama Tasuki un peu trop fort. "Tu plaisantes... Hein ?" "Si seulement." Kyoko sourit devant l'expression de son visage. "Je vais te révéler un secret, mais tu devras promettre de le garder pour toi. Tasuki hocha la tête, agrippant le volant un peu plus fort "Je n'irai jamais faire quoi que ce soit pour te blesser, Kyoko, donc si tu souhaite me parler de quoi que ce soit... Tu peux avoir confiance." "Merci." Kyoko reprit sa position dans le siège, regardant droit devant elle et lentement elle dévoila toute l'histoire... n'omettant rien. "Donc ce qu'il me faut avant tout c'est une nouvelle garde-robe." Tasuki était garé devant le centre commercial depuis dix minutes en train de l'écouter. C'était la chose la plus triste qu'il ait jamais entendue. "Tu veux dire qu'on ne t'as jamais embrassée ?" Lorsqu'elle le regarda d'un air étrange, il sourit et se rapprocha d'elle. Les yeux de Kyoko s'élargirent alors que ses lèvres se saisissaient de sa lèvre inférieure et il l'embrassa. Il s'apprêtait à faire la même chose avec sa lèvre supérieure. Elle était bouche bée quand il recula d'un peu plus de deux centimètres et pris une inspiration pour observer sa réaction à son premier baiser. Il avait visiblement aimé ce qu'il avait vu car les coins de ses lèvres se redressèrent en un sourire satisfait alors qu'il s'asseyait de nouveau afin de regarder le centre commercial dressé face à eux. "Tu sais quoi, Kyoko ?" Tasuki la regarda comme si il n'avait rien fait. "Nous sommes sur le point de donner une nouvelle signification à l'expression... Acheter jusqu'à épuisement." ***** Tama était debout dans l'embrasure de la porte du gymnase abandonné en train de regarder les gardiens quitter l'auditorium. Ils avaient tué le démon araignée qui était parti à leur recherche comme prévu. Cela n'avait été qu'un test et ils avaient échoué misérablement. "Les gardiens sont facilement déconcentrés, persuadés qu'ils sont d'être en train de la garder en sécurité." Hyakuhei n'était pas inquiet d'avoir perdu un démon. Avant qu'il n'entre dans ce monde, il avait dissimulé les plus puissants de ses démons là où nul ne saurait les trouver... Au plus profond de son âme. Pour l'instant, il n'utiliserait que les démons les plus faibles comme chair à canon et il imprégnerait les gardiens de cette factice sensation de victoire. "Laissons-les penser qu'ils sont en train de la protéger au meilleur de leurs capacités." "Puis-je aller la voir maintenant ?" Tama jeta un regard mauvais au gardien nommé Toya. Pendant qu'ils affrontaient l'ombre démon à l'intérieur de l'école, Hyakuhei avait créé une connexion avec l'esprit du démon, permettant à Tama de voir la bataille à travers les yeux du démon. Il savait que Toya avait l'odeur de Kyoko sur lui bien plus que les autres gardiens. La haine brûlait dans son regard alors que la jalousie gagnait son cœur blessé. Hyakuhei l'avertit : " Seuls les idiots se précipitent, mon cher garçon." C'était dur pour Tama de la partager avec l'ennemi, mais ce que Tama ne comprenait pas c'était que ce serait encore plus dur pour les gardiens de la partager entre eux. Plus elle se rapprochait d'eux... Plus ils deviendraient possessifs jusqu'à ce qu'ils se sautent à la gorge les uns des autres. Il ne resterait plus beaucoup de temps avant que l'autodestruction des frères ne s'amorce. Ils n'étaient pas différents de Tadamichi et lui-même. "Me laisseras-tu lui parler bientôt ?" demanda Tama, se rappelant la façon dont elle l'avait regardé depuis la voiture. "Elle en a envie." "Son âme veut tout savoir de toi... Elle sait que vous êtes frères et sœurs, même si elle-même ne s'en souvient pas. C'est le lien qui la connecte à nous tous." Hyakuhei ressenti ce besoin que ressentait Tama se fondre au sien. "Bientôt, Tama... Très bientôt. Tu auras ta sœur." ***** Hyakuhei se tenait au sommet de l'escalator du centre commercial, regardant Kyoko balayer les lieux du regard avec émerveillement. Elle avait toujours été une innocente et il semblait que dans cette vie ce n'était pas différent. Un petit sourire pinça le coin de ses lèvres. "Viens à moi," Murmura-t-il intérieurement sachant qu'elle entendrait l'appel même sans s'en rendre compte. Kyoko leva les yeux vers le second étage et regarda l'escalator comme si c'était un manège à la fête foraine. "On peut ?" Elle sourit à Tasuki puis vers l'escalier mobile. "Bien sûr," Tasuki grimaça puis éclata de rire lorsqu'elle le fit monter le premier. "Ok, d'accord... Sacrifie-moi... Pourquoi pas." Il haussa les épaules comme si cela n'avait aucune importance puis s'accrocha à la rampe comme si il avait été terrifié. Lui tirant la langue, Kyoko agrippa le caoutchouc de la rampe et se mit derrière lui. "Arrête de me regarder comme si tu t'attendais à me voir redescendre les marches en courant." Prévint Kyoko lorsqu'il se mit à la regarder sans cesse par dessus son épaule. Elle leva les yeux, faisant comme si elle avait déjà fait cela avant, mais lorsque son regard s'arrêta sur l'homme qui descendait l'escalator parallèlement à elle, elle en oublia de respirer. De longs cheveux sombres encadraient le plus beau visage qu'elle ait jamais vu. Les seules personnes qui pouvaient souffrir la comparaison étaient les nouveaux mecs qu'elle avait rencontrés à l'école ce même jour. Ses lèvres étaient détendues mais elle pouvait les sentir contre les siennes dans un baiser incandescent. Ses yeux sombres lumineux étaient bordés de sombres cils épais. Alors qu'il se rapprochait de plus en plus dans sa descente vers elle, Kyoko sentit son cœur s'affoler une seconde et tout sembla ralentir. Elle pouvait le sentir qui cherchait à l’atteindre et elle le voulait aussi. Sa main quitta le rail et se déplaça de quelques centimètres comme pour se rapprocher d'elle. A la seconde ou il posa sa main tiède par dessus la sienne, le temps se raccrocha à lui-même et elle était au sommet de l'escalator. Kyoko sentit la déception l'envahir lorsqu'elle fit volte-face pour le trouver mais qu'il n'était plus là. ***** "Elle est rentrée," Héla Kamui depuis le porche avant puis il sursauta lorsque ses frères le rejoignirent si vite qu'il ne les avaient même pas vu bouger."Et regardez qui se trouve avec elle." "Tasuki," Dit Toya d'un ton bien trop calme en comparaison avec la flamme dans son regard. "On dirait qu'elle est allée faire du shopping," Déclara Kotaro. "Les jupes courtes ça me convenait très bien," Ajouta Shinbe dans un soupir de convoitise. "C'est bien toi, ça." Kyou lui lança un regard latéral glacial, et Shinbe se réfugia immédiatement de l'autre côté de Kamui afin de se mettre à l'abri.Le fait est qu'il avait peur. "Elle ne peut pas simplement partir comme ça." Toya croisa les bras par dessus son torse en se demandant ce qui empêchait Tasuki de remonter immédiatement dans sa voiture. "Mais elle n'en sait rien," Fit remarquer Kamui, "Au moins, elle est rentrée à une heure raisonnable." "Une heure raisonnable aurait été avant la tombée de la nuit," Répondit Kyou platement. Toya descendit quelques marches mais Kyou s'élança et plaça fermement sa main sur son épaule. "Tasuki est seulement en train de lui rentrer ses sacs. Il a presque terminé." "Je t'avais dit de rester hors de ma tête." Toya lança un œil mauvais à Kyou, "Un de ces jours tu vas tomber sur quelque chose que tu ne vas pas aimer, à force de venir fouiller mon esprit." Il eut un brusque mouvement d'épaule qui fit lâcher prise à Kyou. La dernière chose dont il avait besoin c'était l'intrusion de Kyou dans ses pensées. Avoir une part de Tadamichi en lui était déjà assez perturbant. Il s'assura d'avoir activé ses défenses mentales puis regarda à nouveau à travers la rue alors que l'auto de Tasuki s'éloignait de la maison. "Je me demande si elle a pensé à s'arrêter pour acheter quelque chose à manger," Grommela Toya, pensant à voix haute. "Pourquoi t’inquiéter de cela ?" Demanda Kyou avec curiosité sachant que Toya n'était pas homme à parler sans raison. "Elle a manqué perdre connaissance aujourd'hui pendant le cours de théâtre. Je l'ai surprise en train de dire à Tasuki qu'elle n'avait guère mangé à cause du déménagement," L'informa Toya avant d'ajouter, "Tasuki lui a également demandé de l'accompagner à la fête costumée de Vendredi soir à l'école." Les lèvres de Kotaro s'amincirent comme il tirait un couteau à longue lame de la ceinture de son pantalon et commença à le faire tourner entre ses doigts tel un bâton. "Je pense que Tasuki s'est auto proclamé son garde du corps dans l'espoir de devenir un peu plus." "S'il n'y prend garde il sera juste un peu plus mort." Conscient de l'interprétation qui pouvait en être faite, Toya se dépêcha d'ajouter à sa phrase, "Il va se retrouver la cible principale des démons si il se rapproche trop d'elle." "Nous somme cinq... Je pense que nous pourrions battre ses avancée par supériorité numérique si nous devions essayer. "Shinbe grimaça. "Aujourd'hui nous avons failli." La voix de Kyou était sans émotion, mais il y avait cet air fâché dans ses yeux d'or. "Nous sommes ses gardiens et elle n'est qu'une fille des hommes qui est plus fragile que la plupart. Si elle persiste à se mettre en danger en disparaissant, et bien nous n'aurons d'autre choix que de révéler ce que nous sommes... Ses véritables gardiens." "Et lui révéler ce qu'elle est ?" Kamui secoua la tête. "Elle n'est tout simplement pas prête pour ça... Pensez-y. Notre prêtresse ne mange même pas correctement parce que son monde vient d'être mis sans dessus-dessous. Il faut lui donner du temps afin qu'elle s'adapte à ça d'abord. En attendant, peut-être pourrions-nous nous rapprocher d'elle afin que lorsque nous lui dirons la vérité, elle ne puisse penser que nous sommes fous... Ou pire, nous voir utiliser nous pouvoir et penser que nous sommes des sortes d'extraterrestres." "Je pense toujours que tu te trompes sur ce point. Elle a besoin de se tourner vers nous si quoi que ce soit devait arriver. A présent, la seule personne vers qui elle pourrait se tourner est Shinbe qu'elle semble tant apprécier." Indiqua Toya. "Hey, je suis vexé, là !" Dit Shinbe en tentant de dissimuler son sourire. Non... Tu es visé, là !" Kamui lui mis un coude dans les côtes en rigolant. Toya garda les yeux sur la maison d'en face, mais dans son esprit le souvenir de cette fois ou elle avait presque fondu dans ses bras. "Elle est notre prêtresse. Nous sommes attirés par elle et je pense que c'est réciproque. Je doute qu'elle ne pète les plombs autant que vous le craignez." "On n'a qu'à faire un compromis," Proposa Kyou. "Au cas ou quelque chose se passe mal... Il faut qu'elle sache que nous somme juste de l'autre côté de la rue." "D'accord," Dit Toya. "Premièrement... Il faut qu'elle mange." Kyou tira son téléphone portable de sa poche. Chapitre 6 "Ce que Craignent les Démons" Kyoko venait juste de finir de ranger ses nouveaux vêtements lorsque la sonnette de la porte d'entrée retentit, la faisant sursauter. Se précipitant au rez-de-chaussée, elle regarda par l’œil de bœuf et vit un livreur portant cinq grandes boîtes de pizza. Ouvrant la porte, elle fronça les sourcils certaine qu'il s'agissait d'une erreur. Avant qu'elle n'ai pu dire un mot, le gars l'arrêta d'un geste de la main. "Je sais que vous n'avez pas commandé de pizza car la famille d'en face a commandé pour vous. C'est un cadeau de bienvenue dans le voisinage." Il sourit et lui tendit les boîtes. "Et ils ont déjà payé pour les pizzas et m'ont donné un bon pourboire." Il hocha la tête et retourna à sa voiture. 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